Apprentissage : poursuite de la baisse au niveau V et de l’augmentation aux niveaux supérieurs

Nous avons deux sources d’information sur les données chiffrées de l’apprentissage. Celles que publient chaque mois le Ministère du Travail qui concernent le nombre de contrats,  que nous relayons dans ce blog et celles que publient chaque année le Ministére de l’Education qui concernent les effectifs d’apprentis. Les premiers permettent de suivre la conjoncture, les deuxièmes les évolutions sur des durées plus longues. Ces deux séries de chiffres peuvent diverger, les contrats pouvant concerner selon les formations un, deux ou trois ans.

Le Ministère de l’Education vient de publier les Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche 2013 qui comportent nombre d’informations concernant l’apprentissage.

Nous en extrayons un certain nombre de données qui nous semblent, avec la part d’arbitraire qui caractérise toute sélection, significatives.

D’abord concernant les effectifs totaux : ils ont augmenté de 2,3 % entre 2010-2011 et 2011-2012 atteignant 436 334 apprentis, avec l’intégration, pour la première fois, dans les tableaux  des 307 apprentis de Mayotte, devenu DOM.

 

Cette évolution est la résultante de deux évolutions en sens contraire, une baisse de 1,8 % au niveau 5, une hausse des niveaux supérieurs, 12,7 % pour le niveau III, 11 % pour les niveaux I et II (dont 25,2 % pour le master). Cette comparaison est encore plus éclairante sur 5 ans : les apprentis de niveau V qui représentaient 56 % du total en 2007-2008  ne sont plus que 43,4% (ce qui signifie 50 000 jeunes en moins formés à ce niveau)  alors qu’aux niveaux I et II nous augmentons fortement, de 8,1 % à 12,8 %.

Notons également que sur cette période de 5 ans, le poids de l’apprentissage dans l’enseignement professionnel, aux niveaux IV et V passe de 29,3 % à 28,4 %, ce qui montre que le discours très favorable à l’apprentissage tenu par Nicolas Sarkozy tout au long de son quinquennat ne s’est pas accompagné, au contraire, d’une progression de la part de ce mode de formation dans l’ensemble du second cycle professionnel. Ce pourcentage est très variable selon les académies, passant en métropole de 36,8 % à Paris à 19,8 % à Lille, soit pratiquement du simple au double.

Pour ce qui est des taux d’insertion dans l’emploi nous retrouvons des résultats que nous avons déjà mentionnés (voir Apprentissage : une légère progression du taux d’insertion), avec une légère amélioration malgré la situation économique difficile.

Dommage que ces chiffres mettent autant de temps à être formalisés, puisque nous les connaissons quand une nouvelle année scolaire complète s’est déroulée et que nous préparons la suivante.

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3 Responses to “Apprentissage : poursuite de la baisse au niveau V et de l’augmentation aux niveaux supérieurs”

  1. Hervé Boniface Says:

    La systématisation du Bac Pro en 3 ans, ces dernières années, a modifié la répartition des apprentis entre niveau V et niveau IV.

    En effet, les BEP passent de 45 600 en 2008-2009 à 1 763 (quasiment rien) en 2011-2012 (voir tableau: [1] Évolution des effectifs dans les centres de formation d’apprentis, p. 155 du RERS 2013).

  2. Michel Abhervé Says:

    A Hervé Boniface

    Votre remarque est tout à fait pertinente
    C’est pour cela que dans la dernière partie j’ai globalisé les niveaux IV et V

  3. Michel Abhervé » Blog Archive » Réactions au discours présidentiel sur l'apprentissage Says:

    […] de l’apprentissage au niveau V est masqué par sa progression aux niveaux supérieurs (voir Apprentissage : poursuite de la baisse au niveau V et de l’augmentation aux niveaux supérieurs). La concentration des moyens sur les premiers niveaux de qualification n’est pas une […]

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