Apprentissage : éléments pour comprendre la stagnation

La question du décalage entre des discours publics encourageant l’apprentissage, que symbolise la création d’un Ministère en charge de cette question et l’évolution des effectifs, stagnants depuis 2008, et sans doite en légère baisse en 2011 (sauf spectaculaire et peu probable renversement de tendance en fin d’année) mérite réflexion.

La parution de l’étude de la DARES, Analyses N°89 de Décembre 2011peut contribuer à cette réflexion. Les chiffres globaux sont en très légère baisse par rapport à une année 2009 qui elle même avait vu les contrats signés baisser de 4%, mais cette quasi stabilté traduit des évolutions différentielles

Selon les secteurs tout d’abord : légère hausse de l’industrie, baisse du bâtiment et de la restauration (alors que le développement de l’apprentissage faisait partie des engagements de la profession au moment de la baisse de la TVA !)

Mais surtout en fonction des niveaux : l’apprentissage dans le supérieur continue à progresser, même si’il ne représente encore que 10 % des contrats signés et surtout la régression du niveau V continue (-5 points en deux ans, _ 8 points en cinq ans), ce qui n’est pas sans conséquence sur l‘âge moyen des signataires des contrats qui augmente de 4 mois en deux ans et atteint 18 ans et quatre mois

Et encore en fonction de la taille des entreprises : la part des toutes petites, celles qui comptent moins de 5 salariés progresse encore et atteint 41 % du total, alors que  les entreprises de plus de 250 salariés régressent pour ne représenter que 12,8 % des contrats. On ne peut à la lecture de ce dernier chiffre que mesurer la très relative efficacité d’une mesure, qualifiée d’incitative, alors qu’elle  ne concerne que cette dernière catégorie, point sur lequel nous nous étions d’ailleurs interrogés (voir Que fait-on pour les 86,4 % d’employeurs d’apprentis ayant moins de 250 salariés ?)

Cette étude nous fournit des données pour réfléchir. Ce qui manque ce sont des décideurs acceptant de réfléchir à partir des chiffres, et pas de continuer à déployer sans mesure leur loghorrée pro apprentissage (voir par exemple Alternance : tout va bien sauf les contrats dont la baisse s’accentue en juillet) qui, par ce qu’elle ne fonde pas sur la réalité, est de fait contre productive

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2 Responses to “Apprentissage : éléments pour comprendre la stagnation”

  1. Developpeur Says:

    Bonjour

    La baisse des effectifs d’apprentis en niveau V peut probablement s’expliquer en grande partie par la mise en place du BAC PRO en 3 ans (en remplacement de CAP/BEP en 2 ans + Bac pro en 2 ans).

    Ce qui pose aussi un autre problème pour ces jeunes : trouver un employeur prêt à signer un contrat sur 3 ans (au lieu de 2 ans).

    Le décalage entre la réforme du Bac Pro en 3 ans (conçue dans les contraintes de l’EN et de la RGPP)et la réalité de terrain des CFA et des entreprises est ici flagrante.

    Nous n’avons pas fini d’en reparler.

    D.

  2. PAULIN Says:

    Cher Monsieur,
    Je suis attentivement votre blog.
    Je serai très intéressé par un échange de lien avec votre blog sur éducpro.
    Je suis moi-même enseignant, juriste, et tente d’analyser les pratiques de la professionnalisation des études supérieures par la voie de l’apprentissage, des contrats de pro et des stages.
    Je me permets de vous renvoyer à mon site. http://www.etudiantspro.com/
    Je serai très heureux de pouvoir échanger avec vous le cas échéant.
    Cordialement
    JF Paulin

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