L’apprentissage, une solution, pas la solution

En complément de l’interview qui a été sollicitée auprès de moi par France Info en tant que « spécialiste de l’apprentissage »  et doit passer sur les antennes ce week-end, en fonction de la charge de l’actualité, quelques précisions, en continuité de nos Réactions au discours présidentiel sur l’apprentissage

La campagne de promotion de l’apprentissage lancée par François Rebsamen ne se situe dans un calendrier utile pour la rentrée actuelle que  de façon marginale. Il arrive en effet bien tard quand la rentrée est faite, dans un dispositif très majoritairement construit selon le rythme de l’année scolaire, et pourra au mieux aider quelques jeunes en recherche, difficile, d’un contrat

Mais elle ne contribuera que bien peu à lever ce qui est actuellement le point de blocage au développement de l’apprentissage, l’insuffisance des postes proposés par les employeurs, qui suppose davantage de temps pour organiser dans l’entreprise le contenu des postes proposés, prévoir l’encadrement, organiser le recrutement …

La baisse du nombre de contrats, 8 % en 2013 s’est poursuivie à hauteur de 10 % pour les huit premiers mois de l’année 2014, et la valse-hésitation sur les primes, jointe au contexte économique atone, a, indéniablement une part de responsabilité dans ce recul, ce que le ministre a reconnu (voir François Rebsamen admet que la suppression de la prime à l’apprentissage était une erreur)

On peut en tous cas regretter que les mesures annoncées par le premier ministre en juillet n’aient pas été opératoires, puisque dépendant d’accords de branches pratiquement inexistants (voir Apprentissage : une prime de 1 000 euros au champ d’application limité),  et qu’il ait fallu attendre septembre pour que le tir soit retifié, probablement trop tard pour la rentrée 2014

Confirmons également  notre interrogation sur l’impact d’une politique globale de promotion d’un apprentissage qui se décompose en réalité en deux parties plus juxtaposées qu’articulées, une formation qu’on peut qualifier de façon un peu réductrice de « traditionnelle » dans des secteurs où l’implantation est ancienne, préparant des diplômes de niveau V et IV, en déclin et un secteur plus actuel préparant des diplômes de l’enseignement supérieur dans une nombre de métiers beaucoup plus diversifié.

Il s’agit pourtant bien de deux réalités très différentes, y compris pour ce qui concerne le profil dominant des jeunes qui s’y engagent, ce que beaucoup tentent de camoufler en mettant en avant quelques parcours de jeunes, dont le caractère exemplaire ne doit pas faire oublier qu’ils sont une heureuse exception

En conclusion nous confirmons que l’apprentissage est une solution, aux résultats en termes d’insertion professionnelle satisfaisants malgré la dégradation actuelle due au contexte économique, mais que ceux qui lui causent le plus grand tort sont ceux qui le présentent comme la solution universelle, à même de former tous les jeunes et d’assurer à chacun d’entre eux une insertion professionnelle de qualité dans le monde du travail

Il ne peut pas être adapté à tous les jeunes, qui sont par nature, et c’est haureux divers, et il se montre d’ailleurs, aujourd’hui, assez sélectif, au détriment des jeunes les plus éloignés de l’emploi qui ont d’importantes difficultés à accéder à l’apprentissage, pour qui il est indispensable de prévoir d’autres formules d’approche de la vie professionnelle, comme le sont les emplois d’avenir

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One Response to “L’apprentissage, une solution, pas la solution”

  1. Anne-Elise Plink Says:

    L’apprentissage c’est la voie que nous avons choisi pour mon garçon qui est en difficulté scolaire. En classe de 4ème il part l’an prochain en bac pro paysagiste.

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