Fermer des sections utilisant des équipements rénovés, est-ce de la bonne gestion ?

Les Conseils Régionaux, exercent depuis les lois de décentralisation de 1982, la compétence en matière de lycées. Ils les construit, les rénove, les entretient. Mais l’Etat a conservé la compétence de déterminer quelles filières de formation sont enseignées dans les lycées.

Quand ces filières nécessitent des investissements importants, les Conseils Régionaux pourraient s’attendre à ce que l’Etat, qui a sollicité les investissements nécessaires pour permettre aux formations dispensées de s’adapter aux évolutions technologiques, prenne en compte cet effort financier pour décider de la fermeture de sections.

C’est loin d’être le cas, comme on peut le constater, selon les informations de « La Lettre de l’Hôtellerie Restauration« , dans la Région Haute-Normandie où trois formations sont menacées de fermeture, comme  le président du conseil régional, Alain Le Vern, vient de le révéler au cours de ses vœux.

Des formations devraient en effet disparaître de l’offre existante dans la Région, en conséquence de décisions prises unilatéralement par les services du rectorat. Parmi ces formations, il est relevé trois CAP dans le secteur, pourtant au coeur des préoccupations gouvernementales de l’hôtellerie restauration : le CAP services hôteliers à l’Établissement régional d’enseignement adapté (EREA) Maurice Genevoix au Havre, le CAP cuisine au lycée professionnel Le Hurle-Vent au Tréport, ainsi qu’une mention complémentaire au lycée hôtelier Georges-Baptiste à Canteleu, près de Rouen.

Comment ne pas comprendre que le Président du Conseil Régional déplore profondément cette façon de faire et déclare La Région a investi pendant des années pour doter ses établissements, notamment professionnels, déquipements indispensables à la réussite des élèves et des étudiants. La Région va se retrouver avec du matériel flambant neuf et coûteux mais sans formations dispensées”.

Comment demander aux collectivités de participer à l’effort de maîtrise des finances publiques si elles sont traitées de la sorte ?

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4 Responses to “Fermer des sections utilisant des équipements rénovés, est-ce de la bonne gestion ?”

  1. Dubois Says:

    Bonsoir Michel. Tout à fait d’accord avec ton analyse : c’est quoi ce gaspillage d’argent des contribuables ? c’est quoi ce binz d’une décentralisation qui n’en est pas une ?

    J’ai vu pire en Midi-Pyrénées à Figeac.
    http://blog.educpros.fr/pierredubois/tag/midi-pyrenees/

    Le conseil régional a investi dans deux plate-formes technologiques impressionnantes, l’une au lycée Champollion (en partie pour les BTS), l’autre à l’IUT (pour les DUT et licences professionnelles). J’en ai été choqué car les effectifs étudiants sont insuffisants dans chacune des deux filières post-bac.

    Tu connais ma réponse : vive les Instituts d’enseignement supérieur
    http://blog.educpros.fr/pierredubois/tag/ies/

    Faute d’avoir la force de reprendre mon blog, je commente les chroniques de tous les blogs d’EducPros. Avec un espoir : si la plate-forme de blogs se transformait en une communauté de blogueurs ?

  2. kristine Poirier Says:

    Pere Ubu pas mort !
    ou la démonstration par l’absurde de l’incohérence de la gouvernance régionale. Les décisions en matière de formation professionnelle, initiale et continue, se prennent dans des cabinets et non pas dans les instances mises en place en 2002 : les comités de coordination régionale pour l’emploi et la formation professionnelle (CCREFP)…
    Faut dire aussi que la loi qui a vu naitre les CCREFP a été votée le 21 avril de cette meme année et que depuis « coordination » est devenu un gros mot, polémique même !
    Les politiques publiques en matières d’enseignement professionnel soufflent le chaud et le froid en permanence… filières d’excellence pour certains, elles sont celles de l’échec scolaire pour d’autres. On met des moyens et on les reprend sans visée à long, même moyen terme.
    Les responsabilités sont partagées dans ces affaires. Quoi qu’il en soit, l’Etat est dans sa mission régalienne de garantir la certification, la Région est dans ses compétences de financement des équipements… mais n’y avait-il pas moyen d’anticiper? Fermeture de section n’est-ce pas lié à la démographie? Aux évolutions des emplois… toute chose que l’on peut analyser avec 3 à 5 ans d’avance non?

  3. mabherve Says:

    Nouvel exemple dans La charente Libre : la fermeture annoncée d’un bac pro usinage à Ruelle.
    La Région Poitou Charentes a investi 250000 Euros dans le cadre de la labellisation « Lycée des Métiers », les résultats des examens sont excellents et l’embauche des diplômés assurée.
    Mais on manque de candidats !
    Sur http://www.charentelibre.fr/2011/01/19/ruelle-un-bac-pro-exemplaire-menace-de-disparition,1016781.php#xtor=EPR-2-%5BNewsletter%5D-20110119-%5BZone_info%5D

  4. mabherve Says:

    Autre exemple en Franche Comté
    « La mention complémentaire « desserts » du Lycée Condé est un exemple symbolique. Formation reconnue etappréciée par les professionnels, elle répond à un besoin du tissu économique. Les résultats obtenus par
    les élèves leur permettent d’accéder très rapidement à l’emploi. Et récemment, un élève issu de cette formation s’est vu attribuer le titre de champion de France junior de desserts. Un an après s’être rendu dans l’établissement pour féliciter le jeune élève primé et ses enseignants, Monsieur le Recteur propose pourtant
    de supprimer cette mention complémentaire d’excellence. »
    Extrait du communiqué de la Présidente de la Région Marie-Guite Dufay
    http://www.regionsmagazine.com/site/articles/franche-comte/2011/01/2011-01-28/cdp%20Reaction%20de%20Marie-Guite%20Dufay%2027%20janvier%202011.pdf

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