Le nouveau Délégué à l’Information et à l’Orientation a évité les plus grosses erreurs

Nommé en Juin dernier (voir Jean Robert Pitte, un bon géographe et un vrai réactionnaire), Jean-Robert Pitte, le nouveau Délégué à l’Information et à l’Orientation vient de faire paraitre dans Educpros, une interview qui est à la fois un premier bilan et une esquisse de programme.

Le Délégué prend bien soin de faire remarquer, à juste titre, qu’il ne peut être tenu pour responsable de la date de sa nomination et de l’incurie de ses prédécesseurs, rendant impossible de réaliser ce que prévoyait la loi du 24 novembre 2009 « le DIO devait remettre un premier rapport au Parlement et au Premier ministre en juillet 2010. », et calque le calendrier de son action sur l’année scolaire, choix contestable quand on vise tous les publics et pas seulement qui sont scolarisés, mais qui présente l’avantage de se donner une année pour mettre en place.

Son astuce est de ne pas proposer un modèle unique, qui aurait vocation à se déployer partout, mais de relever des structures intéressantes, dont les Cités des Métiers, qui constituent un des modèles, mais pas le modèle. Et quand il mentionne les Maisons de l’Emploi «  financées par les villes, les départements ou les régions », c’est peut être par une simple anticipation qu’il oublie de mentionner le financement de l’Etat

Son approche de la labellisation est pragmatique « La labellisation ne va pas se décider depuis Paris. Un protocole national de labellisation sera mis sur pied, avec les représentants des ministères, des collectivités locales, l’ARF (Association des régions de France) en particulier, les partenaires sociaux et organismes consulaires. Puis cela se fera en région. Ce sont des commissions présidées par le représentant de l’État associant les différents partenaires qui instruiront les demandes de labellisation. » Mais, il n’est pas certain que la présidence par l’Etat ira de soi quand on sait à quel point les régions, et en premier lieu celle d’Alain Rousset, Président de l’ARF, l’Aquitaine, sont attachées à piloter la politique d’orientation.

Ce même pragmatisme prévaut quand il s’agit des structures de terrain « Le but n’est pas de les fusionner, mais de coordonner et d’inciter les gens à travailler ensemble pour répondre au mieux aux besoins des usagers »

Jean Robert Pitte se donne deux indicateurs tout à faire pertinents, le  » taux de chômage des jeunes » et « le taux de décrochage au collège, au lycée et à l’université ».

Il n’y a pas plus qu’à lui souhaiter bon travail, même si le contexte budgétaire risque de transformer sa déjà difficile mission en mission impossible, car il n’est guère concevable de penser coordoner avec uniquement des moyens en baisse.

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2 Responses to “Le nouveau Délégué à l’Information et à l’Orientation a évité les plus grosses erreurs”

  1. Dubois Says:

    Vous êtes bien plus optimiste que moi ! Dans un commentaire posté sur la chronique d’EducPros, je liste les 4 raisons d’un échec annoncé par Jean-Robert Pitte lui-même. Il est vrai que l’ancien président de Paris IV a un talent certain pour provoquer !

  2. mabherve Says:

    Je ne suis pas forcément optimiste, mais je constate que Jean-Robert Pitte a évité un premier piège, avoir la bonne solution, à mettre en place partout.
    Je pense qu’il aura du mal avec les Régions s’il n’accepte pas un copilotage, et avec l’Etat si il l’accepte
    Et à l’évidence le contexte de rigueur qui est bien là même s’il est interdit de le dire va rendre toute intiative difficile

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