En Corse, selon les sources, l’apprentissage croît ou stagne

Xavier Bertrand vient de signer le Contrat d’Objectifs et de Moyens pour le développement de l’apprentissage avec la Collectivité Territoriale de Corse

logoCette signature est, une nouvelle fois, l’occasion de rechercher les chiffres de l’apprentissage et de constater que cela n’est pas simple

Les chiffres publiés par la DARES montreraient que durant le précedent Contrat d’Objectifs et de Moyens,  l’apprentissage non seulement n’a pas progressé, mais a plutôt régréssé. De 1277 contrats en 2006, nous sommes descendus à 1143 dès 2007 (avant la crise, qui n’est donc pas le facteur explicatif), puis sommes restés depuis pratiquement  au même niveau pour arriver à  1169 contrats en 2010, cinq ans plus tard.

Comem nous l’avions déjà constaté pour Poitou-Charentes (voir En Poitou Charentes, un décalage qui s’accroit entre le nombre de places en CFA et les effectifs d’apprentis, et les commentaires passionnés de cet article) , les chiffres publiés par la Région ne sont pas les mêmes, mais ici la situation se complique car les évolutions vont en sens inverse, avec une progression régulière des effectifs présentés dans l’annexe au Contrat d’Objectifs et de Moyens

Et comme rien n’est simple, une étude, à l’apparence plutôt rigoureuse, produite par FIORE, le CARIF OREF régional, donne des chiffres différents, même s’ils vont dans le même sens que ceux figurant dans l’annexe du COM.

Le tableau ci dessous résume les chiffres disponibles, concernant les apprentis en Corse

 

DARES

COM

FIORE

2006

1277

1401

1618

2007

1143

1618

1711

2008

1189

1711

1839

2009

1157

1839

1939

2010

1169

1992

 

On peut tenter des explications : la DARES enregistre le nombre de contrats, pendant que les autres chiffres concernent le nombre d’apprentis. FIORE compte les effectifs à la rentrée, pendant que les chiffres du COM sont ceux au 31 Décembre  (ce qui nous donne une idée du nombre non négligeable de contrats interrompus dans leurs premières semaines)

Mais il fait bien constater que les outils statistiques mériteraient d’être mis en cohérence, afin de faciliter le suivi des évolutions, puis le pilotage des politiques.

Sur le plan de l’insertion, une enquête de FIORE, nous permet de cerner quelques chiffres, au delà d’un taux d’insertion à 7 mois globalement satisfaisant, soit 72% (même si ce chiffre est à relativiser, parce que dans un cas sur cinq cet emploi est un nouveau contrat d’apprentissage) 

Tout d’abord un taux d’échec aux examens assez élévé, 37 %. Même si, comme le précise la note méthodologique de l’étude, cet ‘indicateur statistique…est différent du taux de réussite habituellemnt communiqué. Dans l’étude le nombre de jeunes ayant réussi leur examen est rapporté au total des sortants (y compris les abnadons) alors que dans le taux de réussite « classique » le nombre de jeunes ayant réussi est rapporté au nombre de jeunes présentés à l’examen »  , ce taux interroge surtout quand il atteint dans certaines branches professionnelles 45 % pour le bâtiment, et même 54 % pour l’hôtellerie restauration et le secrétariat. Face à une telle proportion d’échecs à l’examen, il est totalement anormal que l’amélioration du taux de réussite ne figure pas dans les objectifs du nouveau COM qui vient d’être signé.

Mais l’interrogation a plus importante suscitée par cette étude rejoint celles qui ont été formulées précédemment sur les chiffres de l’apprentisssage. Il est en effet mentionné 1711 présents à la rentrée 2007  (chiffre qui est celui du COM, mais pas celui que FIORE produit dans une autre étude et qui est de 1839) et seulement 613 jeunes considérés comme sortants en fin d’année 2007-2008. Bien qu’il ne soit pas indiqué la durée des contrats, il semble qu’il y ait un nombre non négligeable de jeunes qui sont bien des entrants mais ne sont pas pour autant des sortants : cela aurait pour le moins du être précisé dans la note méthodogique. Décidément la question des chiffres est prégnante

Pour compléter cette approche chiffrée,  signalons un article de Christophe Storaï et Andréa Ceccarini intitulé « L’alternance dans le Supérieur : une  voie d’excellence et une passerelle vers l’emploi. Les enseignements du CFA Universitaire en région Corse »  qui montre bien qu’ « il parait difficile de concevoir l’alternance (et l’apprentissage notamment) comme un bloc monolithique » et que le CFA de l’Université de Corse réprésente 13 % des effectifs apprentis régionaux ce qui est considérable, et induit l’analyse suivante  » 

La spécificité de l’administration de l’alternance à l’Université de Corse, sous l’égide du CFA UNIV, concerne le mixage des publics à l’entrée des formations.19 En outre, cette stratégie est fondamentalement adaptée aux petits effectifs caractéristiques des cursus de formation universitaire insulaires ».

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One Response to “En Corse, selon les sources, l’apprentissage croît ou stagne”

  1. Dubois Says:

    Fort intéressant car des questions clés de la statistique publique sont posées : celle des définitions (population prise en compte ; il faudrait avoir la répartition par niveau de formation), les dates de référence (contrats signés, abandons, réussite à l’examen), le devenir professionnel des diplômés et des non diplômés.

    La statistique politique a encore de beaux jours devant elle. Un bijou de de ce type de statistique par ton copain Laurent Wauquiez :
    http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid57050/premiere-vague-de-contractualisation-post-l.r.u.-montee-en-puissance-de-l-autonomie.html

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