Stages hors cursus : les stratégies de contournement à l’oeuvre

A propos de l’interdiction de stages hors cursus, nous assistons à la mise  en oeuvre du vieux principe que l’imposition de toute règle nouvelle suscite inévitablement des stratégies permettant de la contourner. Celles-ci sont dans le cas présent facilitées par une rédaction ambigüe, qu’il est difficile de ne pas croire volontaire, du décret.

Elles sont de deux ordres : les premières sont mercantiles. Comme le relève Marianne 2, dans un de ses billets ( voir Exclusif : maintenant, on paye pour décrocher un stage !) des officines font métier de vendre des conventions de stages à des étudiants angoissée et tellement crédules qu’ils sont prêts, pour pouvoir ajouter une ligne à leur c.v, à payer pour travailler.

Ces officines sont, par nature, mouvantes, et Internet leur facilite la vie. Il y en a qui ont disparu, affaires faites,  il en est qui sévissent aujourd’hui, il en sera d’autres demain, qui vendent une formation qui, de fait, se réduit à un stage, et n’en est donc pas une. Les services de contrôle de la formation professionnelle devraient exercer leur vigilance et faire condamner leurs auteurs. Les étudiants pourraient aussi, avec une réelle chance de succès, demander aux Prud’hommes la requalification de la relation contractuelle avec l’entreprise en contrat de travail.

Mais ce qui est plus inquiétant, c’est qu’un certain nombre d’Universités semblent avoir des pratiques voisines, en créant des cursus de formation qui dans la réalité se résument à un stage. Se rendent-elles compte qu’en agissant ainsi, à la demande d’étudiants bien sur (et ceux-ci peuvent être très insistants et savoir faire pleurer sur leur sort !), elles contribuent à ne pas permettre la structuration de secteurs professionnels qui abusent des stages, et se dispensent ainsi d’embaucher pour les compétences dont les employeurs ont pourtant besoin.

Un peu de rigueur ferait du bien à tout le monde, aux étudiants qui seraient moins exploités, aux employeurs qui devraient prendre les moyens de faire face à leurs besoins et aux Universités elle-même qui n’auraient pas d’échappaoires pour mettre les stages à leur place, dans les cursus ,et non après ceux-ci.

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