« Formations en apprentissage : en finir avec les illusions »

Nous souhaitons attirer l’attention sur une étude de la Fondation Terra Nova,  signée par Jean-Jacques Arrighi, statisticien,  et intitulée « Formations en apprentissage : en finir avec les illusions »

Alors que nous avons plusieurs fois ici attiré l’attention sur le paradoxe qui voyait d’une part les discours de tous bords magnifier l’apprentissage et d’autre part le nombre d’apprentis stagner depuis 2008 et peut-être même baisser cette année, si une vigoureuse inflexion ne se produit pas ces prochains mois, ce qui est peu probable vu le contexte économique, nous ne pouvons que nous féliciter qu’un travail parte de ce constat,

Ce travail met bien en évidence un point fondamental  « Le principal problème est que l’évolution de l’alternance au cours des 25 dernières années n’entame en rien les noyaux durs du chômage des jeunes mais participe aux bons résultats de ceux qui ont obtenu un diplôme, sans rien entamer des mauvais résultats concernant les autres« . L’analyse des chiffres globaux masque un recul au niveau V, globalement compensé par une croissance aux niveaux I, II et III qui ne concerne en rien les mêmes jeunesLe constat est clair  « l’apprentissage ne s’est absolument pas développé là ou il aurait pu être le plus utile socialement, c’est-à-dire pour l’accès à un premier niveau de qualification » : il a même régréssé

Nous trouvons aussi intéressant que ce travail ne se contente pas de se référer au « modèle allemand » que Nadine Morano, après d’autres considère comme le modèle (voir Première expression de Nadine Morano sur l’apprentissage : tous les poncifs et quelques pistes) mais contribue à une nalyse nous montrtant en quoi le « système dual germanique » relève d’une organisation sociale très différente de la notre, et qu’il est illusoire d’en faire un modèle

Autre point remarquable de cette note, elle met en évidence la danger d’une politique , comme celle qui est annoncée actuellemnt, fondée sur de sobjectifs quantitatatifs. En effet, il est affirmé « la course au développement indifférencié des formations en alternance au moyen d’objectifs chiffrés de jeunes inscrits dans ces formations (500 000, 600 000, 1 000 000,…) apparaît au mieux réductrice – elle évite en effet de préciser clairement les objectifs poursuivis et par voie de conséquence rend impossible une évaluation de la politique conduite. Bien pire, elle est néfaste. La pression quantifiée de l’objectif à atteindre induit un développement au plus simple, c’est-à-dire sur les jeunes les moins coûteux à accueillir, les plus âgés et les mieux formés, »

Des propositions complètent cette analyse et montrent bien que des réformes sont indispensables, mais qu’elles ne sont possibles qu’après une analyse des évolutions et un partage des diagnostics, et doivent se fondersur  la concertation des acteurs et la prise en compte de leurs logiques économiques, institutionelles et politiques.

Cette note met bien en évidence, par antithèse, que les affirmations péremptoires du gouvernement visant à développer l’aternance en général et l’apprentissage en particulier souffrent d’une double faiblesse d’analyse et de méthode et confirme que l’objectif annoncé ne sera pas atteint. Nous le pensions, et l’avaons exprimé à plusieurs reprsises dans ce blog et ne pouvons que constater que ce point de vue est partagé.

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