Jusqu’où exploiter (légalement) les stagiaires ?

Sur Capital.fr, parait un mode d’emploi instructif sur ce qu’il est possible de faire, légalement, pour exploiter des stagiaires. Morceaux choisis

« Dans tous les secteurs, et singulièrement les services à forte densité de matière grise, le stagiaire est devenu la figure incontournable du serrage de coûts« 

« des jeunes déjà diplômés s’inscrivent à des formations fictives : certains établissements, véritables ­coquilles vides, n’ont même été créés que pour ça « 

« cette main-d’œuvre qualifiée et low-cost présente tous les avantages. Le stagiaire est corvéable à merci : la loi ne dit pas explicitement qu’il est soumis aux 35 heures. Il n’a pas droit aux RTT ni aux congés payés. Enfin, cette jeune pâte ne coûte pas plus de 417 euros par mois à ceux qui s’en tiennent au minimum légal »

« son « contrat » est ultra-flexible : on peut le prendre six mois et renouveler sa convention de stage d’autant, sans avoir à justifier quoi que ce soit ! »

« Premier aspect positif, du point de vue du manager : il peut les faire trimer sans avoir recours à la pointeuse… les apprentis consultants peuvent même fréquemment ­finir à minuit ou au-delà »

« Seule précaution à prendre : préciser dès le départ, dans la convention, la durée hebdomadaire maximale de présence dans l’entreprise, y compris la nuit, le week-end ou un jour ­férié si nécessaire »

« Question repos, même topo : la loi est muette. C’est l’employeur qui choisit d’accorder ou non quelques congés« 

« L’indemnité plancher est de 417 euros par mois (à partir de deux mois d’ancienneté), soit 2,74 euros de l’heure s’il ne travaille pas plus de 35 heures par semaine. A peine plus cher qu’un ouvrier chinois ! »

Belles perspectives

En contrepoids, signalons un site où, anonyment, les stagiaires peuvent porter leurs appréciations, avec un classement de plus de 250 entreprises dont plus de 10 stagiaires ont exprimé leur opinion http://www.stagescritics.com/sectors/rankingsall.php?who=all, et les initiatives médiatiques de Génération Précaire, qui a remis le prix du cynisme à la BNP, qui  se vante d’ avoir réussi à augmenter de 68% le recours aux stagiaires, ce qui lui a permis de baisser de 35% le recours aux CDD (coûteux) ou de 23% le nombre d’ »auxiliaires de vacance » , et  celui de l’exploitation à Danone, qui réserve certains stages à des « titulaires de master 2 » et a créé un stage pour un « recruteur de stagiaires »

En conclusion, un peu d’humour en ce début d’année, à propos du statut du stagiaire

http://www.laminuteapropos.com/Site/la_minute_%C3%A0_propos_-_du_statut_de_stagiaire.html

 sur http://www.generation-precaire.org/Generation-Precaire-remet-le-prix

L’article http://www.capital.fr/carriere-management/dossiers/jusqu-ou-exploiter-legalement-les-stagiaires-564820

Be Sociable, Share!

Tags: , , , ,

3 Responses to “Jusqu’où exploiter (légalement) les stagiaires ?”

  1. Twitter Trackbacks for Jusqu’où exploiter (légalement) les stagiaires ? | Le Blog de Michel ABHERVE [educpros.fr] on Topsy.com Says:

    […] Jusqu’où exploiter (légalement) les stagiaires ? | Le Blog de Michel ABHERVE blog.educpros.fr/michelabherve/2011/01/09/jusqu%E2%80%99ou-exploiter-legalement-les-stagiaires/ – view page – cached Sur Capital.fr, parait un mode d’emploi instructif sur ce qu’il est possible de faire, légalement, pour exploiter des stagiaires. Morceaux choisis Dans tous […]

  2. Dubois Says:

    Je partage totalement ton analyse et ton indignation. J’y ajouterai un autre élément de réflexion : celui de la participation des stagiaires étudiants à la production de biens et de services (PIB), alors qu’ils ne sont pas comptabilisés dans la population active selon l’INSEE
    http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/population-active-rp.htm

    L’INSEE n’a jamais calculé l’équivalent temps plein (ETP) de la population active étudiante stagiaire « gratifiée » (à ne pas confondre avec la population des apprentis, des stagiaires de la formation professionnelle, des étudiants qui ont un job avec un contrat).

    Si on se réfère au tableau statistique de la RRS 2010 http://media.education.gouv.fr/file/2010/02/6/chap6.1_152026.pdf
    on peut faire une estimation fort grossière, sachant que des stages sont obligatoires en STS, en IUT, en licence pro, dans les écoles d’ingénieurs et de commerce, dans les écoles paramédicales et sociales, dans les masters (au moins les M2). La population étudiante stagiaire est certainement supérieure à 1 million. Pour une durée moyenne de stage de 4 mois, 1 million équivaut à 333.000 étudiants actifs occupés ETP. Ce peut paraître peu, mais c’est énorme en terme de travailleurs dissimulés pour ne pas dire « clandestins » ou « sans papier ».

  3. Le Blog de Michel ABHERVE» Blog Archive » L’abus de stages est aussi du aux étudiants : illsurtation par l’étudiant qui a remis son cv au président Says:

    […] Mettre en cause les entreprises qui abusent des stages, et transforment ce qui devrait être des emplois en stages où des étudiants, de bon, voire de très bon niveau, est nécessaire (voir Jusqu’où exploiter (légalement) les stagiaires ?) […]

Leave a Reply