Les Régions se voient imposer des objectifs quantitatifs d’accroissement du nombre d’apprentis

Pour accompagner les Rencontres Sénatoriales de l’Apprentissage que nous avons analysées par ailleurs (voir Les rencontres sénatoriales de l’apprentissage, une conception datée) le Sénat consacrait lors de sa séance du 17 Mai une séance de « questions cribles thématiques » sur l’Apprentissage.

La concentration des questions sur un théme, la présence du Ministre en charge du dossier, en l’occurence Nadine Morano, la possibilté d’une réplique de la part de l’auteur de la question donnent à cette séance plus de dynamisme que les sempiternelles séances de questions orales où tous les sujets se succèdent, passant sans transition de  « la lutte contre le campagnol » à « la situation de la communauté de communes rurales des coteaux du Savès et de l’Aussonnelle en Haute-Garonne« , et où les réponses sont souvent lues par le membre du Gouvernement de corvée de service qui ne connait, et on le comprend, pas grand chose au sujet traité

De ces échanges nous extrayons la reconnaisasnce sur tous les bans ou presque (le Parti communiste , par la bouche de Brigitte Gonthier-Maurin. Sénatrice des Hauts de Seine , manifeste son attachement aux lycées professionnels et ses craintes, fondées, de voir celui-ci privé de moyens au profit de l’apprentissage) au développement de l’apprentissage, même si les chiffres divergent : certains ne parlent que d’insertion professionnelle, relativement favorable, alors que d’autres mettent l’accent sur le taux de réussite aux exmanes, nettement moins favorables à l’apprentissage.

Cet accord sur l’objectif n’empêche pas que s’exprime un réel désaccord sur les moyens d’y parvenir. De façon assez étonnante, il apparait que la Droite, à priori libérale, met l’accent sur un développement de l’apprentissage impulsé par l’Etat, alors que la gauche met l’accent sur les difficultés qu’ont les jeunes souhaitant suivre une formation en alternance à trouver un employeur (point de vue appuyé avec force et pertinence par Catherine Procaccia, Sénatrice UMP du Val de Marne) et rappelle que ce sont, avant tout, les entreprises qui font, ou pas, le développement de l’apprentissage. Quant à la éponse de Nadine Morano sur ce point, la mise en place « sur le réseau social professionnel Viadeo, un groupe dédié à l’apprentissage« … elle laissse rêveur

L’intervention de Ronan Kerdraon, Sénateur PS des Côtes d’Armor, met l’accent sur la procédure  choisie pour le Gouvernement pour développer l’apprentissage, fixer à chaque Région un objectif à atteindre, sans tenir compte de la démographie,  des différences de contexte et  des projets et priorités de chacune de celles-ci, et en tous cas sans que cet objectif résulte d’un dialogue entre l’Etat et les collectivités détentrices de la compétence.

Certaines pratiques laisseraient entendre que le Gouvernement sait pertinemment que les objectifs qu’il fixe sont inatteignables : il signe au plan national des conventions d’autant plus irréalistes qu’elles ne sont en rien contraignantes et veut imposer les contraintes aux Régions, comme si son réel objectif était, dans les contraintes de temps que lui crée le calendrier électoral,  plus de trouver le responsable de la non atteinte des objectifs qu’il a, unilatéralement fixé, que réellement de tout mettre en oeuvre pour faciliter le développement de l’apprentissage

Le compte rendu

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