La retraite et les jeunes

On entend certains affirmer avec force que la retraite ne concerne que peu les jeunes. Il y a du vrai dans cette affirmation, tant il est difficile pour un jeune qui n’est pas encore rentré durablement dans la vie professionnelle de se projeter dans un état lointain, quand il pourra en sortir.

Mais il est un sujet qui concerne très directement les jeunes, c’est celui de la prolongation de la durée du travail, qui libérera d’autant moins de places pour leur permettre d’entrer à leur tour dans la vie active. De ce point de vue, il est tout à fait possible de s’interroger sur le calendrier choisi pour mettre en place une réforme, dans un contexte où les jeunes ont beaucoup de mal à prendre les places que certains leur laisseraient bien volontiers, si on les obligeait pas à les occuper deux années supplémentaires.

La retraite est bien l’affaire des jeunes, dans un futur très lointain, de plus en plus lointain,  pour eux-même , mais surtout dans l’immédiat pour les conséquences sur leurs possibilités d’accès à l’emploi.

Ce qui est étonnant, c’est qu’ils se soient aussi peu mobilisés sur ce sujet jusqu’à présent

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9 Responses to “La retraite et les jeunes”

  1. Olivier Says:

    Le problème de la retraite n’est pas lié à un problème d’accès à l’emploi des jeunes. Pourquoi ? Parce qu’un senior en emploi coûte plus cher qu’un débutant en termes de masse salariale.

    L’accès à l’emploi des jeunes est conditionnée par leur formation initiale et de leur manque de visibilité sur le marché de l’emploi. Le diplôme initial a trop de poids en France dans les parcours professionnels, on n’aime pas les gens qui sortent des cases et qui ont des profils atypiques. Ces mentalités d’Ancien Régime sont aussi des freins à l’emploi des jeunes (mais ça n’intéresse personne – parce qu’elles sont entretenues par les classes préparatoires et les grandes écoles). Dans un contexte où on veut 80% de bacheliers et 50% de bac+3 qui de toute façon passeront dans un système universitaire délabré et partiellement déconnecté du marché de l’emploi, cela ne va pas s’arranger.

    Surtout que les « réformes » engagées depuis plus de vingt-cinq ans n’ont fait qu’aggraver les choses en ne réformant rien, que le maintien d’un système dual d’enseignement supérieur ne profite qu’aux seules grandes écoles, que n’ont jamais été abordées les questions liées à la formation continue, à la formation tout au long de la vie, à la réorientation scolaire et professionnelle.

    De toute façon, il n’y a qu’à voir la pyramide des âges pour comprendre qu’une réforme des retraites est nécessaire. Il ne s’agit pas que d’un problème de niveau et de répartition des prélèvements (parce que là-dessus ça ne changera rien). Ce pays a mangé son pain blanc ces quarante dernières années et ce sont les jeunes qui payeront quand même les pots cassés, réforme ou pas.

  2. Bazan Says:

    Il y a des idées fausses qui ont la vie dure. il est démontré depuis longtemps que l’emploi n’est pas un ensemble fixe, où ce que les vieux prennent (volontairement ou non) serait enlevé aux jeunes.
    C’est ce raisonnement faux, que vous faites vôtre, qui est actuellement enseigné aux jeunes pour les pousser dans la rue. Belle oeuvre d’éducation.

  3. mabherve Says:

    Réponse à Bazan : même si je ne surestime pas ma capacité à pousser des jeunes dans la rue (je ne crois pas à la thèse de la manipulation !), je peux acter qu’il n’y a pas de lien mécaniste entre le rapport entre la sortie des plus âgés du monde du travail et l’entrée des jeunes, contrairement à ce qu’une lecture rapide de ce que j’ai écrit pourrait laisser croire.
    J’ai parlé de calendrier, car ce que je regrette c’est l’anticipation très exagérée par le Gouvernement d’une reprise à venir, qui n’est pas encore vraiment là et dont les effets sur l’emploi restent très ténus et très fragiles. Annnoncer, dans ce contexte, la prolongation de la présence des plus âgés dans l’emploi est une erreur, et c’est ainsi que les jeunes, qui vivent la difficulté à entrer dans le monde du travail, la perçoivent.

  4. mabherve Says:

    Réponse à Olivier
    D’accord avec vous sur votre analyse des formations supérieures et sur la nécessité d’une réforme des retraites : mais deux questions se posent, sur le calendrier (voir réponse précédente) et sur quelle réforme ? Celle qui est en cours étant justifiée par la crise financière (qui justifie, pour lui, que le Président de la Rpublique la fasse contrairement à ses engagements formels antériéurs), il est pour le moins difficile d’expliquer aux salariés que ce sont eux qui vont supporter l’essentiel de la réforme alors qu’ils ne sont pas les responsables de la crise, et que les profits des banques s’envolent à nouveau !

  5. Olivier Says:

    Oui les salariés seront contraints de supporter le coût des retraites parce qu’aucune solution pérenne n’a été avancée par les opposants ou les partisans de la réforme actuelle. Les moins de quarante ans (dont je suis) vont devoir se serrer la ceinture parce qu’aucune réforme structurelle n’a été faite en France depuis quarante ans (la retraite n’est qu’un des aspects du problème).

    Alors taxer les banques peut être une solution à court terme mais elle ne résoudra rien sur du long terme.

    Une question: pourquoi en France le débat des retraites se pose toujours en opposant la retraite par répartition et la retraite par capitalisation? Pourquoi personne en France n’ose explorer cette solution ? On aurait pu très bien trouver des solutions mixtes associant les deux modèles… Cette piste a toujours été refusée dans ce pays. Résultat : on a laissé les fonds de pension nord-américains faire ce qu’ils veulent pendant trente ans… Si on avait eu un système mixte en France, c’est l’ensemble de la collectivité (entreprises, salariés, retraités) qui aurait pu bénéficier des investissements créés… Cela n’aurait peut être pas réglé le problème mais ça l’aurait atténué…

  6. mabherve Says:

    Contribution pour Olivier
    Ce qui m’interroge chez les tenants de la retraite par répartition, c’est qu’ils n’indiquent pas comment passer d’un système, la répartition, à l’autre, la capitalisation. Le système par répartition a permis après la deuxième guerre mondiale, à une génération de payer les retraites de la génération précédente qui avait très peu cotisé, et permet aujourd’hui de faire payer les retraites par ceux qui sont au travail.
    Changer de système aménerait une génération à payer deux fois, une pour la génération précedente en application des droits acquis dans le système de répartition et une pour elle dans le système de capitalisation.
    Si on l’explique clairement, il y a surement moins de volontaires !

  7. Olivier Says:

    Oui mais ma génération paye déjà deux fois: une première fois pour la génération précédente, une seconde pour se constituer elle-même (quand elle peut) un capital complémentaire sensé compenser une baisse significative future de la retraite… Faire croire aujourd’hui que ma génération bénéficiera d’un système construit seulement sur la répartition est pour moi aujourd’hui nous mentir.

    Par ailleurs, je n’ai jamais dit qu’il fallait remplacer un système par un autre. J’ai dit que maintenir un système par répartition en adossant une partie par capitalisation permettrait de compenser la perte liée aux évolutions de la pyramide des âges… Certaines catégories de salariés ont déjà accès à ce type de financement, notamment avec le Préfonds…

  8. mabherve Says:

    Pour ce qui pourrait selon mloi la conclusion de ce dabat, j’invite ceux que le sujet intéerees à lire l’article de Giu=uilla

  9. mabherve Says:

    Pour ceux qui le sujet intéresse, je les invite à lie l’article de Guillaume Duval dans Alternatives Economiques « Oui, les jeunes seront bien victimes de la réforme des retraites » dont je reproduita la conclusion
    « Le choix implicite fait avec cette réforme est bien d’avoir, dans l’immédiat, moins de retraités et plus de chômeurs, notamment chez les jeunes. Sur le plan des comptes publics, un tel choix est d’ailleurs rationnel : un chômeur, surtout s’il est jeune et n’a pas encore travaillé, coûte beaucoup moins cher à la collectivité qu’un retraité. Mais pour l’avenir du pays, il est difficile de considérer que ce calcul cynique puisse être un choix optimal. »

    Sur http://www.alternatives-economiques.fr/oui–les-jeunes-seront-bien-victimes-de-la-reforme-des-retraites_fr_art_633_51508.html

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