Transformer l'école dans un monde digital

Une Grande Ecole centrée sur l’étudiant, c’est une école centrée sur son avenir !


Notre objectif est donc de concevoir une école « centrée sur l’étudiant », qui donne des clés, permet d’être exposé à des cas pratique et des praticiens, d’être un lieu d’échange et de travail en groupe, et qui sert de rampe de lancement à une carrière. Tout ceci s’inscrivant dans un cadre rigoureux, à la pointe de l’innovation, et fondé sur une méthode scientifique, puisque nous devons bien nous assurer que nous restons dans une démarche qui soit celle de l’excellence.

L’approche est alors évidente : il faut faire travailler les étudiants, dans une situation « aussi proche de leur futur que possible », mais qui soit encadrée par des experts, une équipe académique, et qui leur permette d’être exposés à ceux qui seront bientôt leurs patrons, leurs clients ou, d’une manière plus générale, leur audience future. C’est donc une approche basée sur le projet, une sorte de « bac à sable », mais avec un principe qui change tout : la raison d’être, c’est de servir de rampe de lancement ; le processus, c’est le projet combinant encadrement professionel et académique ; le moyen d’arriver à un résultat excellent, c’est éventuellement le cours, mais aussi un accompagnement régulier et un processus itératif. L’objectif du projet précède le contenu et pas l’inverse. Ce n’est pas le projet qui sert à s’assurer que la connaissance est acquise ; c’est la connaissance qui devient un moyen d’arriver à son objectif.

Dans un tel dispositif, on pourrait concevoir une articulation progressive de projets « de base », servant à poser les fondamentaux nécessaires à la suite, vers un élargissement de plus en plus important à des projets proches du réel, donc transverses, et provenant de cas pratiques. Les premiers s’apparantant à « la méthode des cas », bien connue des écoles de commerce, et ces derniers étant des projets provenant d’entreprises, comme certains programmes le font de plus en plus souvent. 

Au delà des principes, ce qui changerait aussi, c’est la systématisation du cas pratique comme coeur de la dynamique académique et l’intégration avec toutes les activités de l’étudiant. Il y a évidemment les stages et l’apprentissage, mais ceux-ci restent trop souvent en pratique décorrélés des cours. Certains cours utilisent la méthode des cas, mais ce n’est pas systématique, et ceux-ci sont malheureusement trop souvent plutôt utilisés comme « illustration » que comme raison d’être…

Ce dispositif serait avantageux pour toutes les parties prenantes. Les étudiants y trouveraient de l’interêt puisqu’ils auraient la garantie de la pertinence des problèmes posés (parce que réels.) Ils auraient aussi un intérêt à exceller puisqu’ils pourraient ainsi se positionner rapidement sur ce qui pourrait être leur premier contexte professionnel. Les entreprises ou organisations acceptant de contribuer à la démarche pédagogique y auraient un intérêt double : à la fois trouver de nouvelles pistes aux problèmes qu’elles rencontrent, mais aussi avoir un accès direct à un potentiel recrutement futur. Les équipes académiques seraient « nourries » en cas pratiques et pourrait accèder plus facilement à des praticiens de la discipline enseignée. L’école enfin assurerait ainsi pleinement son rôle de « passeur » entre des jeunes adultes en développement et le monde professionel.

Un modèle similaire existe : c’est celui de l’hôpital universitaire. Dans un hôpital universitaire, les internes apprennent par la pratique, et c’est toute l’organisation qui est au service de la santé du malade, de la formation des médecins de demain, et d’une manière plus générale du développement de la discipline. L’encadrement veille à s’assurer du respect des meilleures méthodes et la recherche est fondée sur les résultats obtenus lors des expérimentations de terrain. 

Mutatis mutandis, une école de commerce pourrait s’inspirer de ce modèle, car à l’instar de la médecine, la gestion est une discipline qui s’appuie sur des sciences, mais qui est fondamentalement une question de pratique, et qui doit prendre en compte des facteurs complexes car humains ou sociétaux. C’est d’ailleurs une approche qui est similaire à celle que nous pouvons observer dans d’autres pays et qui a pu renforcer l’inscription des institutions académiques dans le tissu économique et social.

Les prochains posts seront donc dédiés à la question des conséquences pratiques d’une telle approche, à la fois pour la gestion de la formation, l’organisation de l’école, et les développements qui auraient alors lieu au sein de tout l’écosystème.

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Commentaires (4)

  1. Fedon

    Bravo pour la référence aux CHU.
    Pour ne pas être dépassé par la « révolution » pédagogique qu’imposent certaines technologies à évolution rapide (numérique, neurosciences, …) c’est effectivement un modèle prometteur pour les organismes de formation avec:
    – un système qui reconnait comme produit la personne (malade versus apprenant) et non le processus de travail (en France, dans les référentiels d’accréditation ou de qualité, c’est le processus de formation lui-même qui est considéré comme étant le produit et non pas l’apprenant … ce qui doit être un cas unique au monde)
    – un système qui mène des études et recherche pour améliorer en permanence sa manière de travailler (recherches médicales versus recherches pédagogiques)

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    1. Nicolas Glady (Auteur de l'article)

      Merci Alain pour votre commentaire. Je suis bien d’accord avec vous. C’est d’ailleurs le sens du développement de ma réflexion.

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