Ma soutenance de thèse … cette initiation au métier d’enseignant

La transition s’est déroulée dans le cadre solennel de la Salle des conseils de l’université de Panthéon-Assas, alias Paris II. J’y suis entré comme journaliste. J’en suis sorti comme professeur de l’enseignement supérieur. Entre-temps, j’ai soutenu ma thèse, fruit d’un dur labeur d’une demi-douzaine d’années, sur l’appropriation de l’information par les dirigeants de grandes entreprises. Comme si, cette soutenance n’était pas simplement la sanction d’un travail, mais également un espèce d’adoubement.

C’est un moment étrange que celui de cette soutenance. Qui dit qu’elle n’est qu’une formalité, tant pour l’impétrant que pour le jury ? Pour le premier, des journées de bibliothèque, des entretiens avec des grands patrons, un « terrain » prestigieux, une réflexion perpétuelle, six mois de rédaction d’un document de 400 pages, le tout sous la férule amusée et empathique de mon directeur de thèse, le professeur Frank Bournois.

Pour les seconds, surtout pour les rapporteurs, Franck Brillet, maître de conférences à l’IAE de Tours et Ludovic François, professeur affiliés à HEC, la thèse à lire et à rédiger leurs rapports, deux documents extrêmement détaillés, deux documents démontant avec la précision d’un horloger mon travail, mettant à jour les imperfections, les impasses, les erreurs, et aussi également quelques qualités.

Et ce fameux 6 juillet 2011, je me suis retrouvé tout petit, face a une estrade gigantesque où siégeait le jury, qui pour l’occasion, avait revêtu une toge, la toge rouge, couverte de décoration pour certains, un jury, présidé par Mme le professeur Véronique Chanut, composé, en plus des rapporteurs et du directeur de thèse, par le professeur émérite Jacques Rojot et Christian fleuret, PDG d’un fonds d’investissement, en plus des deux rapporteurs et de mon directeur de thèse. J’en tremblais. Suivi une volée de questions, toutes plus pertinentes et pernicieuse, c’est-à-dire dangereuse, diabolique. Dans mon dos, je sentais le souffle inquiet de mes invités.

Ce moment est une initiation qui suit des rites immémoriaux. Il est une épreuve au cours de laquelle le voussoiment est obligatoire. Et puis, après la délibération du jury, le tutoiement devient facile. On m’a dit : « ça y est, tu fais parti de la confrérie ! ». La soutenance est cette onction des pairs. Je me suis senti prof avant même que mon contrat ne soit signé.

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This entry was posted on Mardi, novembre 29th, 2011 at 21:56 and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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