Le plagiat de la recherche

Le plagiat de la recherche scientifique“, colloque des 21 et 22 octobre 2011, organisé à Paris 2 Panthéon Assas. Le programme détaillé. Les spécialistes du plagiat m’étonneront toujours. Après des années et des années de recherche, ils me semblent bien timorés : “le colloque a pour objectif de présenter quelques pistes de réflexion pour contribuer à l’étude de ce phénomène. Préciser les éléments de définition du plagiat scientifique comme des travaux de recherche menés dans les universités, approfondir les moyens de le caractériser et de les détecter sont de ces étapes qui permettraient, peut-être, de construire les principes d’une réponse consensuelle à lui donner”. Seulement peut-être ?

Après 24 chroniques sur le plagiat publiées sur ce blog, j’aurais aimé qu’au moins une des communications fasse le bilan quantitatif des dénonciations de plagiat avéré par des étudiants ou des enseignants français. Combien de cas cités par les blogs des spécialistes (ils participent tous au colloque) ? Que sont devenus les plagiaires ? Dans combien de cas le dossier a-t-il été instruit en section disciplinaire de l’établissement ? Quelles ont été les décisions prises par les membres de ces sections ? En cas de sanctions, combien de recours en appel auprès de la section disciplinaire du CNESER ? Quelles décisions finales ?   

Je risque une hypothèse forte. Se développent les cas de plagiat, les logiciels anti-plagiat, les chroniques sur les blogs des chercheurs sur le plagiat ! A l’inverse, les sanctions contre le plagiat ne progressent pas. Infirmer ou confirmer cette hypothèse ? A débattre !

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Article du on Lundi, octobre 10th, 2011 at 16:13 dans la rubrique Débattre. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

11 commentaires “Le plagiat de la recherche”

  1. Touzeil-Divina dit:

    Cher monsieur,

    j’espère donc que vous viendrez au colloque car votre “hypothèse forte” est précisément l’objet de mon intervention. Le débat étant lancé, pourquoi ne pas s’en réjouir ?

    Bien cordialement

    MTD, webmestre du site plagiat-recherche.fr

  2. De l'autre côté... dit:

    Est-ce qu’un colloque scientifique a pour objet de présenter des bilans quantitatifs? ne s’agit-il pas d’étudier un phénomène tellement fréquent que l’on ne peut se contenter d’en faire des bilans. Il ne sert à rien de se lamenter sur les lacunes d’un système sans connaître les commencements et aboutissants. Si les sanctions tardent autant ne serait-ce pas, justement, à cause de cette attitude persistante qui ne relève que des faits ?

    Il est un temps pour réfléchir … pour mieux agir. Car “préjuger” n’est pas des us et coutumes des chercheurs.

    Il vous reste donc à venir écouter les différentes interventions dont les intitulés ne disent pas nécessairement l’ensemble de leurs contenus…

  3. Dubois dit:

    @Touzeil-Divina et @ de l’autre côté. “Venir écouter” ou “venir débattre” ? Ce n’est pas la même chose ! Les spécialistes en recherche sur le plagiat sont non seulement invités dans les colloques (ils sont défrayés pour cela par leur labo), mais de plus ils sont quelquefois rémunérés pour conseiller les universités. Avec quels résultats ? A l’inverse, retraité vivant à Strasbourg, je n’ai pas les moyens de participer à un colloque parisien sur le plagiat. A vrai dire, je n’ai pas envie de m’y rendre, car le programme me paraît fort nombriliste (les spécialistes entre eux vont se féliciter de faire d’excellentes recherches).

    “Est-ce qu’un colloque scientifique a pour objet de présenter des bilans quantitatifs?” demande de l’autre côté. C’est quand même un minimum, non ? La demande que je formule dans la chronique est bien une demande minimale : la section disciplinaire d’établissement existe ; combien de sections ont instruit des cas de plagiat ? Quelle ont été été leurs décisions ? N’est-ce pas le devoir du chercheur d’établir des faits, encore des faits avant même de les interpréter ? Sinon, comment confirmer ou infirmer l’hypothèse qui court : “les universitaires protègent les plagiaires”.

  4. Touzeil-Divina dit:

    Mince alors je ne pensais pas que ce serait vous qui prétendriez à l’existence de la thèse de la présecience et de la cognition innée ! Comment savez-vous à l’avance ce que (et là je ne parle que de moi afin de ne pas inclure et préjuger des autres) bref comment savez-vous a priori ce que je vais dire sans l’avoir écouté ? Vous êtes exceptionnel …. A cet égard, auriez-vous la possibilité de m’envoyer le texte de ma contribution (ce qui m’évitera de l’écrire si vus l’avez déjà rédigée). Par avance merci.

  5. alain quemin dit:

    Ce qu’écrit Pierre Dubois est encore bien indulgent par rapport à la réalité des pratiques ! Qui sait que les personnalités les plus reconnues de la “lutte contre” le plagiat (enfin, lutte est un grand mot, car il s’agit davantage d’informations et de “cas” sur lesquels chacun est invité à contribuer, ce qui donne ensuite matière à une production de l’”auteur”) se font rémunérer par les institutions dans lesquelles sont apparus des cas de plagiat pour aller justement “réfléchir” en leur sein lors de colloques “de réflexion” ?!!
    A ceux, comme Pierre Dubois qui douteraient donc que la simple réflexion soit utile et qui s’étonneraient du fait qu’elle dure depuis aussi longtemps, je peux donc apporter une contribution éclairante : cette réflexion nourrit certains collègues et pas seulement intellectuellement : leur compte en banque également. Enfin, même pas tout à fait le leur, car ils se font parfois rétribuer via des associations loi de 1901 ou leur équivalent étranger. En France, de nombreux collègues pratiquent cela pour ne pas payer d’impôts sur ces revenus supplémentaires en attribuant de belles et nobles causes à ces structures. Mais personne n’est dupe.
    C’est très joli de réfléchir sur le plagiat. Ce serait sans doute utile de réfléchir plus largement sur l’éthique. Et de changer dès à présent certaines pratiques.
    Car quand on est payé par les institutions dans lesquelles sont apparus des cas de plagiat, je ne pense pas que l’on soit totalement libre vis-à-vis de celles-ci et que l’on puisse s’engager dans autre chose qu’une vague réflexion.
    Et si la nature même du mode d’”intervention” empêchait évidemment toute forme d’engagement dans des actions concrètes ?

  6. pdubois dit:

    @Touzeil-Divina. La moquerie est une stratégie légitime de défense. Elle est salutaire ou indigne. A vous d’estimer la nature de ce que vous avez écrit dans votre commentaire. Puisque vous avez écrit que votre communication existait, j’aurais préféré que vous me proposiez de la publier en avant-première sur le blog. Au moins, ce serait la preuve que vous traitez des questions posées dans ma chronique.

  7. Touzeil-Divina dit:

    Cher monsieur, je ne me moque jamais gratuitement et n’ai aucune stratégie (en tout cas pas à votre égard). Vous avez attaqué a priori et gratuitement un événement dont je suis co organisateur ; il était logique que je vous réponde car - précisément - vos propos étaient gratuits et ce, en méconnaissance de ce qui se fera (puisque l’événement n’est pas encore passé). J’ai simplement réagi et tenté un brin d’humour manifestement à tort :-). Pardonnez-m’en.

    L’usage universitaire, en outre, m’interdit de vous donner a priori également un texte qui est rédigé pour le colloque.

  8. Renaud BUEB dit:

    Le plagiat, c’est d’abord une question d’éthique… or il semble que l’Université se préoccupe beaucoup de l’éthique des autres, comme la bioéthique, et bien peu de la sienne. Mais soulever la question du plagiat, c’est soulever le tapis, et sous la tapis, les choses ne sont pas forcément belles à voir : thèse de complaisance, directions de thèse plus que légères, réseaux de services et de petits arrangements entre amis, etc….
    En Allemagne, un ministre a été contraint de démissionner pour cause de plagiat de thèse.
    En France, il y a beaucoup de complaisance. Il suffit par exemple de voir les réactions du milieu littéraire (affaire Macé Scaron) qui s’auto-protège. N’en serait-il pas de même à l’Université ? Et la ministre, lorsqu’elle a été saisie de cette noble cause, a préféré botter en touche… et contourner l’obstacle… ah le panache en politique ! On aurait pu attendre un beau et ferme discours de principe… à celle qui était censée protéger l’Université.
    Personne ne veut sanctionner… preuve de grand courage !!! mais aussi d’une certaine déliquescence morale de l’institution.
    Que ne ferait-on pas pour réussir ? Mais ne sommes nous pas aussi les victimes du productivisme, du chiffre ? il faut produire des thèse, qui plus est, en sciences humaines, en trois ans… une gageure voire une imposture…
    O tempora o mores

  9. mado dit:

    On prend (presque) les mêmes et on recommence. Quasiment 1 an après “l’affaire” Ali Ait Abdelmalek qui a défrayé la chronique de ce blog pendant de nombreuses semaines avec le plagiat que l’on connait (sinon se référer aux rubriques antérieures de Pierre Dubois)qu’y a t’il de changé? Rien semble t’il au grand désespoir de certains. Et pour cause…
    La morale, l’éthique, le respect de la déontologie etc… finalement cela doit s’appliquer aux étudiants ( on dirait qu’il y a une forme de consensus la dessus), mais pas aux “professionnels” que sont les universitaires, qu’ils soient maitre de conférences, ou professeurs. C’est à n’y rien comprendre! ou bien alors est ce l’illustration quasi parfaite de l’adage “faites ce que je dis et pas ce que je fais”.
    Quand par ailleurs intervient la notion de business (quelle idée saugrenue de parler d’argent à l’université!) on se demande alors si on n’est pas dans le “charity business” qui veut qu’on n’est jamais si bien servi que par soi même. Ce que certains ont bien compris et s’appliquent généreusement à eux mêmes. Il n’y a pas de petits profits après tout.
    Mais si débattre, rebattre, rabacher (voir même radoter parfois)sur certains sujets s’apparente à un exercice de style “pédagogique” pourquoi donc après les discusssions, propositions, chartes en tous genres, en est on toujours au même point …mort??
    Et comment sortir de tout cela en cohérence avec les objectifs annoncés et affichés d’une plus grande moralité?
    Si ce blog a le mérite de titiller sur la question, peut être servira t’il à faire avancer le schmilblik.
    Sinon tout continuera dans le “meilleur” des mondes pour le bonheur de quelques uns.

  10. pdubois dit:

    Nouvelle chronique. “Le plagiat progresse-t-il ?”
    http://blog.educpros.fr/pierredubois/2011/10/18/le-plagiat-progresse-t-il/

  11. Zero dit:

    « petits arrangement entre amis » OUI,OUI,OUI et même « Petits meurtres entre amis » car ces arrangements dont vous parlez, ce sont en premier lieu les étudiants et les thésards qui en sont les otages et les victimes !

    Les contrats doctoraux proposés non pas aux plus compétents mais aux « connaissances », les arrangements entre directeurs de thèse pour s’assurer le personnel vacataire nécessaire à la prise en charge de travaux dirigés, personnel qui coûte tellement peu à la fac si on compare le « salaire » misérable d’un vacataire à celui d’un doctorant contractuel (qui effectue bien souvent moins d’heures de travaux dirigés qu’un vacataire, voire qui n’en effectue pas du tout !!! soit dit en passant !).

    Sans parler de l’hypocrisie ambiante de ce milieu, commune certainement à l’évolution de notre société toute entière me direz-vous mais qui semble dépasser l’entendement dans le milieu de la recherche !

    Bref, à défaut de vendre votre âme au Diable (et peut-être votre corps avec), fuyez petites brebis, sous peine d’être bientôt victimes de ces « petits meurtres entre amis » !!!

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