Un projet de décret sur les stages hors cursus qui dit blanc et permet noir

Le projet de décret interdisant les stages hors cursus vient d’être présenté
« Article 1er.- L’article 1er du décret du 29 août 2006 susvisé est modifié comme suit : « Les établissements d’enseignement dispensant une formation supérieure diplômante ou non diplômante dont les étudiants accomplissent, à titre obligatoire ou optionnel, des stages en entreprise, prévus à l’article 9 de la loi du 31 mars 2006 susvisée élaborent, en concertation avec les entreprises intéressées, une convention de stage sur la base d’une convention type. l’étudiant suspend temporairement sa présence dans l’établissement dans lequel il est inscrit, pour exercer d’autres activités lui permettant d’acquérir des compétences en cohérence avec sa formation.
Article 3.-
La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est chargée de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française. »

Les stages sont intégrés à un cursus pédagogique dans les conditions suivantes :
leur finalité et leurs modalités sont définies dans l’organisation de la formation ;
– ils font l’objet d’une restitution de la part de l’étudiant donnant lieu à évaluation de la part de l’établissement.

Dans le respect des conditions fixées à l’alinéa précédent, ces stages peuvent aussi concerner :
– les formations organisées pour permettre une réorientation et proposées aux étudiants, notamment sur les conseils des services d’orientation ;
– les formations complémentaires destinées à favoriser des projets d’insertion professionnelle ;
– les périodes de césure pendant lesquelles

Article 2.- Les dispositions du présent décret s’appliquent aux stages commençant à compter du 1er septembre 2010.

Le cadrage est corret et rappelle bien que les stages doivent être intégrés à un cursus et évalués. Mais les exceptions permises sont extraordinairement dangereuses. Si l’on peut admettre un stage permettant de vérifier le bien fondé d’une réoriantation, comment ne pas inquiet de stages faisant allusion à des formations complémentaires sans préciser que celles-ci doivent obligatoirement être validées.

Mais surtout que signifient des stages dans des « périodes de césure » si ce n’est la possibilité de faire après l’obtention d’un diplôme un nouveau stage, puis pourquoi pas un autre, puisque il n’est pas prévu de limite de temps à la césure

Il est à craindre que s’il est publié dans cette forme ce décret ait surtout un rôle d’annonce : pouvoir dire que l’on a interdit les stages hors cursus et ainsi satisfait à l’attente des jeunes tout en perpétuant leur déroulement, en ayant donné une base égale à ce qui est aujourd’hui contestable.

Il appartient aussi aux responsables de formations d’être fermes dans leur refus de signer des conventions de stages relevant de ce type de détournement car de telles pratiques dévaluent les filières dans lesquelles elles sont pratiquées.

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3 Responses to “Un projet de décret sur les stages hors cursus qui dit blanc et permet noir”

  1. mabherve Says:

    Voir sue ce sujet le communiqué de la Conférence des Présidents d’Université C.P.U.
    http://www.cpu.fr/Lettre_du_6_mai_2010_n_44.1044.0.html

  2. mabherve Says:

    Le CNESER a donné un avis défavorable à ce projet de décret par 10 voix contre 2
    Le Ministre a maintenant le choix entre passer en force, ce qu’il peut faire légalement, l’avis n’étant que consultatif, ou revoir sa copie pour tenir compte des critiques convergentes sur les dérogations qui dénaturent l’objet même du décret
    A suivre

  3. andré Says:

    Oui à suivre…

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