Suffit-il d’additionner pour améliorer ?

Comme tout classement, celui de Shangaï est contestable (et il est d’ailleurs contesté, en particulier pour se focaliser sur le seul aspect recherche, et son oubli de la fonction d’enseignement), mais il produit des effets puisque certains comportements s’adaptent à ce classement.

C’est le cas en France avec une fusion d’Universités améliorant le classement par un simple effet  mathématique : plus de chercheurs, donc plus de publications.

Est ce que l’Université de Lorraine est meilleure que ne l’étaient les Universités de Nancy et  l’Université de Metz qui ont fusionné pour créer cette nouvelle entité ? Oui selon les critères de Shangaï, puisque l’Université de Lorraine entre au classement entre la 201 ème et la 300 ème place, alors que l’année précédente seule l’Université de Nancy 1 y figurait, entre la 401 éme et 500 ème pplace.

Mais, dans la réalité, quel est l’apport de la fusion : des laboratoires de recherche plus performants ? des enseignements mieux coordonés et des filières redondantes regroupées ?

C’est cela qui devrait être évalué pour mesurer l’impact de la fusion. Il est malheureusement à craindre que l’avancée dans le classement de Shangaï devienne le seul critère d’évaluation de l’impact des fusions. Difficile d’être plus réducteur !

Mais cela permet au Ministre des Universités et de la Recherche, Laurent Wauquiez, de se féliciter de la progression des Universités françaises. Ne serait-ce pas le but bréel de tout ce mécano institutionnel ?

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One Response to “Suffit-il d’additionner pour améliorer ?”

  1. Dubois Says:

    Tout à fait d’accord. Heureusement, les auteurs du classement ne se laissent pas faire par les ministres : pas question pour eux de classer des PRES qui ne seraient pas en voie de fusionner !

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