Transformer l'école dans un monde digital

Réflexions sur la transformation de l'enseignement supérieur et de son écosystème dans un monde globalisé, digital, et toujours plus complexe

Derniers billets

En finir avec les tests stupides !

Je lisais ce matin un article sur « Comment obtenir un GMAT de plus de 750 ? ». En parcourant le texte, j’éprouvais un sentiment de soulagement à l’idée que je n’aurai sans doute jamais plus à passer ce genre d’épreuve. De me dire que mon intelligence, mes compétences intellectuelles, ou ma capacité à réussir dans la vie seraient résumées à un score sur 800, quelque soit le sujet, a quelque chose de choquant et d’humiliant. Ce n’est qu’au bout de quelques minutes de réflexion que je me suis rendu compte que ce test que je ne voudrais pas qu’on m’applique, je l’utilisais régulièrement pour évaluer des candidats, que ce soit pour notre programme doctoral ou dans les masters… Et à la réflexion, c’est l’idée même de test portant uniquement sur des questions fermées sur laquelle on pourrait s’interroger. Car enfin, dans un monde où n’importe quelle information est à portée de quelques clics, où l’intelligence artificielle commence à concurrencer l’intelligence humaine sur quasiment tous les « problèmes fermés » (du jeu de go aux échecs, en s’étendant dorénavant à la résolution de problème standards grâce aux chatbots par exemple), à quoi sert d’évaluer les compétences d’un être humain à répondre à des questions qu’un… Savoir plus >

Une stratégie de blockbuster pour les MOOCs ?

De plus en plus d’institutions d’enseignement supérieur conçoivent, produisent, et diffusent dorénavant des MOOCs. Des formations en ligne, visant le plus grand nombre, et ouvertes à tous. Ils convient donc de se poser la question de la stratégie de production qu’il faut adopter dans un monde où toutes les universités et écoles du monde, s’adressent à la planète entière… Le numérique : un monde où seulement quelques institutions seront audibles Du coté de l’étudiant, il lui est possible d’avoir accès à toutes les productions disponibles sur la toile : qu’il soit à Paris, en province ou outre-mer, la contrainte de distance n’en est plus une. Tous les contenus lui sont accessibles n’importe où et n’importe quand. Et pour peu qu’il parle la langue de Shakespeare, c’est la plupart des productions mondiales qui s’offrent à lui. Du coté de l’institution académique, le numérique est le lieu du « coût marginal zéro » ; c’est-à-dire que donner accès à un contenu à des centaines de personnes, ou à des milliers, ne présente qu’une différence négligeable en terme de coût. L’audience historiquement réduite des universités ou des écoles ne l’est plus : elles peuvent s’adresser à la planète entière. Si on cherche à apprendre un… Savoir plus >

Transformation digitale : accompagner les usages en les intégrant progressivement aux systèmes d’information

Concrètement, comment mettre en place une transformation digitale dont le centre est l’étudiant ? Et d’une manière plus générale, comment mettre en place une transformation digitale au service des usages et des utilisateurs plus qu’au service d’un « coup de com’ » qui viserait à utiliser la dernière technologie à la mode comme prétexte plutôt que quelque chose de vraiment utile ? Et enfin, comment adapter les systèmes d’information traditionnels à cette nouvelle réalité ? Tout d’abord, il faut comprendre que la transformation digitale d’une institution de l’enseignement supérieur ne peut pas s’appuyer uniquement sur ses ressources internes. Une grande école ou une université n’ont a priori pas au sein de leur organisation au sens stricte les codeurs, designers, ou ingénieurs nécessaires à la conception, la production et au déploiement d’outils informatiques originaux et à la hauteur des standards du 21ème siècle. Développer un logiciel ou une app « from scratch » est un métier à part entière qui est dorénavant complètement professionnalisé et qui donc est soumis à la même règle que tous les autres secteurs économiques : il vaut mieux se concentrer sur son coeur de métier et se faire aider par des spécialistes quand des compétences spécifiques sont requises. Par contre,… Savoir plus >

La révolution digitale de l’enseignement supérieur : un retour aux sources

Le digital facilite donc les échanges entre individus et donne un accès plus rapide à différents types de ressource. En particulier, il désintermédie ce qui ne doit plus nécessairement être transmis par un passeur. Pour ce qui concerne l’enseignement supérieur, les étudiants n’ont donc par exemple plus nécessairement besoin qu’un professeur leur lise un cours en présentiel si celui-ci est disponible n’importe où, n’importe quand, et depuis leur téléphone portable ou leur ordinateur. Surtout si ce cours est présenté sur Coursera ou EdX par les plus grands experts de la planète, qui sont parfois ceux qui ont énoncé initialement les théories présentées… En conséquence, les grands amphis pour « le contenu descendant » vont avoir de moins en moins d’utilité s’ils ne donnent pas à voir des « autorités intellectuelles » renommées. Dans l’école plateforme, la salle de classe sera plus petite, et sera surtout le lieu de la présentation de clés sur un sujet, de l’apprentissage par la pratique, et de l’interaction. L’une de ses conséquences de cette révolution digitale est que le rôle du professeur change : il devient coach, autorité intellectuelle, ou chef de service. Mais est-ce qu’il s’agit là de quelque chose de vraiment nouveau ?  Parce que de quoi parle-t-on réellement ?… Savoir plus >

L’Ecole Plateforme : l’usage pour l’individu avant la technologie pour l’organisation

Maintenant que nous avons réglé la question du « Pourquoi ? » (l’école centrée sur l’étudiant et son avenir) et en partie la question du « Quoi ? » (l’expérience apprenante clinique), nous pouvons nous consacrer à la question du « Comment ? » et donc du digital. Car si ce blog s’intitule « Transformer l’Ecole dans un Monde Digital », c’est bien car le digital est un moyen – éventuellement un élément de contexte – mais jamais une fin en soi. Disons-le tout net, les initiatives ou projets qui visent à utiliser une technologie plutôt qu’à résoudre un problème existant, sont voués à l’échec. « Il nous faut un réseau social d’entreprise », « Comment utiliser au mieux le Big Data ? », « Nous allons lancer un projet de X » (remplacer X par la dernière technologie à la mode), sont autant de départs qui mèneront à une perte de temps et d’énergie ; tels autant de marteaux cherchant désespérément un clou… Nous avons donc notre objectif : servir de rampe de lancement pour la carrière des étudiants, leur mettre le pied à l’étrier, et faciliter une expérience apprenante clinique articulant expertise académique et relations avec des entreprises. Dans ce contexte, le digital est l’outil idéal. La technologie pour lever les frictions… Savoir plus >

Le professeur : coach, autorité intellectuelle, ou chef d’orchestre ?

Quel est donc le rôle qu’un professeur peut avoir dans une école de commerce centrée sur l’étudiant et dans un monde où les TEDs, Coursera et classes virtuelles permettent aux plus grands experts internationaux d’être suivis, écoutés où vus par n’importe qui et de n’importe où ? Il faut tout d’abord toute une série d’experts accompagnant l’expérience apprenante clinique. Ces experts sont là avant tout pour orienter, encourager, et cadrer les étudiants. Ils ont donc un rôle de coach. A la manière du CHU, ceux qui encadrent les étudiants-internes pourraient être des professeurs proches de la pratique : Professeurs Affiliés ou Clinical Professor comme ils sont très justement nommés outre-Atlantique. Ces experts présenteront le « gros des troupes » de l’expérience apprenante puisqu’ils doivent pouvoir proposer un accompagnement proche – et donc en groupe de taille aussi réduite que possible – et fréquent.  Comme nous le verrons par la suite, une plateforme de gestion de ces activités et de ces experts pourrait être mise en place pour coordonner et animer ces expériences apprenantes. Les jeunes Professeurs-Chercheurs (Professeurs Assistants) pourront aussi se former en participant à l’encadrement de ce dispositif puisque l’enseignement – comme le management ou la médecine – est une discipline… Savoir plus >

La semaine type de « l’expérience apprenante » en école de commerce inspirée du CHU

Afin de s’assurer que son action va dans le sens de l’avenir de l’étudiant, quelle est donc l’expérience apprenante qui serait proposée en école de commerce et qui prendrait exemple des réussites de l’hôpital universitaire tout en l’adaptant à son contexte ? Le lundi matin, une nouvelle problématique est présentée. Il s’agit d’un cas réel et idéalement conçu et présenté en partenariat avec une entreprise ou une organisation. Dans un premier temps, des cas simples pourraient être axés sur une discipline précise : lancer un produit spécifique d’un fabriquant de produits de beauté (marketing), émettre une recommandation sur une acquisition potentielle qui fait la une de la presse (stratégie ou finance), gérer une ré-organisation d’une entreprise en difficulté (management), faire une cloture comptable d’une PME de la région, etc. A chaque fois, il s’agit de cas réels, et donc pertinents dans la perspective des étudiants. Et si les projets doivent être simples au début, ils pourraient être plus avancés et transverses par la suite. Une fois que les étudiants se seraient fait la main sur la méthode et auraient acquis les bases des différentes disciplines, on pourrait alors s’attaquer à des problématiques plus complexes : la création de nouveaux services,… Savoir plus >

Une Grande Ecole centrée sur l’étudiant, c’est une école centrée sur son avenir !

Notre objectif est donc de concevoir une école « centrée sur l’étudiant », qui donne des clés, permet d’être exposé à des cas pratique et des praticiens, d’être un lieu d’échange et de travail en groupe, et qui sert de rampe de lancement à une carrière. Tout ceci s’inscrivant dans un cadre rigoureux, à la pointe de l’innovation, et fondé sur une méthode scientifique, puisque nous devons bien nous assurer que nous restons dans une démarche qui soit celle de l’excellence. L’approche est alors évidente : il faut faire travailler les étudiants, dans une situation « aussi proche de leur futur que possible », mais qui soit encadrée par des experts, une équipe académique, et qui leur permette d’être exposés à ceux qui seront bientôt leurs patrons, leurs clients ou, d’une manière plus générale, leur audience future. C’est donc une approche basée sur le projet, une sorte de « bac à sable », mais avec un principe qui change tout : la raison d’être, c’est de servir de rampe de lancement ; le processus, c’est le projet combinant encadrement professionel et académique ; le moyen d’arriver à un résultat excellent, c’est éventuellement le cours, mais aussi un accompagnement régulier et un processus itératif. L’objectif du projet… Savoir plus >

Le pourquoi de la Grande Ecole ? Pas les cours, mais une rampe de lancement

La question n’est donc pas de savoir ce que l’école peut apporter à l’étudiant, mais ce qu’un jeune adulte – avec le bac, ou à la sortie d’une classe préparatoire – recherche. Avant de se poser la question du « comment ? » – et c’est à ce niveau que la question du digital doit se poser, – ou même la question du « quoi ? » – ce qui sera l’objet de l’interaction entre l’école et l’étudiant, – il convient de se poser la question du « pourquoi ? » Et dans cette perspective, un étudiant est avant tout un jeune adulte qui cherche à faire ses premiers pas après le bac ou la classe préparatoire… A l’ESSEC, nous avons la chance d’avoir des étudiants excellents, très intelligents, travailleurs, et sachant apprendre très rapidement n’importe quel type de sujet. A ce stade de leur vie, ces étudiants ne sont pas là pour des cours, qui ne sont qu’un moyen d’atteindre un but. Les cours, c’est éventuellement le comment, mais certainement pas le pourquoi. Ils ne sont pas là non plus pour obtenir un diplôme, précieux sésame qui leur permettra sans doute d’avoir rapidement un emploi. S’ils ont décidé de faire une Grande Ecole, c’est parce… Savoir plus >

Une école dont l’étudiant est le centre ? Non ! Ou pas vraiment…

En matière de transformation digitale, il est de bon ton de parler de Customer Centricity. La Customer Centricity, c’est le concept selon lequel le client doit être au centre des préoccupations d’une entreprise… Or, ce concept est souvent mal compris en pratique. Ceux qui cherchent à mieux servir leurs clients pensent trop souvent qu’il s’agit d’arriver à placer ceux-ci au centre de leurs processus. Comme s’il convenait d’attirer le  client au coeur d’une toile, de le piéger, afin de mieux le servir… C’est au contraire une dynamique complètement inverse qu’il faut essayer de mettre en oeuvre : dans un monde où le client est toujours plus autonome, il s’agit bien d’arriver à construire un service qui lui convient, et donc d’aller à sa rencontre. Là où il se trouve. Ce n’est pas au client à se déplacer ; c’est à l’activité de s’adapter, et de fournir un service là où le client se trouve : chez lui, en mobilité, à son travail… La révolution digitale est une révolution copernicienne : l’entreprise n’est plus le coeur de l’activité économique, puisque c’est bien l’utilisateur qui est le nouveau coeur des préoccupations. Les entreprises doivent s’adapter dans un monde où les utilisateurs se prennent… Savoir plus >