6 objectifs pédagogiques atteints grâce au travail en petit groupe

Beaucoup d’enseignants (du moniteur au Professeur en passant par les PRAG) m’ont dit que le type d’enseignement qu’ils préféraient était les séances de travaux pratiques (TP) car la proximité avec les étudiants y est accrue. Il me semble dommage d’attendre les séances de TP pour mettre en place cette proximité. En effet, il est tout à fait possible d’organiser les séances de TD de la même manière. Je n’ai rien inventé en l’espèce et le travail en petit groupe est largement documenté. Cela dit encore trop peu d’enseignants ont l’idée de le mettre en place. De plus, il faut avoir une idée claire des objectifs que l’on souhaite atteindre pour que le travail en groupe soit efficace. Voici quelques objectifs possibles et des moyens de les atteindre grâce au travail en petit groupe :

1.  Comprendre le RAISONNEMENT des étudiants

Dû à la grande diversité des profils d’apprenants, il est nécessaire pour l’enseignant de pouvoir comprendre comment les étudiants raisonnent de manière à les guider en suivant leur cheminement ou à corriger leur mauvaise interprétation du cours. Le travail en petit groupe en TD est idéal pour cela. Il se détache souvent assez clairement des constructions logiques différentes en fonction du groupe. De plus, l’enseignant à l’occasion d’interroger tous les étudiants : le plus timide, le plus détaché comme le plus impliqué.

2.  Favoriser l’ENSEIGNEMENT PAR LES PAIRS

Depuis les travaux d’Eric Mazur, il est connu que les étudiants ont souvent plus de facilité à comprendre lorsque les points difficiles sont expliqués par l’un des leurs : même vocabulaire, mêmes obstacles conceptuels, etc. Demander aux étudiants de résoudre les exercices de TD par groupe de 3 ou 4 (pas moins ni plus !) est idéal pour mettre cette idée en œuvre.

3.  Développer l’ESPRIT CRITIQUE

Les étudiants en sciences expérimentales ont tendance à toujours avoir recours à l’enseignant pour savoir « si c’est juste ». Ne pas répondre à ce genre de question en renvoyant l’étudiant vers ses camarades permet d’engendrer des débats sur la compréhension du cours ou du processus de résolution. Le rôle de l’enseignant est alors de montrer en quoi les arguments des uns ou des autres sont pertinents pour l’évaluation de la question de l’étudiant

4.  Acquérir des METHODES DE TRAVAIL

L’une des critiques les plus fréquentes du travail en petit groupe est que les étudiants abordent moins d’exercices que lors d’une séance de TD classique. Pour parer à cet inconvénient je demande toujours à mes étudiants de préparer leur TD avant d’entrer dans la salle ceux qui ne le font pas étant pénalisés. En faisant cela je me suis rapidement aperçue que rares sont les étudiants qui savent ce que signifie « préparer ». La plupart pensent qu’il faut avoir résolu les exercices… Je leur demande donc désormais

  1. de repérer les points du cours auxquels se réfère l’exercice
  2. de rédiger les questions qu’ils se posent en abordant l’exercice
  3. d’exprimer ce qui les bloque

A leur arrivée en TD, les premières personnes à qui ils posent ces questions sont les membres de leur groupe. Ils apprennent ainsi à formaliser leur difficulter, poser des questions et à travailler en groupe.

Un autre point est que je ne réponds pas à toutes les questions que les étudiants de me posent. Je leur demande dans l’ordre : de chercher dans leur cours, de demander à leurs camarades du groupe voire de groupes voisins et également de chercher sur internet via leur téléphone portable. Dans la plupart des cas, je n’ai pas besoin de répondre moi-même aux questions.

5.  Renforcer la CONFIANCE EN SOI

Le fait de refuser de répondre aux questions tout en incitant au débat permet de développer l’assurance en soit dont nos étudiants manquent cruellement. Au terme de l’exercice, ils doivent être capable, grâce à une série d’arguments, de dire si leur résultat est juste ou faux.

Je ne corrige jamais les exercices au tableau. Je demande à l’un des petits groupes de faire le corrigé qui est ensuite distribué aux autres étudiants  après que je l’ai vérifié.

Depuis que j’applique cette méthode, les résultats que les étudiants obtiennent en examen sont souvent accompagnés de critiques (« ce résultat est faux de toutes évidence car il ne correspond pas au graph mais je manque de temps pour chercher mon erreur »).

6.  Susciter la MOTIVATION

Lorsque les étudiants sont acteurs de leur apprentissage, qu’ils réussissent par eux même la motivation devient évidente… même si le chemin est souvent éprouvant ! Lorsqu’un étudiant à suer sur un problème mais à finit par y arriver seul il faut lui faire remarquer le chemin parcouru pour qu’il n’ait plus peur de l’emprunter.

Pour augmenter cet effet, j’aime introduire un peu de jeu dans la séance de TD.  Par exemple, mes énoncés de TD débutent toujours par une série de questions de cours dont les réponses sont explicitement données dans le poly. Il est possible de traiter ces questions par le jeu : chaque groupe devient une équipe qui doit se choisir un animal comme mascotte. L’équipe qui faite le cri de l’animal en premier gagne le droit de répondre. L’équipe gagnante est celle qui a le plus de bonnes réponses. Cette formule permet d’avoir l’attention et l’implication de 100% des élèves présents dans la classe et marche à tous les coups !

 

 


Parmi les critiques qui apparaissent souvent est que le travail en petit groupe est bruyant.  Dans un TD classique, les étudiants sont censés être silencieux alors que l’enseignant explique. Dans les faits, une bonne partie de la séance est passée à demander le calme… Le travail en petit groupe permet de remplacer ce bruit de fond tous azimuts par des discussions sur le sujet du TD, le bruit n’est alors plus un problème.

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