Apprentissage : protégez le de ses thuriféraires

Ce qui est épuisant avec les défenseurs de l’apprentissage, c’est leur incapacité à adopter un point de vue qui ne soit pas hagiographique, et à montrer une capacité d’analyse lucide sur les forces et les faiblesses de ce mode de formation.

Pour illustration la tribune publiée dans Les Echos par André Marcon, président national des CCI : « Un apprenti en moins, c’est un chômeur en plus ». Affirmer que « 122.000 jeunes sortent sans qualification du système scolaire » mériterait d’avoir en contre point le nombre de jeunes qui chaque année rompent, en situation d’échec, leur contrat d’apprentissage.

Nous aurons prochainement l’occasion de revenir sur les réformes en cours du financement, qui méritent analyse et pour certaines, points critiques.

Mais qu’il est difficile de traiter ce sujet quand l’argumentation favorable vire au simplisme, et oublie qu’il ya dans les difficultés actuelles une part indéniable de responsabilité des employeurs qui n’ont pas toujours des pratiques éducatives en phase avec les discours, et ont une certaine propension à faire de l’embauche d’apprentis une variable d’ajustement aux difficultés conjoncturelles plus qu’un investissement dans la durée.

AJOUT

Un peu de réalisme fait du bien. On le trouve dans un article publié par Orientactuel, La Lettre de l’Orientation dans un article «  Alternance : et si ça se passe mal ? » qui commence ainsi « Environ 1 apprenti sur 5 en CAP et 1 apprenti sur 10 dans l’enseignement supérieur ne vont pas jusqu’au bout de leur contrat » et se poursuit par une approche des remèdes à apporter à cette situation.

Comment ne pas préférer une telle attitude, affrontant une réalité, plutôt que certaines attitudes pourtant largement répandues  fondées sur la négation de cette situation ?

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4 Responses to “Apprentissage : protégez le de ses thuriféraires”

  1. rbeaune Says:

    C’est très difficile de faire travailler tous les acteurs car chacun croit tenir à lui seul la solution.
    Mais dans des périodes de restrictions budgétaires, ne vaudrait-il pas mieux tendre vers une accompagnement proche de celui des emplois d’avenir plutôt que d’imaginer de nouveaux dispositifs pour récupérer les jeunes sortis sans qualification… Bref faire de la prévention… car il ne faut pas oublier pour que la majorité des jeunes c’est leur première expérience du monde du travail… alors autant qu’elle se passe au mieux…

  2. Morgan Marietti Says:

    On pourrait aussi vous reprocher à vous aussi d’avoir une analyse faussée de la situation ! A aucun moment vous parlez des problèmes de ruptures de contrat, des vraies raisons de rupture, mais surtout de l’incapacité des universités dont vous êtes membre à faire réellement de la qualité et de la pédagogie de l’alternance. Vous restez dans les généralités. Vous ne dites pas un seul moment que la baisse de signature de contrats est due principalement aux problèmes d’accompagnement des jeunes en entreprises par les formateurs donc l’explosion des ruptures de contrat. Vous voulez que les acteurs changent de discours ? Nous aussi, mais s’il vous plait évoluez vous aussi le votre !

  3. Michel Abhervé Says:

    A Morgan Marletti

    J’essiae de parler des ruptures de contrats, à l’encontre de ceux que j’appelle les « thuriféraires » qui les nient
    Quant à l’apprentissage à l’Université, il est loin d’être parfait, mais les taux de rupture sont inférieurs à ce qu’ils sont pour les formations inférieures au bac
    Et je ne pense pas que la baisse du nombre de contrats s’explique par l’explosion des ruptures qui demeurent à un taux élévé mais ne progressent pas

  4. Le Blog de Michel ABHERVE» Blog Archive » Ce ne sont pas les emplois d’avenir qui sont la cause de la baisse de l’apprentissage Says:

    […] comme tous les nombreux  thuriféraires que suscite l’apprentissage (voir Apprentissage : protégez le de ses thuriféraires) il n’hésite pas à reproduire les poncifs habituels, sans souci de leur réalité : le […]

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