Les enseignants en première ligne sur la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires

L’Assemblée Nationale vient de voter la fin de l’exonération des charges sociales et fiscales des heures supplémentaires. Enfin sommes nous tentés de dire, tant cette mesure, la seule qui uibsistait de la loi TEPA, qui pouvait avoir une certaine logique en période d’expansion, s’avérait désastreuse quant à ses conséquences pour l’emploi en période de récession, ou de très faible croissance, et de forte montée du chômage (voir Abrogation de l’exonération des heures supplémentaires : Enfin !)

A l’occasion de cette abrogation apparait publiquement un phénomène qui était demeuré dans l’ombre jusqu’à présent : les principaux bénéficiaires de cette exonération étaient les enseignants, de façon toute particulière les professeurs du secondaire et de façon extrêmement forte les enseignants de classes préparatoires

Si l’exonération des charges demeurait à coût constant pour l’Etat employeur, qui compense cette exonération aux organismes de Sécurité sociale, le cadeau était pour les enseignants eux-même qui bénéficiaient ainsi d’exonérations fiscales d’autant plus significatives que cette non imputabilité leur évitait souvent de voir leurs revenus imposables passer dans une tranche supérieure

Le rapport sur la loi de finances 2012 des sénatrices Françoise Cartron, PS , Françoise Férat, UMP, et Brigitte Gonthier-Maurin. PCF, estimait le coût pour l’Etat, en perte de recettes à 319 millions d’Euros, chiffre à rapprocher par exemle du coût des emplois vie scolaire, qui  ne représente que 130 millions d’Euros. Cela les conduisait à qualifier cette mesure dêtre un « un artifice de gestion plutôt couteux et déconnecté de l’objectif pédagogique primordial d’amélioration des résultats des élèves »

On voyait bien où étaient les priorités. Cette décision présente un double avantage pour le Gouvernement, un tout à fait immédiat en termes de recettes nouvelles pour le budget de l’Etat, un plus politique puisque l’ensemble des organisations syndicales de l’Education s’oppose au principe même des heures supplémentaires, et ne peux donc qu’approuver cette décision

Mais elle pose à terme, en termes particulièrement vifs, la question de l’attractivité des métiers de l’enseignement, avec une question à court terme, celle de la nécessité de faire remonter significativement le nombre de candidats aux concours de recrutement, actuellement dramatiquement faible dans certaines matières, et à moyen terme celle d’une revalorisation de la fonction enseignante qui ne pourra se contenter éternellement de promesses verbales, et devra bien obtenir une réelle concrétisation, éventuellement avec des contreparties en termes de présence dans les établissements, de prise en compte dans le service de missions de coordination…

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6 Responses to “Les enseignants en première ligne sur la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires”

  1. Joël Says:

    Que pouvait-on reprocher à la politique du « travailler plus pour gagner plus » ? Pour ma, part, de ne pas partager le travail : « plus pour moi, moins pour les autres ».

    Je ne vois pas de différence avec les enseignants : ceux qui font de nombreuses heures supplémentaires savent que ces « HSE » contribuent à supprimer des postes. Pour preuve, la part toujours plus forte chaque année des HSE dans les dotations horaires globalisées (DHG), composées normalement d’une majorité d' »heures poste ».

    Quant à penser qu’on choisit le métier d’enseignant pour le salaire, je suis sceptique. La baisse phénoménale du nombre de candidats aux concours de recrutement en 2012 semble plutôt corrélée voire induite par la mastérisation, qui parachute les profs débutants dans les classes sans aucune formation pratique.

  2. alexandre czeladka Says:

    enfin une mesure de bon sens alliant efficacite budgetaire et moralisation de l’etat.en effet avec les heures supplementaires des profs des classes prépas on enrichissait des gens qui ne sont ni des pédagogues ni des chercheurs car l’essentiel de leur activité consiste a faire un bourage de crane qu’il faut patiemment detricoter quand on recupere les etudiants aprés…d’ailleurs pourquoi ne pas supprimer les classes prépas et sortir de cet elitisme qui est fort couteux tout en etant particulièrement inefficace.SAUF A L autoREPRODUCTION DE nos pseudos elites

  3. alainaugé Says:

    Lorsque l’on paie des charges, on a droit à retraite. En 33 ans d’EN j’ai toujours fait beaucoup d’HS sans pour autant cumuler. Mais lorsque j’ai pris ma retraite, j’ai eu droit aux 6 derniers mois de traitement, sans HS !!
    Je suis aussi retraité de l’industrie et cette retraite est basée sur les salaires totaux, HS incluses. Il est donc scandaleux que l’EN paie des HS (A ou E) sans payer de charges.

  4. Lionel Says:

    Bonjour,

    La fin de la défiscalisation des heures supplémentaires et complémentaires est une bonne chose si elle est complétée par la création de poste. Les heures complémentaires ne sont pas majorées contrairement aux heures supp.

    En IUT, beaucoup de collègues, prag et mcf, ( je m inclus dedans) font de nombreuses complémentaires. La fin de la défiscalisation ne sera pas suivie de création de postes. Une partie des heures comp ira donc à des vacataires extérieurs sur lesquels nous payons plus de charges ( en gros l heure nous revient à 60 euros au lieu de 40 pour le prof). Cela va donc augmenter la masse salariale des IUT et des universités, creusant ainsi les déficits.

    Donc ce que l état va récupérer d un côté, il devra le débourser de l autre.

  5. Lothirek Says:

    Je suis un nouveau venu dans le blog et je vais donc suivre à la lettre vos recommandations.

  6. Gestion paie Says:

    « Lorsque l’on paie des charges, on a droit à retraite. », tout est dis ! Merci pour cet article très clair.

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