Un étudiant sur six en alternance en 2020 : à quelles conditions ?

La Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso,  a annoncé son objectif qu’un étudiant sur six soit en alternance à l’horizon 2020. Pourquoi pas, vu l’intérêt de la formule.

Mais pour arriver à cet objectif ambitieux, un certain nombre de conditions devront petre remplies. Nous allons tenter d’en préciser certaines

La première est dans l’équilibre entre ce développement annoncé aux niveaux supérieurs et l’évolution de l’apprentissage aux niveaux V et IV. Depuis des années le bilan global de l’évolution des effectifs d’apprentis peut se résumer par une stagnation globale, résultant de deux mouvements en sens contraire : la baisse aux niveaux inférieurs et la croissance aux niveaux supérieurs, ce qui permet de dresser un satisfecit global, alors qu’en réalité les moyens affectés tant par les entreprises que par les pouvoirs publics évoluent de fait des jeunes les moins favorisés en direction de ceux de meilleur niveau.

Ce mouvement doit impérativement cesser. Le développement de l’apprentissage et de l’alternance aux niveaux supérieurs ne peut continuer à se construire au détriment des niveaux inférieurs, nécessaires tant pour les jeunes que pour les entreprises. Cela suppose que l’objectif annoncé soit accompagné d’une stratégie permettant de mobiliser les moyens nécessaires pour y parvenir.

Mais cela suppose aussi et dirions nous surtout que l’enseignement supérieur s’adapte dans son organisation à cet objectif, qui demeure aujourd’hui marginal dans son organisation. Un enseignant-chercheur partage son temps entre sa recherche et sa charge d’enseignement. Certains d’entre eux acceptent des responsabilités administratives, le plus souvent mal prises en compte dans leur évolution professionnelle.

Quant à la charge que représente le développement de l’alternance, elle est fort mal prise en compte dans le service des enseignants, alors que le travail de recherche de postes dont le contenu de travail soit en phase avec les objectifs du diplôme préparé, de mise en relation des candidats et des employeurs, de suivi en situation de travail, de gestion des difficultés rencontrées… est chronophage, surtout si on y ajoute un suivi administratif assez lourd, et suppose des compétences que les enseignements du supérieur n’ont pas eu l’opportunité d’acquérir : d’où la tendance à reporter cette tâche sur les personnalités en marge de l’organisation universitare, comme les professeurs associés, PAST, voire sur des intervenants extérieurs

Mias ce développement suppose également que le contenu même des formations soit revu pour que les apports du travail qu’effectuent les étudiants en entreprise, des questions qui naissent de ce travail, soient pris en compte dans chaque cours, ce qui suppose que tous les enseignants aient l’obligation d’assurer le suivi de quelques étudiants en laternance, d’aller sur place pour comprendre, concrètement, le contexte de travail, rencontrer le tuteur professionnel en situation  et autant que possible la hiréarchie. Il faut en effte dépasser ce qui demeure trop souvent une simple juxtaposition de situations de travail, formatrices quand elles sont bien choisies, et de cours dispensés de la même façon que les étudiants soient ou pas en alternance

Cette évolution suppose un important travail d’ingnérie pédagogique, pour chaque cours, et pour l’articulation entre les différents cours, sujet sur lesquels les universitaires sont en général peu armés, et trop rarement soutenus par des cellules d’ingénerie spécialisées

Il faut espérer que la réflexion sur ses évolutions sera ouverte ; on doit toutefois contater la bien faible place que prend l’alternance dans les travaux en cours des Assises

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One Response to “Un étudiant sur six en alternance en 2020 : à quelles conditions ?”

  1. cesacom Says:

    L’alternance est une aide précieuse pour les étudiants qui veulent avoir une expérience professionnelle et surtout qui n’ont pas les moyens de payer leur école. L’alternance permet de ne pas démarrer la vie active avec un prêt de 30 000 euros sur le dos. En plus de ça l’alternance permet de couper avec le rythme scolaire ce qui peut en motiver plus d’un.

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