Copier / coller sans guillemets (3)

Troisième chronique « Copier / Coller sans guillemets » et 14ème chronique sur le plagiat (cliquer ici). Cette nouvelle chronique établit deux plagiats d’Ali Aït Abdelmalek. Mais d’abord : retour sur les chroniques précédentes.

La chronique du 2 décembre 2010 (cliquer ici) établit les preuves de 87 copiés-collés sans guillemets dans les pages 84 à 93 du livre d’Ali Aït Abdelmalek, « Edgar Morin, sociologue de la complexité« . L’auteur est professeur de sociologie à l’université de Rennes 2 et vice-président de la 19ème section du Conseil national des universités (CNU). Ces copiés-collés, qui constituent 80% des 10 pages mentionnées, sont issus du livre d’Edgar Morin, « L’identité humaine« . Un lecteur du blog, qui a repéré ces copiés-collés, me demande un avis : « est-ce un cas de plagiat ? »

Ali Aït Abdelmalek répond « non«  (commentaire 8 de la chronique 1 : « Edgar Morin m’a demandé d’enlever les guillemets »). Le directeur de la collection, Philippe Labbé, répond également « non«  (commentaire 3 : « il n’est ni un tricheur, ni un menteur »). Et Edgar Morin, contacté immédiatement par l’auteur, qu’en pense-t-il ?

Sa réaction se fait attendre. Je publie, le 6 décembreune 2ème chronique « Copier / coller sans guillemets » » (cliquer ici) : elle n’apporte pas de faits nouveaux, mais elle mentionne le site « Internet : fraude et déontologie selon les acteurs universitaires » qui a repris l’information et pose plusieurs questions : aux lecteurs d’y répondre.

Le 15 décembre, je publie un texte de Claude Dubar : « Sociologie. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? » (cliquer ici). Le 17 décembre, le groupe Google des sociologues de l’enseignement supérieur publie la réponse d’Edgar Morin, communiquée par Ali Aït Abdelmalek et datée du 6 décembre. Elle est reprise par le directeur de collection dans une chronique « Tempête dans un verre d’eau »: cliquer ici. Je demande à Edgar Morin de me confirmer être l’auteur de cette réponse.

Dimanche 19 décembre à 18 heures, Edgar Morin m’envoie ce courriel : « cher collègue, j’ai effectivement envoyé un message à Ali Abdelmalek où je lui disais qu’il ne peut y avoir plagiat pour un auteur dont on fait l’éloge dans un livre, quand certaines citations sont dépourvues de guillemets. Le plagiat lèse le plagié, que le plagieur ignore et fait ignorer. Ali Abdelmalek fait un livre utile à mon oeuvre sociologique, qui vous le savez, est particulièrement ignorée chez les sociologues. Très cordialement à vous. Edgar Morin ».

Ali Aït Abdelmalek se défend d’être un plagiaire. Philippe Labbé, son directeur de collection, et Edgar Morin, son préfacier, affirment également qu’il ne l’est pas. Les trois sociologues sont d’accord: il n’y a pas plagiat.Je prends donc la responsabilité de publier deux plagiats d’Ali Aït Abdelmalek. J’emploie le terme « plagiat » selon la définition même d’Edgar Morin : des copiés-collés sans guillemets d’un texte dont l’auteur n’est pas mentionné dans la bibliographie. « Le plagiat lèse le plagié, que le plagieur ignore et fait ignorer ».

Plagiat 1 (mars 2008). « La profession : de la notion au concept sociologique » (cliquer ici) [actualisation 24 janvier 2011 : ce texte sur la profession ne figure plus sur la toile ; quand a-t-il été enlevé ? par qui ? J’avais pris soin d’en faire une copie : la voici. Ce texte a été publié dans Soins Cadres de Santé, n°68, novembre 2008]. Le paragraphe 1 et le début du 2ème paragraphe de la page 2 sont des copiés-collés sans guillemets des 3ème et début de 4ème paragraphe de l’introduction d’un séminaire de Florent Champy, daté de février 2004 (cliquer ici). Ce chercheur de l’EHESS n’est pas mentionné dans la bibliographie.

Ironie de l’histoire. Dans ce texte sur la profession, Ali Aït Abdelmalek cite également Claude Dubar, auteur avec Pierre Tripier de « Sociologie des professions » (Armand Colin, 1998, 1ère édition). Le bas de la page 8 et la page 9 de l’introduction du livre des deux professeurs de sociologie sont recopiés par Ali Aït Abdelmalek. Même principe d’écriture que celui utilisé dans l’ouvrage « Edgar Morin, Sociologue de complexité » : mention du nom de l’auteur, référence en note, citations, copiés-collés sans guillemets, quasiment pas de texte écrit par Ali Aït Abdelmalek. Questions. Quelle va être la réaction de Claude Dubar ? Quelle va être celle de Pierre Tripier, co-auteur systématiquement oublié par le plagiaire.

Plagiat 2 (novembre 2009). Ali Aït Abdelmalek organise un colloque à Rennes 2 sur les croyances populaires, contes et légendes (cliquer ici). Les 4 premières lignes du 2ème paragraphe de présentation du colloque se retrouvent dans un ouvrage de Dieudonné Liely Kamatou, La musique au coeur de la société congolaise (L’Harmattan, 2010), dans le premier paragraphe de la page 68 (cliquer ici). L’auteur congolais, publiant en 2010, aurait-il plagié le professeur rennais ? Non, car la phrase est mise entre guillemets et renvoie à une note. L’auteur cité est-il le vice-président de la 19ème section du CNU ? Non, Dieudonné Liely Kamatou impute la citation à Raymond Boudon, Dictionnaire de sociologie (Larousse, 1999).

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Article du on Mardi, décembre 21st, 2010 at 0:27 dans la rubrique A. S'indigner, C. Bretagne, Normandie. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

30 commentaires “Copier / coller sans guillemets (3)”

  1. mado dit:

    On dirait bien que dans cette histoire à tiroirs c’est l’arbre qui cache la forêt?? Mais quelle est l’épaisseur de ladite forêt, on se le demande à la lecture de ces quelques éléments nouveaux. Il y en a surement d’autres, car il semble que ce ne soit plus de la négligence ou des simples oublis de citations dont il s’agit, mais plus surement d’habitudes acquises au fil des ans, peut être même dès « l’état » d’étudiant, qui se sont prolongées ensuite en tant que professeur, en mal d’inspiration ou pressé par le temps (ou par « fainénantise »??) ou pour toutes autres raisons qui resteraient à déterminer. Arrivé à ce stade serait ce du vice????

  2. Jean-Noël Darde dit:

    Depuis le début de cette contreverse, je vois, de part et d’autre, se répéter une confusion entre « plagiat » et « contrefaçon ».

    LE PLAGIAT :
    Pour décider s’il y a plagiat, il faut se mettre du côté du lecteur : est-il, ou non, trompé sur l’identité de l’auteur des phrases qu’on lui donne à lire ?

    Dans le premier texte cité d’A. Aït Abdelmalek dans ces chroniques « Copier / coller sans guillemets » (Edgar Morin, sociologue de la complexité) il n’y a pas le moindre doute : il y a plagiat. Et il est même étonnant que l’on puisse continuer à se poser la question.

    Que des universitaires puissent défendre, et même soutenir, le « plagiat avec autorisation » (qui s’avère être un « plagiat avec autorisation à posteriori »), ou lui trouver des circonstances atténuantes, est une autre affaire.

    LA CONTREFAÇON :
    Quand il s’agit d’un texte, pour qu’il y ait contrefaçon, il faut à la fois qu’il y ait plagiat (voir ci-dessus) et que le plagié soit lésé.

    Le soutien du plagié consentant au plagiaire autorisé exclue donc que l’on puisse parler dans cet ouvrage sur Edgar Morin de contrefaçon.

    Mais précisément, dans le cadre académique et en termes de déontologie et éthique universitaires, la seule question qui vaut est celle du plagiat et non pas celle de la contrefaçon.

    Jean-Noël DARDE
    MC – Université Paris 8
    jndarde@gmail.com
    Blog Archéologie du copier-coller http://archeologie-copier-coller.com

  3. Tacussel Patrick dit:

    Votre acharnement est suspect. Naguère, vous affirmiez que je vous avais insulté alors que je vous avais répondu en vous qualifiant de retraité. D’une part, ce n’est en rien une injure…si j’en juge des difficultés pour parvenir à ce statut pour les générations actuelles, mais surtout parce que vous aviez commencé votre lettre en le mentionnant. Vous n’avez visiblement pas beaucoup d’humour. Les dernières « preuves » de « plagiat » que vous avancez au sujet de notre collègue Ali Aït-Abdelmalek sont plus mesquines que convaincantes. Ce qu’il a écrit pour présenter un colloque sur les croyances est une idée suffisamment admise sur un plan général pour que l’on ne puisse l’imputer à quelqu’un de la reprendre dans un texte de ce type. Je suis en train d’explorer quelques livres de certains de vos supporters, et je peux vous assurer que l’on y rencontre souvent des paratextes de cet ordre. Enfin, pour vous le dire avec franchise, ce qui me dérange chez vous et quelques autres, c’est le ressentiment et l’ironie haineuse qui vous animent. J’ai l’impression, et je suis loin d’être le seul (croyez-moi) à la partager que vous avez un problème avec des personnes qui vous dépassent. Le texte de Claude Dubar est à cet égard des plus significatifs ; à bien des égards, il est pathétique : les personnes qu’il met en cause ne lui répondront jamais.

  4. A propos de plagiat, lettre à Pierre Dubois et Philippe Labbé | Le Blog de Michel ABHERVE dit:
  5. Alain Quemin dit:

    Chers Collègues,

    Je suis stupéfait par l’arrogance de la réponse qu’Edgar Morin a fait circuler (ou du moins de la réponse quii est attribuée à Edgar Morin, puisque l’adresse électronique de ce collègue a été rendue méconnaissable).
    Ainsi donc, le père de la pensée complexe considère que citer un auteur pendant des pages et des pages entières (et non pas seulement reprendre quelques phrases comme il l’indique un peu hâtivement, excusez la nuance !) ne pose aucun problème déontologique !!!!! Et, grand seigneur, argumente pour cela que les idées sont du domaine public ! Mais qui a donc affirmé le contraire ??? Les idées, certes, mais pas le texte… La grande libéralité d’Edgar Morin signifie-t-elle qu’il va jusqu’à approuver la fraude ou même le plagiat qui, que cela lui plaise ou non, est un délit ?! Tant qu’à faire et, pour être pleinement convaincant, Monsieur Morin devrait pouvoir nous assurer qu’il n’a jamais perçu de droits d’auteurs ou qu’il renonce désormais à ceux-ci, puisqu’il aime affirmer que les idées sont du domaine public … Par ailleurs, et contre ce qu’il affirme en mélangeant tout (ô, complexité de la pensée), chacun peut évidemment reprendre les IDEES d’autrui, en citant la source et en mettant des guillemets lorsque cela s’impose. Les choses ne sont pas plus compliquées ni plus … complexes.
    Et que pense Edgar Morin de ce qui suit ? Imaginons qu’un de mes proches ait un dossier scientifique un peu faiblard. Je décide, dans ma grande bonté, de l’autoriser, voire de l’encourager à écrire un ouvrage qui chantera mes louanges en reprenant mes propres écrits de façon servile et même en reproduisant mes propos, sur des pages et des pages entières, sans les guillemets qui s’imposent. Ce « disciple » aussi fidèle que peu scrupuleux considèrera probablement avoir écrit un texte qui m’est dû en grande partie et, tant qu’il n’est pas découvert, pourra s’en prétendre le seul auteur. Il sera donc évalué scientifiquement – et éventuellement recruté et promu ! – pour un travail qui n’est pas le sien. Personnellement, je trouve cela inacceptable. Accepter ce genre de dérive, très grave, signifie la fin de tout travail d’évaluation scientifique.
    Il est donc impératif et urgent que le président de la 19ème section du CNU, le bureau, mais aussi les différents membres de cette instance, s’expriment publiquement sur la pratique qui a été mise au jour à partir du cas d’Ali Ait Abdelmalek. Que celui-ci soit vice-président du CNU ( ! ) ne doit pas amener – ce serait trop grave – à fermer complaisamment les yeux sur cette affaire. Quelle position le CNU entend-il adopter lorsqu’il découvre qu’un candidat à la qualification ou à une promotion a ainsi « pompé » un autre auteur sans jamais l’indiquer au lecteur en faisant croire à un simple commentaire ?
    Gilles Férréol doit s’exprimer publiquement, sans quoi il pourra être accusé de complaisance, ses collègues de 19ème section du CNU également.
    Pour information, je rappelle que Michelle Bergadaa, qui est la spécialiste incontestée des questions de plagiat, a jugé nécessaire de s’emparer sur son blog de l’affaire Ali Aït Abdelmalek et qu’elle lui a consacré un cas très édifiant sur son site intitulé « Fraude et déontologie ». Le titre devrait parler à chacun d’entre nous…
    Le CNU de sociologie et démographie va-t-il, une fois de plus, rester sans réaction face à ce qui constitue, n’en déplaise à Edgar Morin, un cas avéré de manquement grave à la déontologie et une fraude, si ce n’est un plagiat.
    Je suis désolé de devoir rappeler cette évidence que même nos étudiants sont censés connaître ( ! ) et dont on ne peut donc, tel Ponce Pilate, se laver les mains quand cela concerne un collègue : quand on reproduit identiquement les propos d’autrui, à plus forte raison pendant des pages et des pages, on mentionne précisément qu’il s’agit d’emprunts en utilisant les guillemets qui S’IMPOSENT.
    C’est désormais à Gilles Ferréol, c’est au CNU de s’exprimer publiquement pour que chacun sache, et en particulier les candidats, s’ils peuvent désormais, ou non, reproduire sans scrupules ou piller les travaux d’autrui – consentant ou non – pour se constituer un dossier « scientifique ».
    Que Patrick Taccussel, membre du CNU, défende ici publiquement le plagiat et la tricherie me semble extrêmement malsain. Inutile de tenter de nier l’évidence : que Jean-Noël Darde et Michelle Bergadaa qui sont tous deux les spécialistes incontestés du plagiat et de la fraude, et qui luttent contre ceux-ci depuis des années aient clairement pris position sur cette affaire, mais aussi les preuves irréfutables apportées sur ce site, ôtent toute crédibilité à ceux qui, par un copinage pathétique, cherchent à protéger leurs amis au mépris de toute déontologie et de toute considération scientifique.
    Il faut que le CNU de sociologie-démographie sorte de façon urgente de cette position inacceptable.
    Cordialement.

    Alain Quemin
    professeur de sociologie
    Université Paris-Est / Membre honoraire de l’IUF

  6. Tacussel Patrick dit:

    Cher Alain Quemin,

    Je ne suis pas avocat, ni procureur général. Pour reprendre la formule de Ph. Cibois d' »humanisme civique » – il me semble l’avoir déjà entendue, il y a quelques années- j’observe que l’acharnement contre Ali Aït-Abdelmalek, que la publicité (au sens habermasien du terme ) qui est donnée à ce qu’on lui reproche ne répond plus aux exigences éthiques que le sociologue de Francfort avait avancées en la matière.
    Nous sommes manifestement confrontés à la mise en place d’un bûcher universitaire, dont les fagots ne valent guère le prix de l’allumette de ceux qui espèrent jouir de son feu rédempteur. Voyez-vous, c’est cela qui m’a incité à donner mon sentiment.
    Jadis, les situationnistes avaient démontré un cas de plagiat de Henri Lefebvre à propos d’un article que ce dernier avait publié sur la Commune de Paris ; en 1984, un collègue nommé Rist avait écrit un article dans la Revue Européenne des Sciences Sociales-Cahiers Vilfredo Pareto à propos de la notion d’ habitus chez Saint-Thomas d’ Aquin et P. Bourdieu, je vous recommande la lecture de ce texte des plus instructifs…cité par Mme Verdès-Leroux parmi d’autres agissements du même ordre de cet auteur (cf. Le Savant et la politique. Paris, Grasset).
    Je crois que l’itinéraire de E. Morin, ancien résistant et chassé du PCF parce qu’il n’acceptait point et de façon publique de supporter les pratiques condamnables de ce parti, le met à l’abri d’une absence de discernement dont tant d’intellectuels ont alors fait défaut.
    Je pense, en toute sincérité, que certains cherchent plus à exploiter les négligences et les maladresses de Ali Aït-Abdelmalek qu’ à défendre une déontologie académique. J’en veux pour preuve qu’ils ne se sont jamais mobilisés sur les cas que je viens d’évoquer.

    Bien Cordialement

    Patrick Tacussel (un seul c)

  7. EluCNU dit:

    Mais quand diable les critiques de la dénonciation (M. Cibois, M. Tacussel et autres) vont-il prendre conscience de ce qui se joue vraiment et apercevoir que les noms propres engagés n’ont absolument aucune importance. Les « conflits » éventuels entre personnes auxquels il est fait référence sont les conflits d’une génération qui n’est pas la nôtre et qui a fait sa carrière à un moment où les droits d’entrée dans la profession et l’injonction à publier n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui (voir la thèse de M. Gérald Houdeville sur ce point).
    Je m’exprime seul, mais je porte ici la voix de plusieurs candidats à la qualification tout juste sorti de leur thèse ou en train de la finir. C’est un cri qu’ils poussent en même temps qu’ils me signalent les pratiques peu avouables qui fleurissent ici et là ! Que leur laissez vous comme état de la discipline avant votre départ prochain à la retraite ? : Un champ de bataille et de ruines dans lequel tous les coups sont désormais bons à jouer afin de montrer que l’on publie plus que l’autre. Sans compter le reste. M. Dubar a au moins eu l’honneur d’exprimer sa honte pour la profession alors que la réaction de M. Cibois nous a plutôt attristé relativement au respect que nous avons pour ses travaux. Bref, ça suffit ! Et plutôt que de vous livrer à des querelles d’un temps qui est pour nous un objet de sociologie historique, dites-nous sincèrement si vous avez l’intention, dans les instances officielles et sociétés savantes où vous siégez, d’appliquer un jour comme critères de valorisation des oeuvres et des personnes les quelques règles déontologiques simples rappelées ci-dessous. Sans omettre toutefois qu’il faut qu’il y ait une thèse dans chaque thèse (Baudelot et autres) ; que le fait scientifique est toujours conquis, construit, constaté (Bachelard) ; qu’une assertion scientifique est un énoncé qui, selon une ou des conventions théoriques disponibles correspond à un fait ou à un ensemble de faits (Passeron) ; qu’un sociologue ordinaire fait d’abord des enquêtes (Masson)…
    A défaut, les jeunes générations de sociologues n’auront de cesse de vous le reprocher et ils auront bien raison. En réalité, si des noms propres sortent, c’est tout simplement parce que les mises en garde antérieures anonymisés n’y ont jamais rien fait. Les mises en causes personnalisée risquent même de se multiplier avec l’espoir secret de mises en accusation pour diffamation. Il y a en effet encore une justice quand les instances compétentes faillissent à leur devoir de régulation des pratiques.
    Bien à vous.

    RÈGLES D’INTÉGRITÉ ACADÉMIQUE
    d’après Michelle Bergadaà (prof. de gestion à l’Université de Genève)

    Sont considérées comme des infractions académiques formelles :

    1 – La publication sous son propre nom de résultats de travaux et de découvertes de tiers (plagiat).

    2 – Le fait d’obtenir le statut de coauteur d’une publication sans avoir apporté de contribution essentielle au travail.

    3 – L’omission délibérée des noms de collaborateurs du projet y ayant apporté des contributions essentielles.

    4 – La mention volontaire d’une personne en qualité de coauteur alors qu’elle n’a pas contribué au projet.

    5 – L’omission délibérée de contributions essentielles d’autres auteurs sur le même sujet (bibliographie incomplète).

    6 – Les citations intentionnellement erronées tirées de travaux existants ou supposés de tiers.

    7 – Les indications incorrectes sur le stade d’avancement de la publication de ses propres travaux (par exemple “publication en cours d’impression”, alors que le manuscrit n’a pas encore été accepté).

    8 – L’autoplagiat, soit l’omission volontaire de référence à ses travaux antérieurs (par exemple la publication dans une langue d’un article déjà publié dans une autre langue).

  8. Tacussel Patrick dit:

    Cher Monsieur,

    J’ ai fait moi aussi une thèse, puis une autre (thèse d’Etat). La situation était alors bien différente. Les blogs et les sites de règlements de compte n’existaient pas. Les conflits intellectuels n’en étaient pas moins vifs, mais nul n’auraient songé, en ces temps-là plus civilisés, de fabriquer des pétitions en sollicitant les non-titulaires, les doctorants, les jeunes docteurs. Puisque vous citez Baudelot, ignorez-vous que cet enquêteur rigoureux a fait dans un ouvrage présenté comme une critique de l’école capitaliste en France (co-écrit ave Establet) un éloge sans nuance de la « Grande Révolution Culturelle Prolétarienne » de la Chine du tyran Mao, dont les plus instruits que lui ( et donc évidemment lui) connaissaient parfaitement le terrible bilan, en particulier l’élimination physique de l’élite intellectuelle de ce pays et de tant d’autres ennemis du soi-disant « prolétariat ». Je vous recommande la lecture de la conclusion de cet ouvrage et ses terrifiantes annexes. Ont-ils exprimé publiquement des regrets, comme d’autres en ont eu le courage ? Ce n’est pas le cas à ma connaissance. Ils ont continué leurs carrières universitaires comme si les milliers de victimes du goulag chinois avaient moins d’importance qu’une thèse sur l’astrologie. Vous avez bien raison de vous indigner des échanges sur les sites que vous conultez, mais comme nous y invite S. Hessel – dans son récent et magnifique essai – il serait heureux que votre génération ne laisse pas passer avec un silence gêné ce que la mienne n’ a pas été mesure de dénoncer, laissant à quelques universitaires complaisants avec le totalitarisme et indifférent à ses victime le soin d’apparaître comme des gens respectables. Maintenant, vous savez et vous ne pourrez pas dire le contraire. Il y a là un bon sujet pour un chercheur tout à fait indépendant et honnête.

    Bien à Vous et bonnes Fêtes de fin d’années

    P. Tacussel

  9. Tacussel Patrick dit:

    In fine,

    Vous êtes candidat à la qualification, sans-doute à la section 19. Sachez qu’ à la différence de mes détracteurs sur tant de sites, je n’ai jamais considéré un dossier autrement que sous son angle scientifique. je ne suis pas certains que quelques uns de mes thésards aient, dans les précédents CNU, bénéficié d’un traitement comparable. Dans votre génération, permettez-moi de vous dire que tous les jeunes docteurs n’ont pas eu cette chance au mérite. Les exemples ne manquent et je suis prêt à vous les fournir, pour ne rien dire des qualifications rang A. Je peux vous indiquer les cas de candidats « assassinés » sans autre raison que le délit de « sale gueule » théorique…et qui ont depuis accédé à cette qualification avec un dossier identique, et pour certains ont été promus Professeur. Alors, vous avez raison sur un point essentiel : ça suffit !

  10. socio dit:

    J’ai étudié quelque peu le dispositif méthodologique de Madame Bergadaà. Autant le dire tout de suite : cette dame n’a pas la moindre notion de méthodologie sociologie. C’est un tissu de biais et d’artéfacts tout à fait déplorable. Avant qu’elle ne s’érige en grande juge ès plagiats, elle aurait au moins pu se donner la peine de soumettre son dispositif à un sociologue de métier. Ce qu’elle nous présente là est pire que le plagiat : c’est une véritable imposture scientifique.

  11. popaul32 dit:

    je suis étudiant de socio en L2. Je suis allé voir sur le site de Madame Begrada. C’est ahurissant, elle a rien pigé à la méthodo, cette dame. Normal, elle vient de gestion !!! Mais ce qu’il y a carrément de pathétique, c’est que des profs de socio se servent de ce truc bidon pour laver leur linge sale. Ou ils ont rien pigé non plus à la méthodo, ou alors tous les moyens sont bons pour s’entretuer. Je parle même pas du coup de crapule qui a consisté à livrer les infos à cette dame. Le type qui a fait ça doit être en-dessous de tout. Je prie Saint Emile que ce soit pas un sociologue. Sinon je change de discipline, je deviens maton.

  12. pdubois dit:

    @socio et @popaul32

    Je suis celui dont vous parlez dans les 3 phrases qui suivent : « Je parle même pas du coup de crapule qui a consisté à livrer les infos à cette dame. Le type qui a fait ça doit être en-dessous de tout. Je prie Saint Emile que ce soit pas un sociologue ».

    J’observe qu’un étudiant en L2 de sociologie n’a pas le courage de signer son message de son nom.

    Je le regrette. Je publie néanmoins votre message.

    La sociologie en est là : un enseignant de la discipline plagie et sa communauté professionnelle ne le sanctionne pas ; un étudiant de sociologie injurie un professeur de gestion et un professeur de sociologie et il ne peut être poursuivi pour diffamation, car il a pris soin de rester anonyme.

  13. surpris dit:

    Je m’étais juré de ne pas intervenir. Mais il en est qui vous poussent au parjure et, de là, le lendemain, aux remords et à la honte. Tant pis.

    « j’ai étudié quelque peu le dispositif méthodologique de Madame Bergadaà. Autant le dire tout de suite : cette dame n’a pas la moindre notion de méthodologie sociologie. C’est un tissu de biais et d’artéfacts tout à fait déplorable. Avant qu’elle ne s’érige en grande juge ès plagiats, elle aurait au moins pu se donner la peine de soumettre son dispositif à un sociologue de métier. Ce qu’elle nous présente là est pire que le plagiat : c’est une véritable imposture scientifique. »

    Il étudié quelque peu le dispositif. Bien. Il y a vu de l’artefact ou des artefacts (sans accent, je crois). Que diantre s’attendait-il à y trouver? Des formations naturelles? Il est vrai que c’est de plagiat qu’il s’agit. Depuis quand faut-il « soumettre son dispositif » à un « sociologue de métier » qui a la « méthodologie sociologie » afin d’en obtenir une bénédiction théorique pour s’y attaquer? Et pourquoi pas un prêtre, un imam, un rabbin et un psychanalyste? Une astrologue aussi pour l’imposture scientifique. Surtout si elle est « véritable ». Soyons sérieux. Il y a aussi des sociologues sérieux. Celui-là, il n’en est pas, il n’est même pas sociologue, c’est tout.

    « je suis étudiant de socio en L2. Je suis allé voir sur le site de Madame Begrada. C’est ahurissant, elle a rien pigé à la méthodo, cette dame. Normal, elle vient de gestion !!! Mais ce qu’il y a carrément de pathétique, c’est que des profs de socio se servent de ce truc bidon pour laver leur linge sale. Ou ils ont rien pigé non plus à la méthodo, ou alors tous les moyens sont bons pour s’entretuer. Je parle même pas du coup de crapule qui a consisté à livrer les infos à cette dame. Le type qui a fait ça doit être en-dessous de tout. Je prie Saint Emile que ce soit pas un sociologue. Sinon je change de discipline, je deviens maton. »

    Là ce n’est pas encore un sociologue de métier rassis qui parle. Pourtant, il emploie déjà des termes techniques qui montrent qu’il est en train de se faire. Pas ceux que l’on emploie dans les publications théoriques, mais qui fleurent bon le cambouis de la pratique. Des mots qui se terminent par « o ». Normal. On a pigé. C’est un apprenti. Alors il parle comme un jeune d’aujourd’hui. Il oublie volontairement des « ne » qui servent à rien qu’à empêcher de dire très vite son indignation d’étudiant de L2. C’est normal. Des fois, son indignation à lui, elle le mène à des oublis involontaires. C’est pas grave. Il prie Saint Emile. C’est un bon début. Il se familiarise. Un jour, il saura qu’il vaut mieux demander au Bon Dieu qu’à ses saints. Un jour, peut-être, je ferai appel à lui, apprenti devenu Maître, pour qu’il intercède et fasse descendre sur moi la grâce de la méthodo. D’ici là, je continuerai à chercher mon chemin en tâtonnant dans l’obscurité.

    Ceci étant dit, son passage en deuxième année ne doit pas trop l’illusionner: il y a un concours pour devenir gardien de prison. C’est autre chose et il pourrait être surpris.

    « Sachez qu’ à la différence de mes détracteurs sur tant de sites, je n’ai jamais considéré un dossier autrement que sous son angle scientifique. je ne suis pas certains que quelques uns de mes thésards aient, dans les précédents CNU, bénéficié d’un traitement comparable. Dans votre génération, permettez-moi de vous dire que tous les jeunes docteurs n’ont pas eu cette chance au mérite. Les exemples ne manquent et je suis prêt à vous les fournir, pour ne rien dire des qualifications rang A. Je peux vous indiquer les cas de candidats “assassinés” sans autre raison que le délit de “sale gueule” théorique…et qui ont depuis accédé à cette qualification avec un dossier identique, et pour certains ont été promus Professeur.  »

    Là, c’est un vrai. D’ailleurs il signe. Pas comme les deux qui précèdent, pas comme moi. Bon, moi, je ne dis pas que j’en suis de la sociologie. Du même milieu, mais pas le même racket. Pas forcément plus reluisant question moeurs, pas nécessairement moins, d’ailleurs.

    Donc lui il en connait qu’il pourrait raconter et en nommer d’autres, peut-être les mêmes.

    Vous pouvez le faire? Oui. Il peut le faire. Qui le retient de le faire? Personne, sinon il ne dirait pas qu’il peut le faire, mais qu’il pourrait le faire si seulement…

    Allez, un bon geste, passez-nous la salière, que nous puissions en saupoudrer une pluie fine de noms afin que d’aussi zignobles fleurs vénéneuses (candidats “assassinés”, délit de “sale gueule” théorique) ne repoussent jamais.

    Il peut le faire. Il le dit.

    Il a le courage de le faire puisqu’il n’a « jamais considéré un dossier autrement que sous son angle scientifique ». Je n’en doute pas.

    Il a le devoir professionnel de le faire de par ses fonctions, que dis-je, il en a le devoir moral, car rien n’est plus haïssable que le mensonge par omission, rien n’est plus lâche que le silence lorsque l’on peut parler.

    Il a pour lui la puissance, le courage et le devoir l’appelle. Alors il va passer à l’acte.

    Alors, chiche, il le fait?

    Je suis sérieux et si j’ai l’air de me moquer, c’est que j’en ai assez de ces plaidoiries chantonnées sur l’air bien connu des barbichettes tenues et des menaces voilées de claques qui ne viennent jamais. Cela fait combien de temps que les universitaires, et pas seulement les sociologues, rejouent cette scène de mauvaise série noire ou chacun conseille à l’autre de se rendre service en sortant dehors, tout en restant toujours dedans? Et où l’on s’étouffe de rage quand l’omerta est rompue en criant aux repentis et aux faux témoins à brevet?

    Ah, tiens, je vais allez me revoir un Soprano. C’est plus drôle et mieux joué.

    Bonne nuit à tous.

    Jean

  14. popaul32 dit:

    eh, le graphopathe Jean, si t’es pas un pote au cochon d’Inde satisfait Dubois, en tout cas j’ai rien entravé à ta prose, ça t’a au moins fait rater trois épisodes de Soprano.

  15. pdubois dit:

    @popaul32. Continuez donc vos commentaires anonymes. Ils sont fort réconfortants pour moi ! Pierre Dubois

  16. EluCNU dit:

    A tous et surtout à ce cher popaul32,

    Sincèrement, vous dérapez ! Après M. Tacussel qui reprochait à un universitaire consacré le passé « mao » de ses vingt ans (ou un peu plus) on touche vraiment le fond en matière d’anathème. C’est triste et grave ! On atteint même ici l’injure publique (« cochon d’Inde satisfait Dubois »).

    Que M. Tacussel n’aime pas les « rouges » et les « cocos »,tout en oubliant qu’Edgar Morin en était en son temps, ce n’est pas trop affligeant… Même si la manière de le dire est plus que cavalière.
    Vous concernant, c’est triste et grave ! On atteint même ici l’injure publique (« cochon d’Inde satisfait Dubois »). Quel mépris du monde !
    Au passage, je ne connais pas M. Dubois et ne suis pas son « pote ». S’il m’est arrivé de le lire, je ne l’ai jamais rencontré. Et ses prises de position, favorisées par son statut de retraité qui le mettent manifestement à l’abri, sont non seulement respectables mais héroïques par les temps qui courent.
    Au passage encore, cher Popaul32, de grâce, changez de « pseudo ». A moins que ce soit vous que l’on retrouve aussi sur certains sites internet d’un autre type. Quand l’usage de « Popaul32″ y est fait dans la pure tradition du langage populaire, le nombre 32 renvoie toujours à des centimètres ! Vous êtes ici sur un « blog » sérieux consacré à la fraude intellectuelle en milieu universitaire. Un peu de décence et de tenue s’il vous plait.

    Bref, je reprends la plume sur ce « blog » juste pour raconter une petite histoire qui ne manquera pas d’intéresser l’arrogante « bleusaille » sociologique qui s’est exprimée, du moins je l’espère :

    Dans le cadre de mon travail d’expertise des dossiers déposés pour la qualification aux fonction de Maître de conférences, j’ai devant moi une thèse de sociologie soutenue en 2010 dans laquelle l’auteur prétend ni plus ni moins (p.12) être le premier à avoir conduit une enquête par questionnaire auprès d’une population X. Il affirme également avoir innové en matière de technique de passation du questionnaire en trouvant un moyen original pour atteindre des individus difficiles à saisir en raison de leur mobilité géographique permanente. Pour manifester son originalité et son inventivité, il cite quelques travaux de devanciers, dont une thèse soutenue en 2005, en indiquant « qu’aucune enquête quantitative n’a été effectuée » par l’un ou l’autre des auteurs concernés.
    Or, la thèse de 2005 citée repose pour partie sur une enquête par questionnaire précisément réalisée en empruntant les mêmes voies que celles présentées comme originales par l’auteur de la thèse de 2010. En y regardant de près dans les annexes et en se donnant le temps de rechercher et de se procurer la thèse de 2005, on constate également que la toute première question du formulaire d’enquête utilisée est à quelques virgules près la même que celle qui figure dans le questionnaire de l’enquête qui n’aurait pourtant jamais existé !!! On a donc là encore un « copié/collé sans guillemets », même si l’emprunt d’une méthode ne saurait être considérée comme un « plagiat ». Avouons quand même que le procédé manque d’élégance. Et j’espère ne pas avoir à argumenter davantage pour faire partager l’idée que nous sommes ici face à une escroquerie intellectuelle manifeste puisqu’il s’est agit de s’arroger sciemment un statut d’innovateur sociologique tout en sachant que cette revendication était inexacte. En d’autres termes, cela s’appelle une volonté manifeste de tromper le jury de soutenance, volonté constitutive d’une fraude aux examens. Le jeune docteur ne pouvait en effet ignorer que ce qu’il s’attribuait avait été « emprunté » sans citation à un autre.
    Voilà une belle occasion de porter devant la section disciplinaire de l’université de soutenance (voire devant la justice) un cas typique de ceux que les instances de régulation de la pratique sociologique ne parviennent pas traiter adéquatement.
    Pas de chance pour le néo-docteur en sociologie. Il aurait pu tomber sur un expert qui n’y aurait vu que du feu. Malheureusement pour lui ça n’a pas été le cas. Je pense qu’il va devoir pour une large part l’avis qui sera rendu sur son cas à tous les AAA de la corporation, à tous ceux qui lui montrent depuis longtemps quels sont les voies à suivre pour se construire à moindre frais une notoriété sociologique.
    Mon discours fait sans doute « maton », procureur, Roi de France ou Dieu tout puissant. Mais j’assume car en la matière, les premières victimes sont ceux qui « font le métier » correctement. Ce sont eux qui doivent être défendus contre les tricheurs et les faussaires de tout poil et pas l’inverse.

    Bien à vous.

    PS : si monsieur Tacussel continue à lire ce blog il comprendra qu’il a sans doute été un peu vite en besogne en me répondant précédemment comme si j’avais quinze ans et demi ! Quinze ans et demi, c’est la durée de mon expérience d’enseignant-chercheur titulaire, sachant que je suis « indigné » depuis plus encore !
    M. Tacussel verra aussi qu’il y a encore des gens qui s’attachent, en y passant des heures et des heures, à vérifier dans le détail la validité scientifique des travaux présentés dans le cadre des procédures de qualification aux fonctions universitaires. Pour ma part, je ne l’ai jamais crié sur les toits puisqu’il n’y a là que du « normal » pour un enseignant-chercheur précisément rétribué pour cela par l’argent public.

  17. EluCNU dit:

    Juste une précision relative à l’anonymat des contributions qui, légitimement, pose problème.
    Pour ma part, je n’ai pas affiché mon identité dans la mesure où les noms des personnes n’importent pas dans un débat sur les principes. Je ne donne pas davantage le nom des personnes concernées par les faits que je m’autorise à dénoncer au nom du respect des règles de la pratique sociologique. Et puis, on ne peut exclure l’éventualité de se faire un jour « sacquer » pour avoir pris de telles positions…
    Par contre, j’ai pris soin de me faire connaître nominativement auprès du responsable du « blog » dès l’envoi de mon premier commentaire.

  18. François Vatin dit:

    Merci à EluCNU d’évoquer le cas de cette thèse. Il montre qu’il ne nous faut pas nous fixer sur le plagiat au sens juridique du terme, qui relève d’un problème de droit d’auteurs, lequel, en fait, n’existe pratiquement pas dans le monde des sciences sociales, vu le faible niveau des tirages.

    Ce contre quoi il nous faut lutter, et c’est malheureusement bien plus difficile, c’est contre toutes les formes d’escroqueries intellectuelles, lesquelles sont destinées à un rapport, non sur le marché inexistant de l’édition, mais sur le « marché académique »: obtention de postes, de promotions, etc.

    Le « plagiat » au sens juridique du terme n’est que la forme la plus visible (et la plus bête) de l’escroquerie intellectuelle. Il en existe bien d’autres, dont celle relatée par EluCNU.

    Cette question n’est pas sans lien avec une autre qui a fait couler plus d’encre ces derniers temps: les ravages de la bibliométrie. Ce qui est dangereux dans ce mode d’évaluation, c’est qu’il permet de se dispenser de lire des travaux, dont la valeur est définie par la cotation du support de publication. On peut ainsi reproduire à l’infini des jugements, parfois fondés, parfois erronés, ce qui rend très rentable la capitalisation académique des tricheurs.

    François Vatin

  19. Sous le pavé, le plagiat ? — pierremerckle.fr dit:

    […] Soit. Mais aujourd’hui, nous apprenons que le plagiat dans l’ouvrage d’Ali Aït Abdelmalek ne se limite pas en fait à l’auteur dont il fait l’éloge : un autre emprunt semble avéré, cette fois à l’Introduction à la sociologie de Michel de Coster, Marc Poncelet et Bernadette Legros-Bawin (2006) ; et d’autres encore, à Florent Champy, Claude Dubar ou Pierre Tripier, avaient été évoqués précédemment par Pierre Dubois dans ce billet. […]

  20. François Vatin dit:

    Nous sommes d’accord. Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas lutter contre le plagiat. J’ai dit qu’il ne fallait pas se laisser aveugler par cette seule question.

    Le problème est d’importance. La question du plagiat est une affaire de tribunaux commerciaux. Nous avons à juger quant à nous l’authenticité du travail sur de nombreux registres. De nombreuses tricheries manifestes ne seront pas jugées comme du plagiat par des tribunaux. Ce n’est pas une raison pour que nous ne les sanctionnions pas dans des jugements académiques.

    L’éthique académique n’est pas l’éthique commerciale. Attention à ne pas commettre cette confusion, alors que l’idéologie dite « néo-libérale » tend à réduire toute institution sociale au seul modèle du marché.

    FV

  21. Patrick Tacussel dit:

    je ne connais pas Popaul 32. Je n’ai rien contre les « rouges » (sic) dès lors qu’ils ne sont pas restés associés (sans remord ou réflexion crtique avec des régimes totalaires…par exemple E. Morin). J’ai été gratifié de plusieurs articles qui m ‘ont fait plaisir dans l’Humanité à la suite des travaux sur Fourier… J’n suis même très fier, ils sont accessibles sur le site de mon labo. J’ai néanmoins le droit de juger sur ce plan de la différence entre des intellectuels marxistes respectables comme Karl Korsch, Hermann Görter, Ernst Bloch -dont j’admire sincèrement et je crois l’avoir montré dans mes publications – et de « communistes » qui ont fini manifestement de « désespérer Billancourt ». Voilà enfin une discussion théorique intéressante : le dogmastisme althusserien maôlatrique n’ a t’il pas survécu, chez ses adeptes, sous une autre forme (professionnelle, institutionnelle). Desolé pour les quinze ans, les avoir aujourd’hui, je ne dirai pas que c’est plus bel âge de la vie, mais pas le plus mauvais certainement.
    P. Tacussel

  22. Dubois dit:

    @Patrick Tacussel. Dans le groupe de discussion de l’Association des sociologues de l’enseignement supérieur, vous avez posté le commentaire suivant pour Alain Quemin : « Je viens d’apprendre dans votre courriel que Ali Aït-Abdelmakek s’est abandonné à un plagiat de Pierre Tripier. Pourriez-vous m’en fournir la preuve, d’autant que ce dernier n’en a jamais fait état ? Franchement, et entre nous, imaginez-vous qu’un collègue se livre à ce style d’exercice à l’égard de Pierre Tripier et dans quel bénéfice ? Bien à Vous »

    La preuve du plagiat est apportée dans cette chronique. Qu’en concluez-vous ? Ali -Aït Abdelmalek a-t-il plagié ? Si oui, lui avez-vous demandé de démissionner de la 19ème section du CNU ? A vous lire.

  23. Patrick Tacussel dit:

    Cher Collègue,

    Tout d’abord, j’ai le regrèt de vous informer du décès (mardi 25 Févier 2011) du sociologue américain Daniel Bell, âgé de 91 ans. D. Bell était notamment l’auteur de nombreux ouvrages qui lui avaient valu une réputation internationale. Il fut l’ami de Rudolf Rocker, infatigable miltitant de l’émancipation sociale, et qui avait écrit un livre précurseur : « Les soviets trahis par les bolcheviks », traduit plus tards en France…au début des années soixante (Paris, éd. Spartacus) Je signale son intérêt à notre collègue anonyme du CNU afin qu’il comprenne qu’un universitaire n’est pas stalinien ou maoïste par une excusable ignorance de la nature de ces régimes au cours des années soixante dix !
    Il faut une certaine dose de…
    Je n’ai pas demandé à Ali Aït-Abdelmalek de démissionner et n’entend pas davantage le faire aujourd’hui pour plusieurs raisons.
    La première n’est pas essentielle, mais cependant conforme à un usage qui invite les membres nommés d’une instance professionnelle à ne pas exiger la démission d’un membre élu sur une liste syndicale (ou associative)de cette même structure, sauf s’il a commis une faute grave ou avérée, une forfaiture, un manquement moral dans le cadre de ses fonctions et de ses mandats. A ma connaissance et à cette date, je n’ai lu aucune accusation de cet ordre concernant Ali Aït-Abdelmalek (ni d’ailleurs au sujet de quiconque membre du CNU depuis que je siège dans cette instance). Aucun membre, y compris démissionnaires il y a un an et demi, ne s’est fait l’écho d’une dénonciation de ce type. Tout simplement parce que personne n’ a été le témoin d’actes aussi répréhensibles et condamnables puisqu’il n’y en a jamais eus.
    Le second motif est de nature morale, mais comme le disait un célèbre théoticien, je concède qu’il puisse y avoir « leur morale et la notre » pour reprendre le titre d’un de ses célèbre essai. il y a incontestablement, au-delà des informations qui l’accablent ad nauseam, une chasse à l’homme contre ce collègue.
    Le dernier concerne mon analyse de cette opération. Je pense que cette campagne n’est pas essentiellement commandée par une indignation contre le plagiat à l’université. Le cas échéant, cette indignation aurait été étendue, depuis longtemps, à d’autres pratiques non moins douteuses et plus subtiles par exemple l’emprunt sans vergogne des idées reconnues de quelques collègues sans qu’il soit pour autant mentionnés (et sans leur accord bienveillant). J’ai quelques exemple en tête des plus récents.
    Enfin, je ne suis pas le seul à croire que cette campagne contre ce collègue est indexée sur un violent conflit qui concerne la nature de notre discipline et le rôle de ceux qui la représentent au sein du CNU. Je ne suis pas assez naïf pour adhérer à une autre hypothèse. Je me demande si à quinze et demi, je l’aurais été.
    Bien Cordialement
    P. Tacussel

  24. mado dit:

    A lire tous ces commentaires il apparait que beuacoup ont oublié une « chose » essentielle: les étudiants, auprès desquels un certain nombre de commentateurs sont censés exercer leur profession d’enseignant avec rigueur, honnêteté et probité intelectuelle. Le retentissement des pratiques « déviantes et répétées » (dénoncées dans ce blog) par certains membres du corps professoral ayant de part leur statut une autorité morale et réelle sur lesdits étudiants va influencer inévitablement leurs comportements actuels et à venir. La « corporation des sociologues » semble en effet plus préoccupée par ce qui ressemble à des réglements de compte internes dont l’origine est manifestement plus ancienne que l’affaire dénoncée içi: « plagiat ou contrefaçon » de pages entières de E Morin et de bien d’autres encore, par le même « auteur » coutumier du fait apparement, si l’on en croit les éléments de preuve apportés par P Dubois. Mais cette « chasse à l’homme » ne doit pas faire oublier la problématique initiale sur la question de la tromperie manifeste (via des « copiés collés » innombrables et non cités) dans la publication d’un ouvrage (pratique apparement très largement répandue y compris dans le milieu de la sociologie) qui a été le point de départ de l’affaire Ali Aït Abdelmalek. Mais si l’homme « incriminé » doit répondre de ses actes et de sa « déontologie professionnelle » et être sanctionné si nécessaire pour les faits reprochés, la profession ne doit elle pas également se positionner en regard d’agissements identiques pérpétrés par d’autres universitaires, dont la présidente de l’université de Polynésie? sujet ayant défrayé la chronique et ayant eu la faveur de la presse, ce qui n’a pas été encore le cas de AÏt Abdelemalek (mais ça peut encore venir)
    Et là étrangement silence radio, y compris du ministère, qui donne ainsi un signal « fort » à la communauté…Pourquoi donc? Les 2 « affaires » se ressemblent étrangement, et si l’un doit être sanctionné, pourquoi pas l’autre? Au nom de quoi? Sur quels critères? Je ne comprends pas ou plutôt j’ai peur de comprendre, peut êrte de travers d’ailleurs.
    Alors j’invite les différents protagonistes à se ressaisir, à contenir certains propos, et à agir non plus par ce qui ressemble à s’y méprendre à de la vengeance, revanche ou que sais je, (intéret individuel à préserver et/ou corporatise?), mais à remettre au coeur du débat les questions de fond et de valeurs morales à restituer aux « professionnels en devenir » que sont les étudianst d’aujourd’hui. Ne les oublions pas.

  25. Patrick Tacussel dit:

    Vous voudrez seulement excuser quelques fautes d’orthographe dans mon texte. Ce sont les seules éléments que je suis bien sûr disposé à corriger, mais absolument rien sur le fond.
    TP

  26. Patrick Tacussel dit:

    les seuls éléments

  27. Dubois dit:

    @Patrick Tacussel. Vous n’êtes donc pas disposé à changer la date du décès de Daniel Bell : mardi 25 février 2011. Lisez-vous dans les astres ?

    Vous siégez aux côtés d’Ali Aït-Abdelmalek dans la 19ème section du CNU. Je note que vous n’avez pas demandé sa démission et que vous ne la demanderez pas.

    J’ai posé deux questions. Vous avez répondu à la seconde. Il reste la première : « Ali Aït-Abdelùmalek a-t-il plagié ? ». A vous lire

  28. Marc_Vald'Oise dit:

    Bonjour à tous,

    Je ne suis pas sociologue ni universitaire de quelque « bord » que ce soit. Je suis arrivé sur cette discussion par hasard, au fil de blogs traitants du plagiat. Je dois dire que je suis stupéfait par la violence de vos conflits, que je suis bien sûr incapable de comprendre puisque je ne connais pas le contexte (sauf ce qui peut s’en deviner). La vie d’universitaire doit véritablement être un exercice à haut risque… Moi qui pensait que les universitaires avaient entre eux des relations, je n’irais pas jusqu’à dire confraternelles, mais au moins plus respectueuses que ce qu’on peut trouver, par exemple, dans les milieux politiques… Quelle haine entre vous !! Heureusement pour votre réputation (globale), le « grand public » dont je suis ne fréquente que rarement les blogs où vous vous déchainez les uns contre les autres. Cordialement tout de même…

  29. Dubois dit:

    @Marc_Val d’Oise. Grand merci de votre message et de votre réaction. J’aurais préféré ne pas devoir traiter une affaire de plagiat sur ce blog. Il est plus facile de se taire ou de laisser courir des rumeurs sournoises. J’ai pris la responsabilité de publier des plagiats avérés parce qu’ils sont une fraude inadmissible de la part d’un enseignant du supérieur, comme de tout autre enseignant d’ailleurs. Ces plagiats décrédibilisent une communauté scientifique et peuvent la tuer.

    Pourquoi des commentaires sont-ils violents ? Il s’avère que le plagiaire est vice-président de la 19ème section du Conseil national des universités dans sa discipline et qu’à ce titre il participe du processus de qualification aux fonctions de maître de conférences et de professeur. Il est en position de pouvoir : il est alors normal qu’il soit défendu par quelques-uns et ceux-là ont pris le parti d’injurier.

    Je n’ai évidemment aucune haine à l’égard d’Ali Aït Abdelmalek (je ne l’ai d’ailleurs jamais rencontré). Aucune de mes chroniques ne recourt à l’injure et ne demande de sanction. Ce n’est pas à un blogueur de condamner. Mon rôle a été d’établir des faits de plagiat avérés, de les mettre en contexte et de les diffuser.

  30. Et si dit:

    Je me posais une question : quelqu’un a-t-il lut le livre de M.Aït Abdelmalek ? Ce livre est-il bon ou mauvais ?

    Et sinon d’un point de vue légale, peut-il y avoir plagiat si le plagié est consentant ?

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