Le Président de la République découvre tardivement que les grandes entreprises ne jouent pas le jeu de l’alternance

Le 27 mars dernier nous écrivions dans ce blog un article intitulé « Les mesures annoncées par le Président de la République ne permettront pas d’atteindre l’objectif affiché de développement de l’alternance »

Dix mois plus tard le Président de la République vient de confirmer dans son intervention multi télévisée que son quinquennat sera marqué par le recul de l’alternance (voir Le quinquennat du recul de l’alternance), dont il pense pourtant que c’est la solution à la situation difficile des jeunes vis à vis de l’emploi dans ce pays.


Il y dans son intervention d’aujourd’hui une analyse lucide, dont on peut regretter qu’elle soit si tardive, qui peut se résumer ainsi :  l’obstacle principal au développement de l’alternance réside dans l’insuffisance des contrats proposés par les entreprises aux jeunes. Si ce constat avait été partagé en temps voulu, cela aurait évité d’engager au printemps dernier une coûteuse campagne de communication  pour inciter des jeunes à postuler à des contrats qui n’existaient pas, comme nous l’avons écrit à l’époque sous le titre Alternance : une campagne de communication à contre temps

Avec une certaine immodestie, nous pouvons constater que ce que le Président exprime aujourd’hui est très exactement ce que nous écrivions au mois de mai dernier dans un article intitulé « Alternance : plus de 80 % des entreprises de 250 salariés et plus ne respectent pas les quotas de 3 %« 

Reste à constater un nouveau décalage, sur la temporalité des solutions. Augmenter une pénalité pour les entreprises qui emploient moins de 5 % de jeunes en alternance ne sera possible que sur la taxe payable le 28 Février 2013, dans 13 mois. Et si comme le Président de la République l’a annoncé, elle est doublée, elle restera probablement d’un impact faible car selon les propres textes de l’Etat, dans les “Évaluations préalables” du rapport présentant le « Projet de loi de finances rectificative pour 2011″  même si les entreprises choisissent de ne pas recruter le nombre requis d’alternants, le taux de la CSA envisagé reste assez faible”.

Le Président de la République s’étonne aujourd’hui qu’une mesure que l’Etat a choisi délibérément d’un faible impact, pour ne pas alourdir les charge sdes entreprises, ait un faible impact. Ce serait le contraire qui serait étonnant

Alors on arrête les effets d’annonce et on se met à travailler sérieusement ? Ce serait faire exactement faire le contraire de ce qu’on fait Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et Nadine Morano depuis le début de ce quinquennat, qui ont fait du développement de l’apprentissage un sujet de polémique avec les Régions (voir Développer l’apprentissage ou polémiquer avec les Régions : Xavier Bertrand semble avoir choisi) et avec l’Education Nationale (voir Développer l’apprentissage ou régler des vieux comptes avec l’Education Nationale ?)

Peu probable que le calendrier ,le permette
 

 

 

 

 
 

 

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