Président. Et après ?

Que faire après avoir été président d’université ? L’augmentation significative de l’indemnité présidentielle prévue par le décret de juin 2010 (chronique : « La CPU. Mort annoncée ?« ) change quelque peu la donne de l’après-mandat présidentiel. Comment éviter de perdre 3.000 euros environ par mois ? 3.000 euros, ce n’est pas rien. Le décret indemnitaire exacerbera-t-il la concurrence entre les présidents en fin de mandat ? Quelle bataille pour les « débouchés » disponibles pour les ex-présidents ?

Deux réactions de présidents aux chroniques de ce blog sur le devenir des présidents après leur mandat. Gilbert Béréziat, ancien président de Pierre et Marie Curie Paris 6, sur son blog : « Le président serait mis en position de détachement pendant la durée de son mandat, et les instances de l’université pourraient ultérieurement reconnaître son investissement en lui assurant, lors de sa réintégration à l’issue de son mandat, une promotion accélérée sur le contingent relevant de sa responsabilité »… « J’ai bien entendu les arguties corporatistes de ceux qui s’inquiètent pour l’avenir des présidents une fois leur mandat terminé, mais c’est un choix et s’ils sont bien payés pour leur fonction, je ne vois pas là matière à injustice à leur égard. Nul n’est obligé de s’investir ensuite dans des emplois étatiques, dans les cabinets ministériels, de chercher à devenir recteur ou d’aller à Bruxelles. Il n’y a aucune honte à retrouver, comme je l’ai fait, une autre position dans l’organigramme de son établissement ».

Patrice Brun, président de Bordeaux 3, dans la chronique « Défense des présidents » : « Le devenir des présidents à l’issue de leur charge est également maintes fois brocardé »… « Deux remarques. La première est d’ordre psychologique : lorsque l’on a développé un certain nombre de compétences que l’on n’avait pas au départ, on pense – légitimement ou non, peu importe – que l’on peut les exploiter et rendre des services dans un autre cadre que celui de l’enseignement et de la recherche. Après tout, il n’est pas indispensable d’être énarque pour porter le sens de l’intérêt public »…

Deux exemples récents de débouchés post-présidentiels. Eric Martin, ancien président de l’université de Bretagne-Sud de 2005 à 2010, est devenu recteur de l’académie de Besançon (Eric Martin. Président puis recteur« ). Olivier Audeoud, ancien président de l’université de Paris 10 Nanterre de 2003 à 2008, est devenu recteur de l’académie de Grenoble en mars 2010 (chronique à venir).

Dans notre recherche sur les présidents d’université en France et les recteurs d’université en France et en Italie (enquêtes d’octobre 2003 à juillet 2004), nous avons identifié les « places » possibles en fin de mandat au travers d’une série d’exemples : places dans le champ académique, dans le champ politique, dans le champ économique, places au croisement de ces divers champs. Il est intéressant de remarquer ce que sont devenus aujourd’hui certains des présidents interviewés à l’époque ! Lire la partie 4.3 du chapitre 1 de l’ouvrage paru en 2006 chez Guerini Associati (Milano) « Il governo delle università : Presidenti e Rettori in Italia e in Francia« , en coopération avec Stefano Boffo et Roberto Moscati.

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Article du on Dimanche, août 22nd, 2010 at 18:21 dans la rubrique C. Aquitaine, C. Bretagne, Normandie, C. Ile-de-France. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

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