La Commission européenne constate que la France n’a pas pris les moyens de développer l’apprentissage

Dans la recommandation de la commission concernant le programme national de réformes de la France pour 2012 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour la période 2012-2016, le paragraphe 12 concerne l’apprentissage et est rédigé ainsi.

« Pour remédier au chômage des jeunes, les autorités françaises se sont engagées à faire passer le nombre de contrats d’apprentissage de 600 000 à 800 000 d’ici à 2015. Plusieurs mesures ont été prises en 2011 et en 2012 afin d’augmenter le nombre d’apprentis dans les entreprises et d’alourdir les sanctions à l’égard des entreprises en infraction. Malgré ces mesures, le nombre total de contrats d’apprentissage est encore loin d’atteindre l’objectif fixé. En outre, un rapport établi récemment à la demande des autorités françaises a montré que 40 % des PME considèrent que les compétences des apprentis ne correspondent pas à leurs besoins. Une meilleure adéquation entre les compétences enseignées dans le système éducatif et les besoins du marché du travail serait donc bénéfique pour les politiques de lutte contre le chômage des jeunes. »

Il se poursuit par une recommandation incitant la France « à améliorer l’employabilité des jeunes, en particulier ceux qui sont les plus exposés au risque de chômage, en prévoyant notamment des programmes d’apprentissage plus nombreux et de meilleure qualité qui répondent effectivement à leurs besoins « 

Cet avis intervient au moment précis du changement de Présidence et de Gouvernement et nous donne une analyse extérieure qui confirme ce que nous avons exprimé à plusieurs reprises sur ce blog (voir en particulier Les mesures annoncées par le Président de la République ne permettront pas d’atteindre l’objectif affiché de développement de l’alternance) à savoir que le Gouvernement français n’avait pas pris les mesures en cohérence avec son objectif affirmé de développement de l’apprentissage.

Et dire que nous avons eu, durant un an et demi, une Ministre qui continue à tenter de faire croire qu’elle a un bilan flatteur. Il serait sans doute trop lui demander que de bien vouloir prendre connaissance de l’avis exprimé par la Commission européenne.

Partagez ce billet !

Tags: , ,

4 Responses to “La Commission européenne constate que la France n’a pas pris les moyens de développer l’apprentissage”

  1. Christian Jacomino Says:

    Cet article est cité ici > http://www.voixhaute.net/2012/06/que-nous-disent-les-notes.html

  2. Ludovic PAYARD Says:

    Lorsque l’Etat affirme des objectifs en matière d’apprentissage, on est une nouvelle fois dans la posture et la communication et non dans le réel.
    Les régions qui ont la main privilégie rarement les formations supérieures. Elles décident à l’issue d’un parcours du combattant meurtrier qui ne laisse passer que quelques projets au travers de critères qui ne prennent que fort peu en compte l’utilité pour les entreprises.
    Aujourd’hui, tant les entreprises que les écoles de management savent fort bien identifier les besoins et concevoir, ensemble, les formations nécessaires. Ce n’est pas pour autant que le produit arrive sur le marché de l’apprentissage !

  3. Olivier Ridoux Says:

    « Pour remédier au chômage des jeunes, les autorités françaises se sont engagées à faire passer le nombre de contrats d’apprentissage … »

    Avec un présupposé aussi idiot, il n’est pas étonnant que les moyens et les résultats ne soient pas en relation avec les objectifs. Il n’est pas idiot de vouloir remédier au chômage des jeunes, mais il est idiot de penser que l’apprentissage y remédiera significativement. Si à la place, on avait en tête « Afin de diversifier les parcours de formation », ou bien « Afin de rendre les études plus attractives auprès de jeunes qui veulent avoir rapidement une expérience professionnelle » ou bien « Afin de permettre aux entreprises d’être actrices de la formation de leur futurs employés » on aurait une gestion plus saine de l’objectif.

    « 40 % des PME considèrent que les compétences des apprentis ne correspondent pas à leurs besoins »

    C’est le second problème. Ces 40 % des entreprises prétendent se défausser des responsabilités que l’apprentissage leur octroie. Dans cette relation pédagogique leur rôle est de participer à la formation de compétences, pas de recruter à pas cher des collaborateurs prêts à l’emploi. Il serait temps que cesse le double langage de ces entreprises, et pour y parvenir, il serait temps que le pilotage politique cesse de voir dans l’entreprise un partenaire seulement pétri de bonnes intentions. C’est un partenaire qu’il faut aussi former aux objectifs que les politiques se seront donnés.

    Un spot publicitaire récent montre bien que cette ambiguïté est même entretenue par les politiques. Pour populariser l’idée de recruter des apprentis, on y met en scène deux chefs d’entreprises, l’un venant de recruter un nouveau collaborateur, et l’autre se vantant auprès du premier d’en avoir eu deux pour moins que le prix d’un en recrutant deux apprentis. C’est ce genre de communication qui dénature complètement le projet de l’apprentissage et rend le projet cahotique.

  4. Alternance et Foad | Pearltrees Says:

    […] La Commission européenne constate que la France n’a pas pris les moyens de développer l’appren… Dans la recommandation de la commission concernant le programme national de réformes de la France pour 2012 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour la période 2012-2016, le paragraphe 12 concerne l’apprentissage et est rédigé ainsi. “ Pour remédier au chômage des jeunes, les autorités françaises se sont engagées à faire passer le nombre de contrats d’apprentissage de 600 000 à 800 000 d’ici à 2015. Plusieurs mesures ont été prises en 2011 et en 2012 afin d’augmenter le nombre d’apprentis dans les entreprises et d’alourdir les sanctions à l’égard des entreprises en infraction. Malgré ces mesures, le nombre total de contrats d’apprentissage est encore loin d’atteindre l’objectif fixé . En outre, un rapport établi récemment à la demande des autorités françaises a montré que 40 % des PME considèrent que les compétences des apprentis ne correspondent pas à leurs besoins. Pédagogie de l’alternance et apprentissage collaboratif à distance – Alternance TICeTAC Le travail collaboratif à distance est une formalisation parmi d’autres d’un travail en réseau, il peut être mis en place dans le cadre fermé d’un ENT (Espace Numérique de Travail) ou bénéficier des nombreux outils disponibles sur les réseaux sociaux. Il s’inscrit pleinement dans ce qu’on appelle le Web 2.0 (Internet vu comme un lieu de mise en commun, de partage et de création de ressources). Il faut le différencier du travail coopératif pour lequel chacun des acteurs a une mission bien définie au départ, travaille chacun de son côté pour une mise en commun lors de la réalisation finale. Le travail collaboratif met en jeu des interactions entre les acteurs d’un projet et permet à chacun de s’exprimer et de mettre en oeuvre ses compétences pour telle ou telle étape du travail demandé. Pedagogie de l’alternance Plus ou moins présents, plus ou moins visibles – Les Cahiers pédagogiques Dans notre établissement, s’emparer du thème du décrochage a d’abord été une occasion de réfléchir sur les parcours des élèves, leurs orientations, leurs difficultés scolaires. La première réaction est de considérer qu’il s’agit d’un problème extérieur au lycée : on parle d’élèves sortis du système scolaire, donc hors de notre portée, sans diplôme et sans qualification. En discutant des catégories d’élèves concernés, nous avons pu nous rendre compte d’abord de la diversité des profils, ensuite de ce qui se joue pour eux dans le fonctionnement de l’établissement. […]

Leave a Reply