Pour le meilleur et (parfois) pour le pire : l’éducation

Les terribles évènements de la rentrée m’ont rappelé de bien mauvais souvenirs. Ceux d’une adolescence passée dans l’Algérie ensanglantée par le terrorisme islamiste qui frappait les esprits, tétanisant les foules.

La situation en Europe et dans le monde n’est pas si différente de ce qu’elle fut en Algérie. Le terrorisme est « le pire de l’Homme ». L’on peut espérer la prison, la peine de mort, l’expulsion ou je ne sais quoi d’autre pour soulager une pulsion et répondre à une émotion, l’effroi, par d’autres émotions qui suscitent la violence. Mais heureusement ou malheureusement, pour sortir de ce type de marasme, seule l’éducation est efficace.

Dans le passé, je me suis souvent trouvé seul dans mes disputes avec les partisans des solutions radicales; pour ceux-là, « il faudrait -toujours- que ça pète une bonne fois pour toutes ». Ils souhaitent, bravaches, la guerre ou la révolution oubliant ce que sont les ravages consécutifs. Je me suis souvent trouvé seul, aussi, dans mes autres disputes avec les angélistes pour lesquels le mal n’existe pas, tout comme n’existent pas les traditions, les cultures, les habitudes etc. Tout ne serait qu’affaire de niveaux de vie, de revenus et les manifestations d’une religiosité inquiétante seraient un symptôme de plus qui ne devrait pas inquiéter outre mesure. Aucun problème avec l’Islam en France selon eux : « Circulez, y a rien à avoir! », comme dirait l’autre…

Je caricature, bien sûr! Néanmoins, je suis convaincu que l’échec qui aboutit à la barbarie commise par ces enfants de France est celui des mauvais diagnostics évoqués ci-dessus. Je suis également convaincu que l’éducation de ces jeunes, tentés par la radicalité et mus par la haine de leur pays, n’est pas n’importe quelle éducation ; trêve d’improvisation!

Le manque de culture politique et civique dans les pays arabes m’a toujours frappé. Des personnes remarquables dans leur façon d’appréhender la vie à leur niveau individuel ou familial peuvent tenir des discours sidérants dès qu’il s’agit d’analyses plus larges. Le rapport aux règles, aux lois et à la vie en communauté est très lâche: « Faites comme je dis mais pas comme je fais ». Aussi, le vote qui traduit le choix d’options pour la cité, le respect des règles décidées par une majorité, l’adaptation aux codes de pays dans lesquels on décide de s’établir, la laïcité qui est la garantie que chaque foi puisse s’exprimer sans empiéter sur la liberté d’autrui (toute la liberté d’autrui), la séparation des pouvoirs etc. représentent des défis pour le nouvel arrivant. Ce fonctionnement de la société d’accueil ne va pas de soi, loin s’en faut et il faut repenser l’école pour transmettre ces valeurs ; il est insupportable d’entendre autant d’arabes-musulmans affirmer que « les français ne nous aiment pas » lorsqu’ils sont eux-mêmes français, nés sur le sol Hexagonal. Cette « schizophrénie » est une des grandes affaires de l’école de la République qui doit fabriquer des citoyens français, pleinement français.

Dans cet abime de perplexité, une lueur d’espoir : nous devons réussir, il n’y a pas le choix.

 

This entry was posted on Mardi, janvier 20th, 2015 at 20 h 05 min and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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