Les rencontres sénatoriales de l’apprentissage, une conception datée

Ce mercredi 18 Mai, comme chaque année, le Sénat voulait mettre en valeur l’apprentissage en organisant les Rencontres sénatoriales de l’apprentissage. Le rituel est rodé : accueil d’apprentis méritants sous les ors du Sénat, mise en valeur d’apprentis et d’anciens apprentis exemplaires, succession de (poncifs) discours valorisant l’apprentissage.

Co-organisées avec les Chambres des Métiers et de l’Artisanat, oubliant comme chaque année les Régions pourtant responsables de l’apprentissage depuis plus de 20 ans, ces Rencontres sont intemporelles et magnifient l’apprentissage d’autrefois : celui où les maîtres, détenteurs d’un savoir transmis par leurs prédécesseurs, le transmettaient à leur tour à la génération suivante

Cette année une novation : la visite matinale par le Président Larcher et sa suite d’un CFA à Villiers le Bel, dans le Val d’Oise, sans bien sûr faire référence au financement du Conseil Régional d’Ile de France, qui a permis que les locaux vétustes soient remplacés par cet équipement performant.

Et pour le reste toujours cette connivence entre le Sénat et les institutions de l’artisanat pour donner de l’apprentissage une image figée, éternelle, avec, cerise sur la gâteau, la raffarinade pensée profonde du Sénateur Carle, qui nous avait habitué à mieux, « Un apprenti en marche fait autant avancer la France qu’un philosophe assis ».

Dans le même temps l’Etat, tout à sa campagne pour afficher la future progression de l’apprentissage, et camoufler par la perspective de lendemains qui chantent, la stagnation actuelle des effectifs, signe avec l’Assemblée Permanent des Chambres de Métiers et de l’Artisanat un contrat d’objectifs surréaliste, où celle-ci s’engage à accroître de 50.000 le nombre d’apprentis. Comme 130 783 contrats ont été enregistrés par les Chambres des Métiers en 2010, selon les chiffres de la DARES, c’est plus de 40 % d’augmentation.

Si l’on en croit les chiffres donnés lors de la signature de la convention, que rapporte Localtis, ce sont 95.000 apprentis qui sont formés chaque année, et l’augmentation dépasserait alors les 50 %. Mais quel que soit le chiffre retenu, personne ne peut croire sérieusement que cet objectif a la moindre chance d’être tenu, ni même approché, si on regarde les évolutions de ces dernières années, qui montrent que les progressions de l’apprentissage ne se sont pas produites dans les secteurs de l’artisanat.

Ce type d’accord, de pur affichage, tendrait à confirmer notre hypothèse : l’important n’est pas de développer l’apprentissage mais de pouvoir afficher un objectif ambitieux pour faire croire à la volonté de nos responsables d’agir pour réduire le chômage des jeunes. De toutes façons les résultats ne pourront être appréciés qu’après les prochaines échéances électorales.

Vraiment l’apprentissage mérite mieux que ces facéties passéistes, qui rendent très difficile l’évolution de son image, et que  ce pilotage par l’affichage

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2 Responses to “Les rencontres sénatoriales de l’apprentissage, une conception datée”

  1. pdubois Says:

    Bien d’accord avec toi. La connaissance et la prise en compte des données statistiques publiques par les politiques vont à vau l’eau. Ce qui leur importe seulement : annoncer des progressions fortes et encore plus fortes.

  2. - Veille EducationVeille Education Says:

    […] transmis par leurs prédécesseurs, le transmettaient à leur tour à la génération suivante Lire la suite Wikio Wikio Lire aussi à ce sujetPas encore d’articles associés Cette entrée a été […]

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