Masters 2007. Chômage en hausse

Les premiers résultats de l’enquête DGESIP sur le devenir en 2010 des diplômés de masters obtenus en 2007 ont été présentés le 16 septembre aux responsables des Observatoires universitaires (communiqué de RESOSUP). Les résultats détaillés sont attendus avec impatience. La chronique d’aujourd’hui porte sur un des résultats publiés par plusieurs observatoires : le taux de chômage des diplômés de master en 2010 (lire aussi la chronique « Diplômés 2009 : 36% de chômeurs« ). Une seconde chronique portera sur le taux de cadres et de professions intermédiaires (indicateur de performance retenu par la LOLF).

Combien de diplômes de master ont été délivrés en 2007 (indicateur 8.17 des RRS 2010) ? 93.564 (65.326 masters professionnels, 23.218 masters recherche et 5.020 masters indifférencés) ; il faut y ajouter 483 DESS et DEA d’avant la réforme. 93.564, c’est plus qu’en 2006 (+2,5%). Après des années de forte augmentation, la progression du nombre de masters délivrés s’est ralentie en 2008 : 94.313 masters délivrés, +0,8% par rapport à 2007 (65.111 masters professionnels, 22.133 masters recherche, 7.069 masters indifférenciés).

Avant de présenter les résultats de l’enquête 2010 sur les diplômés de 2007, il faut rappeler les résultats de l’enquête Génération 2004 (enquêtée en 2007) sur l’indicateur retenu dans cette chronique. L’enquête CEREQ distinguait les Masters Recherche RLSH (Lettres et Sciences Humaines) et RMST (Mathématiques, Sciences, Techniques), les masters professionnels PLSH et PMST. Les masters Recherche en Lettres et Sciences humaines connaissaient la situation d’emploi la moins favorable en 2007. Le taux de chômage variait de 6% (RMST et PLSH) à 8% (RLSH) selon les types de master. Par ailleurs, le taux de contrats à durée indéterminée variait de 69 (RLSH) à 78% (PMST) ; le taux de cadres et de professions intermédiaires de 83 (RLSH) à 96% (PMST), le salaire mensuel net de 1.600 (RLSH) à 1.800 euros (RMST).

Quel est le taux de chômage des diplômés de master 2007, en décembre 2009 – date retenue par l’enquête – soit un peu plus de 2 ans après l’obtention de leur diplôme ? A-t-il progressé ou diminué d’une génération à l’autre (des diplômés 2004 à ceux de 2007) ? Ce taux, selon la définition de l’INSEE) est égal au nombre de diplômés à la recherche d’un emploi / (le nombre de diplômés ayant un emploi + le nombre de diplômés à la recherche d’un emploi).Pour calculer le taux de chômage, il faut donc enlever de la population de diplômés enquêtés celle qui a poursuivi des études après l’obtention du master (diplômés faisant un autre master ou poursuivant en doctorat) et celle qui n’a pas d’emploi et qui n’en recherche pas (population dite « inactive »).

On aurait pu s’attendre à ce que tous les observatoires universitaires mobilisent la définition « standard » du taux de chômage ; ce n’est hélas pas le cas ! Par ailleurs, quatre contingences limitent les comparaisons entre universités. 1. Toutes n’ont pas enquêté la même population de diplômés de masters ; certaines se sont « calées » sur la prescription de l’enquête de la DGESIP : se limiter à la population de diplômés « français » et à la population âgée de moins de 30 ans ; d’autres ont pris en compte ces deux populations considérant qu’exclure les diplômés étrangers masquerait l’attractivité de certains masters à l’étranger, qu’exclure les diplômés de plus de 30 ans masquerait l’attractivité de certains masters pour les salariés en formation continue. 2. Les taux de réponses à l’enquête sont très variables d’une université à l’autre. Aux statisticiens de dire si des taux de réponses à peine supérieurs à 40% rendent valides les résultats publiés. 3. Toutes les universités n’ont pas encore publié les résultats de l’enquête DGESIP, mais seulement ceux de leur enquête traditionnelle à 18 mois (après l’obtention du diplôme). 4. Plusieurs centaines de diplômes de masters (2.000 pour Strasbourg) sont délivrées pour plusieurs dizaines de spécialités de master dans chaque université ; il est fréquent que, dans une spécialités, l’effectif de diplômés soit inférieur à 10 : il s’ensuit que les comparaisons entre masters ne peuvent être menées bien loin !

Quelles enquêtes ont été retenues pour cette chronique ? Celles menées par les six observatoires remarqués dans une chronique précédente (« Six observatoires« ), celles qui m’ont été signalées ou celles d’observatoires de l’équipe dirigeante de RESOSUP. Résultats principaux : le chômage des diplômés 2007 est, très probablement, plus élevé que le chômage des diplômés 2004 ; il est très différent d’une spécialité de master à l’autre ; des diplômés de certains masters de sciences s’en sortent moins bien que des diplômés d’autres disciplines. Dixuniversités rangées par ordre alphabétique.

Cergy Pontoise (enquête de l’Observatoire de la vie étudiante), enquête à 18 mois. 608 inscrits en master professionnel (taux de réponse : 45%). Tous les inscrits ont-ils été diplômés ? Pas d’indication sur la composition de la population en terme de nationalité et d’âge. Pas de taux de chômage publié, mais calculable : 4% d’étudiants en recherche d’emploi / (4% en recherche d’emploi +90% en emploi) = 4,25%, soit un taux très faible. Résultats détaillés pour une trentaine de spécialités de quelques inscrits à 35 (ici). 208 inscrits en master recherche dont la moitié n’a pas poursuivi d’études : taux de chômage un peu inférieur à 20%.

Grenoble 1 Joseph Fourier (enquête de l’observatoire des formations et du suivi des étudiants). 914 diplômés 2007 de master professionnel ou recherche. Situation 30 mois après l’obtention du diplôme : 304 diplômés ont répondu à l’enquête (taux de réponse de l’ordre des 2/3) et se situent dans son champ (diplômés de nationalité française, âgés de moins de 33 ans et n’ayant pas poursuivi d’études, en particulier en doctorat). Le taux de chômage des 259 diplômés de master professionnel (7,4%) est inférieur au taux de chômage des 45 diplômés de master recherche (17,8%), le taux de chômage moyen étant de 8,9% (page 15). Le taux de chômage dépasse 15% en sciences du vivant, en chimie et procédés, en physique et ingénierie ; il est inférieur à 5% en ingénierie, traçabilité et développement durable, en ingénierie pour la santé et le médicament, en mathématiques et informatique.

Lille 1 Sciences et Technologies (enquêtes de l’OFIP). 997 diplômés de Master professionnel en formation initiale et de nationalité française. Taux de chômage moyen égal à 8,1% (en progression de plus de deux points par rapport aux deux années précédentes). Taux de chômage le plus élevé en économie et gestion (12%) et le plus faible en maths, info, méca et électronique (5%). Taux de chômage des 72 diplômés de master « recherche » qui n’ont pas poursuivi d’études : 9%.

Lille 3 Charles de Gaulle (enquête de l’OFIVE à 30 mois). 967 diplômés de master en 2007 en Langues, Lettres, SHS (dont 764 concernés par l’enquête, les autres étant de nationalité étrangère ou ayant poursuvi des études). Taux de réponse de 82%. Taux de chômage moyen de 9%, en progression de 2 points par rapport à la promotion de diplômés précédente. Le taux de chômage varie de 4% (psychologie, sciences de l’éducation et de la société) à 20% (Lettres).

Limoges (enquête du Carrefour des Etudiants). 483 diplômés enquêtés 18 mois après l’obtention de leur diplôme (taux de réponse : 72%). 3 gros documents par domaine disciplinaire, pas de publication de synthèse. Taux de chômage difficilement calculable à partir des données de la page 7 (« 255 diplômés en emploi, 40 diplômés à la recherche d’un emploi, 76 autres ») car « plusieurs réponses possibles simultanément ». Plus que probablement : taux de chômage supérieur à 10%.

Lyon 3 Jean Moulin (enquêtes du SCUIO). 1. Devenir en 2009 (18 mois après l’obtention du diplôme) des 743 diplômés 2007 des masters professionnels de l’Institut d’administration des entreprises (IAE), étudiants étranges et en reprise d’études compris (taux de réponse : 80%). Taux de chômage moyen : 9,1%. Taux de chômage variable de 0% à près de 25%. A noter : fiches détaillées par master. 2. Devenir en 2009 (18 mois après l’obtention du diplôme) des 199 diplômés 2007 des masters professionnels de Langues (taux de réponse : 70%). Taux de chômage moyen : 20%. Taux de chômage variable de 10 à près de 30%.

Marne-la-Vallée (enquête de l’OFIPE). 858 diplômés enquêtés (diplômés en formation initiale). Taux de chômage moyen, 18 mois après l’obtention du diplômé : 15%. Le taux de chômage est en progression de 6 points par rapport à celui observé pour les diplômés de l’année précédente. Il est nettement plus élevé pour les masters indifférenciés (22%) que pour les masters professionnels et recherche. L’OFIPE publie de moins en moins de données statistiques.

Saint-Etienne (enquête de l’Observatoire de la vié étudiante à 30 mois). 315 diplômés de 25 masters professionnels en formation initiale (les 45 diplômés en formation post-initiale ne sont pas concernés). Taux de réponse : 69%. Taux de chômage moyen : 14%. Certains masters ayant de très petits effectifs de diplômés, le taux de chômage subit de grandes amplitudes : il varie ainsi de 0% à 40% selon les masters. Fiches et répertoires d’emplois par master.

Strasbourg (enquête de l’ORESIPE à 30 mois). 2.050 diplômés enquêtés (diplômés étrangers et diplômés âgés de 30 ans et plus inclus), taux de réponses : 44%. Taux de chômage moyen : 8,6% (tableau 2) ; le taux le plus faible est celui des diplômés de « vie et Santé » (6,7%) et le plus élevé celui des diplômés d’Arts, Lettres et Langues (14,6%).

Toulouse 1 Capitole (enquête de l’OVE à 30 mois ; ici). Combien de diplômés de master en 2007 ? Pas d’indication. Taux de réponses à l’enquête : 69,9%. Le taux de chômage n’est pas calculé ; il peut l’être en soustrayant des répondants les diplômés qui ont poursuivi des études et qui sont inactifs. Taux de chômage moyen : 9,6%. Taux de chômage en droit (10,9%), en sciences économiques (13,4%), en informatique (3,2%), en gestion (8,3%).

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Article du on Lundi, octobre 11th, 2010 at 20:14 dans la rubrique C. Alsace. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

3 commentaires “Masters 2007. Chômage en hausse”

  1. Masters 2007. Chômage en hausse | Finance Planet dit:

    […] Masters 2007. Chômage en hausse […]

  2. Masters 2007. Combien de cadres ? | Histoires d'universités dit:

    […] des chroniques “Masters 2007 : chômage en hausse” et “PAP de la MIRES : cible d’insertion“. Les universités […]

  3. Performance de l’insertion. Non, Valérie ! | Histoires d'universités dit:

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