CPGE. Une efficacité limitée

La classe préparatoire aux grandes écoles est a priori « LA » filière d’excellence parce elle est « LA » filière  sélective : elle opère en effet une triple sélection, une sélection scolaire (elle recrute les meilleurs bacheliers), sociale (elle recrute peu de bacheliers issus des classes populaires), géographique (26% des lycées avec CPGE sont localisés à Paris ou en Ile-de-France) : lire la première chronique de ce blog sur les CPGE.

.

Cette deuxième chronique analyse l’efficacité des CPGE (efficacité = rapport entre les objectifs et les résultats). Une 3ème chronique analysera l’efficience des CPGE (efficience = rapport entre les ressources consommées et les résultats). Atteignent-elles l’objectif indiqué par leur dénomination ? Tous les bacheliers entrés dans ces classes accèdent-ils aux grandes écoles ? La réponse est : non. Sont-elles efficientes dans l’utilisation des moyens humains, financiers et matériels qui leur sont affectés et qui sont fort importants ? La réponse sera également : non (chronique à venir). L’efficience et l’efficacité des CPGE ne permettent pas de dire qu’elles constituent « LA » filière d’excellence. Les CPGE ont aujourd’hui trop de points faibles.

.

Il faut évidemment le démontrer par des données quantitatives et qualitatives. Certains chiffres sont disponibles ; beaucoup ne le sont pas : la statistique publique doit encore faire beaucoup de progrès ! Et tout d’abord l’analyse de l’efficacité des CPGE : que deviennent les bacheliers entrés dans les classes préparatoires aux grandes écoles un, deux ou trois ans après leur entrée ? Combien abandonnent ? Combien se réorientent et quand ? Combien poursuivent dans une grande école ? Dans une école de « premier rang » ? Dans l’université ? Combien deviennent docteurs ? Des évolutions sont-elles observées ? Des différences existent-elles entre les différents types de prépas ? Lire la suite 

Tags: , ,

Article du on Samedi, janvier 23rd, 2010 at 19:04 dans la rubrique A. Débattre. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

3 commentaires “CPGE. Une efficacité limitée”

  1. Jean-Pierre Nioche dit:

    La question de l’efficacité des CPGE est insuffisamment documentée. Donc j’approuve votre questionnement. Mais j’ai les plus grandes réserves quant à la méthode.
    Vous proposez de juger de l’efficacité des CPGE en répondant à la question suivante : « Atteignent-elles l’objectif indiqué par leur dénomination ? Tous les bacheliers entrés dans ces classes accèdent-ils aux grandes écoles ? La réponse est : non. »
    Mais d’où tirez-vous cet objectif ? Qui a jamais dit que les classes préparatoires, prises globalement, avaient comme objectif de faire entrer « TOUS » leurs élèves dans des GE ? Diriez-vous que l’objectif de la première année de médecine est de faire admettre au concours tous les candidats ? Diriez-vous que tous les étudiants des prep ENA doivent être admis à l’ENA pour qu’on puisse qualifier ces prépas d’efficace ? Les CPGE sont un chaînon dans un processus dont l’objectif même est de sélectionner, donc il n’est pas surprenant, en soi, que tous les élèves ne soient pas admis. Votre formulation de l’objectif a-t-elle une origine institutionnelle ( une loi, un règlement, une politique officielle) ? Ou a-t-elle un fondement théorique, en économie, par exemple ? Vous le présentez comme une évidence, alors qu’il ne l’est pas. Et vous ne le justifiez pas. Dans ces conditions, on peut démontrer ce que l’on veut.
    Excusez-moi de rappeler à un sociologue qu’il convient de distinguer l’efficacité des unités de bases et celle du collectif. Il me semble que vous avez simplement transposé au niveau collectif la mesure de l’efficacité appliquée aux CPGE, prises individuellement, généralement opérée par la proportion de leurs élèves intégrés. Mais ce raisonnement ne vaut pas au niveau global. Avec votre raisonnement, il suffirait de réduire le nombre de CPGE pour rendre le système plus efficace. Il y a là confusion entre l’efficacité et l’efficience.

  2. Avry dit:

    Bonjour,
    On pourrait également analyser les résultats sur la base des enquetes d’insertion et mesurer ainsi la nature et qualité de l’insertion selon le profil CP ou admission parallèle. Sincèrement

  3. pdubois dit:

    @ Jean-Pierre Nioche. Merci pour votre commentaire important. Au temps pour moi et bien vu ! 1. Aucun texte ne fixe aux CPGE l’objectif de 100% d’intégration des élèves dans une grande école. Mais cet objectif pourrait être atteint vu l’existence d’une sélection à l’entrée et le nombre de places dans les grandes écoles, y compris petites. 2. D’accord sur la distinction nécessaire entre l’efficacité de l’ensemble CPGE et de chacune des CPGE. 3. Je ne confonds pas l’efficacité et l’efficience, puisque la chronique suivante est consacrée à l’efficience. Etes-vous plus convaincu par les arguments ? Je suis prêt à en entendre vos critiques. Dans le fond, êtes-vous partisan de maintenir les CPGE en l’état ou quelles transformations pensez-vous nécessaires ?

    @ Avry. Merci. Des données existent sur les intégrations dans les grandes écoles lycée par lycée. Il demeure à les analyser et à les interpréter : qu’est-ce qui fait qu’un lycée a un meilleur taux d’intégration que d’autres. Les hypothèses sont nombreuses mais il faut les soumettre à l’analyse rigoureuse. Un chantier à entreprendre.

Laisser un commentaire