L’injure comme défense

Dans ma chronique du 2 décembre 2010 (cliquer ici), j’écrivais : « un lecteur du blog m’a fait part de ce qu’il a découvert, l’été dernier, dans un livre d’Ali Aït Abdelmalek : des phrases recopiées, sans guillemets, d’un livre d’Edgar Morin. Ce lecteur – il souhaite garder l’anonymat – me demande un avis. ”Est-ce un cas de plagiat ? Que peut-on faire ? Le “recopieur” encourt-il des sanctions ? Edgar Morin va-t-il, devrait-il porter plainte” ? J’ai pris mes responsabilités et publié, sur ce blog, des faits avérés de plagiat. Toutes les chroniques du blog sur le plagiat : cliquer ici.

Les spécialistes de la recherche sur le plagiat m’avaient prévenu : « cela va être dur pour vous« . Et cela l’a été, à ce point que j’ai failli arrêter ce blog (chronique : « Vert, blanc, noir« ). Le lecteur peut lire les commentaires aux chroniques « copier-coller sans guillemets » : l’injure comme défense du plagiaire.

Mais les faits de plagiat de ce professeur de sociologie sont établis. Les associations professionnelles, l’Association des sociologues de l’enseignement supérieur et l’Association française de sociologie, sont donc montées au créneau et ont publié, le 24 janvier 2011, un communiqué pour condamner les plagiats : cliquer ici. Elles demandent « au Président de la 19ème section du CNU [sociologie-démographie] de faire en sorte qu’Ali Aït Abdelmalek quitte ses fonctions [de vice-président de la section]… « parce qu’il n’a plus aucune légitimité pour expertiser les dossiers [de qualification et de promotion] qui lui sont confiés au CNU ». Ce communiqué n’appelle pas à d’autres sanctions, à celles que pourrait prononcer par exemple la section disciplinaire de l’université. Pierre Mercklé commente sur son blog : « Sous le pavé, le plagiat ? » On lira aussi : « Dans les pavés, le plagiat » (ici) et repris dans Paperblog.

Le communiqué de l’ASES et de l’AFS est modéré. Il n’empêche ! Les injures ont repris comme en témoigne cette lettre de « solidarité », adressée à Ali Aït Abdelmalek et avec copie à Joëlle Deniot, par Jacky Réault, agrégé d’histoire, maître de conférences en sociologie à l’université de Nantes, aujourd’hui en retraite : cliquer ici. Co-découvreur des plagiats avec le lecteur anonyme de ce blog, je considère que ces injures me sont adressées et je porte donc plainte auprès du président de l’université de Nantes.

Voici les propos que j’estime diffamants : « Hommes pervers », « infâmes acharnements de mafieux cyniques », « chasse à l’homme », « immonde campagne », « acharnement meurtrier », « bande mafieuse », « acharnement répugnant de bande organisée », « chiens », « clans privés », « chiens de garde du totalitarisme intellectuel », « tricoteuses d’échafaud », « clans toujours staliniens d’un marxisme de farce recuit », « infirmes aveugles », « culture d’inquisition », « blog du plus hystérisé des lanceurs de meute« , « meurtriers de la pensée qui prétendent te condamner à la mort sociale ». Ces propos sont de même tenue que ceux de la « sottie » publiée par Michel Maffesoli en février 2010 : « Notes sur la grippe cochonne » (cliquer ici).

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Article du on Mercredi, janvier 26th, 2011 at 18:42 dans la rubrique A. Débattre. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

7 commentaires “L’injure comme défense”

  1. Michel ABHERVE dit:

    Il mznque quand même « Vipères lubriques »

  2. Twitter Trackbacks for L’injure comme défense | Histoires d'universités [educpros.fr] on Topsy.com dit:

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  3. Patrick Tacussel dit:

    Cher Collègue,

    Je suis convaincu que tout cela ne serait jamais arrivé si, pendant des années, des collègues n’avaient pas été pris à parti sous tous les prétextes possibles (nomination au CA du CNRS, au CNU et promotions dans cette instance par des voies non moins légales et autant légitimes que leurs prédécesseurs, etc). Vous avez prêté votre concours, à travers votre blog, à toutes ces opérations où ces collègues ont été traités de tous les noms (« porcs » par un Professeur de Besançon, « corrompus » par un ancien membre du CNU, lui-même bien placé pourtant pour parler des promotions par le CNU avec d’autres bénéficiaires dans la même période, sans parler des analogies indécentes entre Ben Ali et Ali¨-Aïtabdelmalek par un sociologue visiblement en mal de repères sur le plan politique et moral,etc). Vous vous indignez de la violence de la réaction de collègues qui en ont assez de ces campagnes régulières de
    dénonciations qui empoisonnent notre discipline depuis près de dix ans.
    Vous auriez aimé qu’ils se taisent et nourrissent une crainte vis-à-vis des associations qui les attaquent en permanence, vous voyez maintenant qu’il n’est rien. Vous vous en plaignez, mais honnêtement n’était-ce pas prévisible ? Pensiez-vous un seul instant que les collègues incriminés se laisseraient faire par d’autres, quand bien même ces derniers s’auto- proclameraient majoritaire par le truchement d’associations jumelles,auto-proclamation qui est loin d’être vérifiée …
    La sagesse serait de faire une pause et laisser les collègues faire leur travail et accomplir leur mission, assumer leurs responsabilités pédagogiques et scientifiques tant sur le plan local que national. Vous constaterez alors que le vie universitaire de notre discipline s’en portera mieux. Comme le notait Franco Fornari : « L’un des résultats de l’inflation intellectuelle de la civilisation occidentale semble être lié à l’oubli, par l’homme civilisé, de ce dont fait preuve l’homme primitif, à savoir de se sentir responsable de son propre inconscient ». Cette remarque résume et explique peut-être à elle seule toute la situation que je viens d’évoquer. Franchement, je crois qu’il faut mettre fin à cette spirale infernale et à ce triste spectacle. L’essentiel est de défendre nos pairs en difficulté en de nombreux coins de la planète (en Hongrie, en Turquie, en Chine,etc) plutôt que de laisser en exemple aux générations futures de sociologues français les conflits qui les ont opposés ont dans des instances de pouvoir probablement disparues d’ici la fin du siècle.
    Cordialement

    Patrick Tacusse

  4. pdubois dit:

    @Patrick Tacussel. Le temps de l’oubli viendra ; je suis, bien sûr, opposé à toute double peine. Mais pour le moment, il vous faut répondre clairement à la question : Ali Aït-Abdelmalek a-t-il plagié ? Pierre Dubois

  5. Brighelli dit:

    Vous êtes sûr que c’est un universitaire qui a écrit ça ? C’est bourré de fautes d’orthographe — et graves.
    Par exemple : « Ali tu ne serais pas mieux si tu lâchais devant les chiens qui s’acharnerais plus que jamais… »

  6. pdubois dit:

    @Brighelli. La réponse est « oui »
    Le CV du signataire des propos que j’estime « injurieux » :
    http://www.lestamp.com/equipe/jacky.reault.htm

  7. Emmanuel dit:

    Je viens de découvrir cet élément, qui me rend d’autant plus triste que j’ai eu la chance de connaitre l’auteur de ces propos, un grand intellectuel et un remarquable enseignant il y a 20 ans. Cela montre à quel point la « pensée » de MM peut être pernicieuse…

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