Pitte l’Orienteur

Jean-Robert Pitte a été nommé, aujourd’hui en Conseil des ministres, délégué à l’information et à l’orientation. Il succède à Bernard Saint-Girons, qui a été élu Président du PRES Paris-Est (cliquer ici). L’ancien président de Paris 4 Sorbonne est rattaché directement au Premier ministre (il n’est donc plus délégué interministériel), comme le veut la loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie.

La première mission du DIO : mettre en place le service public de l’orientation, par le rapprochement (la fusion ?) des principaux opérateurs, l’ONISEP, le CIDJ et Centre-Inffo. Et aussi créer le service dématérialisé de l’orientation (web, téléphone). A noter que le service d’orientation de l’AFPA vient d’être intégré à Pôle Emploi. En France, quand on peut faire simple, on fait compliqué ; quand on parle de rapprocher les structures, on crée une structure de coordination.

Il est intéressant de voir confier le service public de l’orientation à un professeur partisan de la sélection à l’entrée de l’université et de l’augmentation des droits d’inscription. La mission cachée du DIO serait-elle de transformer l’orientation active en orientation sélective ? Jean-Robert Pitte a-t-il les compétences pour remplir efficacement cette fonction ? A priori non ! Sauf si : lire de nouveau le paragraphe.

Je crois plutôt que cette nomination est une bien maigre récompense pour bons et loyaux services : le DIO n’a-t-il pas accepté de figurer en dernière position sur la liste UMP aux dernières élections régionales en Ile-de-France (chronique : « Pitte, dernier de liste« ) ?

L’ancien Président de Paris Sorbonne aime s’occuper et rendre service. A 61 ans, il a en effet du temps puisqu’il a échoué, en 2008, à se faire réélire Président de Paris 4 Sorbonne. En mars 2010, il a ainsi rédigé avec Jean-Pierre Coffe pour Valérie Pécresse un rapport sur l’amélioration de la restauration universitaire (cliquer ici). Le rapport avait fait beaucoup jaser car il écrivait en page 7 : « l’initiation à une consommation modérée de vin est un excellent moyen de lutter contre l’alcoolisme et un enrichissement de la culture gustative des étudiants« .

Ce qui est certain, c’est que à l’instar de ses prédécesseurs, Pierre Lunel et Bernard Saint-Girons, Jean-Robert Pitte va enquêter partout en France (il a beaucoup apprécié visiter les cuisines des restaurants universitaires), va commettre un rapport annuel (chronique « Orientation. Le cru 2010« ). Je ne pousserai pas l’impertinence jusqu’à demander au nouveau DIO s’il a lu tous les rapports de ses prédécesseurs !

Tout aussi sûr : on peut s’attendre à des propositions iconoclastes qui vont animer un moment le landerneau de l’orientation. Recommandation du type : « juste avant d’affronter les affres de l’orientation, ce serait bien que les étudiants passassent au RU pour y enrichir leur culture gustative des fruits du vignoble ».

En matière de service dématérialisé de l’orientation, Jean-Robert Pitte fera-t-il mieux que Marc-Philippe Daubresse, ministre de la jeunesse et des solidarités actives, inventeur du site : « Waka, la boussole » (cliquer ici). Dans la période d’austérité qui s’annonce à grands pas, j’aimerais que le spécialiste du vignoble et du vin nous fasse rire. Ce serait déjà ça de gagné !

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Article du on Mercredi, juin 23rd, 2010 at 21:08 dans la rubrique C. Ile-de-France. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

2 commentaires “Pitte l’Orienteur”

  1. Le blog de Bernard Desclaux» Blog Archive » La résistance des procédures d’orientation, jusqu’à quand ? dit:

    […] Depuis un troisième Délégué est nommé, Jean-Robert Pitte. Sur Educpros, deux appréciations ont été formulées : ici et là […]

  2. Président Molinié | Histoires d'universités dit:

    […] 63 ans et demi (mars 2008) : le retour. La LRU permet la réélection des présidents d’université. Jean-Robert Pitte est candidat à sa succession. C’est la 1ère fois, à ma connaissance, que deux anciens présidents s’affrontent au cours de la même élection. L’entretien avec Georges Molinié débute par une première question : “pourquoi ce retour” ? “Redevenir président n’était pas dans mes intentions ; après mon premier mandat, j’avais recommencé cours et conférences et cela me satisfaisait. Des collègues sont venus me chercher. Face à ces pressions amicales, j’ai beaucoup hésité, ne serait-ce parce que je risquais d’être battu”. L’élection a en effet été difficile. Février 2008, élection au Conseil d’administration : dans le collège des enseignants, la liste soutenant Georges Molinié (”Avenir de la Sorbonne”) obtient 7 sièges ; celle soutenant Jean-Robert Pitte (”Excellence des humanités”) obtient également 7 sièges ; ce dernier l’emporte nettement dans le collège des professeurs et c’est l’inverse dans le collège des maîtres de conférences. Mars 2008, le CA procède à l’élection du président : Georges Molinié obtient 11 voix, Jean-Robert Pitte 8 voix ; il y a une abstention. Lire aussi la chronique : “Pitte, l’orienteur“. […]

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