Rapprochement écoles d’ingénieurs-universités : trois avantages à préserver

La question de la  « lisibilité » de l’enseignement supérieur français, notamment dans le contexte international, mérite certainement d’être posée.  Là où des insuffisances apparaissent, où des besoins se font sentir,  il est utile de définir de nouvelles politiques et des incitations appropriées pour favoriser la performance et la compétitivité de l’enseignement supérieur et de la recherche dans son ensemble.

Depuis quelques années, la France a engagé une réflexion de fond sur ce sujet, que plusieurs réformes et initiatives de grande ampleur portant sur les moyens et la gouvernance des institutions universitaires au sens large sont venues étayer. Dans ce contexte, les grandes écoles suscitent une certaine gêne en raison d’un paradoxe : d’un côté, elles semblent échapper aux critères de visibilité mis en avant dans ce débat, de l’autre elles représentent un élément incontestable de performance et d’excellence dans le panorama de l’enseignement supérieur et de la recherche français.

La définition de la place qu’elles sont appelées à prendre dans un système universitaire profondément réformé et du rôle qu’elles y joueront n’est donc pas simple. Mais, tandis que la reconquête, par la France, de sa stratégie universitaire se poursuit tambour battant, et les débats actuels autour de la question du Grand Emprunt le montrent à l’évidence, ce nœud gordien semble plus que jamais devoir être tranché.

Tel la « solution d’Alexandre », des scénarios tranchants sont donc mis sur la table. Ils ne sont pas toujours dénués d’arrière-pensées car, qu’on le veuille ou non, le système français « dual » (ou perçu comme tel) continue d’engendrer des réflexes crispés et alimente des idéologies résiduelles de part et d’autre d’une frontière entre universités et écoles pourtant désormais largement perméable. Mais l’essentiel des propositions d’évolution mises en avant le sont de bonne foi et il convient de les étudier sérieusement et sans tabous.

Inévitablement, la question du rapprochement entre écoles d’ingénieurs et universités réapparaît de manière systématique dans les esquisses préfigurant les mutations de l’enseignement supérieur. Ce rapprochement est d’ores et déjà une réalité. Mais il est de plus en plus jugé comme insuffisant. On parle désormais d’intégration dans les grands ensembles universitaires à vocation mondiale en cours de constitution et on évoque même parfois la transformation de ces écoles d’ingénieurs en départements universitaires.

Il ne s’agit pas ici d’aborder ces propositions sous un angle polémique facile, mais stérile s’agissant d’un sujet vaste, la performance de l’enseignement supérieur, qui engage l’avenir du pays et, en premier lieu, de ses classes les plus jeunes. Cependant, en raison même de l’importance du sujet, il convient d’être particulièrement vigilant sur les éventuelles conséquences négatives d’évolutions radicales qui viseraient à aligner les différents éléments de la sphère universitaire française sur un « droit commun » international. Il ne faudrait pas que le prix de cet alignement soit la renonciation à certaines particularités de notre système qui, loin d’être des anomalies, sont incontestablement des éléments de différentiation internationale et donc, de compétitivité.

Or, le risque de déperdition qualitative de l’enseignement supérieur et de la recherche français est réel si les évolutions à venir ne veillent pas à préserver trois éléments essentiels.

A suivre…

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Article du on jeudi, décembre 23rd, 2010 at 16:00 dans la rubrique Enseignement supérieur. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

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