Réactions aux articles de Jean Saavreda sur l’apprentissage dans l’enseignement supérieur

Jean Saavedra vient de publier dans Educpros une série d’articles sur l’apprentissage dans l’enseignement supérieur, fondés sur une longue expérience du secteur, en particulier à travers son travail pour développer l’apprentissage à l’ESSEC, faisant preuve d une ouverture d’esprit qui l’avait, entre autres, conduit à m’interviewer

Ces trois articles 25 ans d’évolution de l’apprentissage (1/3) : le rôle de l’enseignement supérieur , 25 ans d’évolution de l’apprentissage (2/3) : vers l’ère du soupçon et  25 ans d’évolution de l’apprentissage (3/3) : l’apprentissage au futur éclairent ne histoire cahotique et rejoignent un certain nombre de nos écrits où nous irritons du décalage entre les discours sur l’apprentissage et les réalités, de l’incapacité à avoir sur ce sujet un débat serain sur les avantages et les limites, et même à fonder les discours et politiques sur des chiffres pourtant connus (voir Démagogie de fin de campagne à propos de l’apprentissage)

Comment ne pas partager sa conclusion  mettant en évidence une réalité qu’on aurait tendance à oublier face aux mirifiques déclarations sur des objectifs tellementa ambitieux qu’ils n’ont aucun rapport avec la réalité « Après tant d’années d’existence, 1,6 % des étudiants sont en apprentissage. »

Pour partager avec Jean Saavedra l’objectif de développement de l’apprentissage de l’enseignement supérieur, j’ajouterai à son analyse une condition indispensable concernant les Universités : il est indispensable que les aspects financiers (re) deviennent seconds derrière les aspects pédagogiques, que la grille d’analyse privilégie  l’interêt de l’apprentissage pour les étudiants apprentis et non l’apport financier au fonctionnement de l’Université

Et je conforterai son combat pour ne pas donner « des pouvoirs magiques » à l’apprentissage, souhaitant que puisse s’engager un débat serein sur les vertus et les limites de l’apprentissage, sans que l’expression de la moindre  réserve sur un point vous voit qualifier d’ennemi, et que cesse la dictature des thuriféraires (voir Apprentissage : protégez le de ses thuriféraires) qui font de l’apprentissage la solution à toutes les difficultés : faire accéder tous les  jeunes à l’emploi, valoriser les métiers manuels, permettre aux jeunes de progresser du CAP au diplôme d’ingénieur, faciliter la création et la reprise d’entreprises, réduire à néant l’échec scolaire, répondre aux pénuries de main d’oeuvre, faciliter l’accès aux plus hauts diplômes des étudiants de milieux populaires…

Au plaisir de poursuivre le débat

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One Response to “Réactions aux articles de Jean Saavreda sur l’apprentissage dans l’enseignement supérieur”

  1. Pierre Dubois Says:

    Excellente synthèse… comme d’habitude. Je viens de lire (où ?) un article insistant sur l’impact négatif – de la nouvelle loi sur la formation professionnelle – sur l’apprentissage dans l’enseignement supérieur. La Région priviligierait l’apprentissage jusqu’au niuveau IV au dépens des formation Bac+2 et davantage. Pourrais-tu nous éclairer sur ce point ? Merci

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