Nantes n’a plus de thune

Suite des chroniques sur la crise financière des universités : « Rogner, sabrer, voire annuler des dépenses« . Les lecteurs du blog ont identifié 17 types de dépenses rognées. Les discussions budgétaires 2012 sont âpres dans les universités. En période de « vaches maigres », l’université de Poitiers n’hiésite cependant pas à se payer un nouveau logo !

Le président de l’université de Nantes a annoncé à tous les personnels que le Conseil d’administration voterait un budget 2012 en déséquilibre. Olivier, maître de conférences en sciences de l’information à l’IUT de La Roche-sur-Yon, blogue sur la mise sous tutelle l’université par le recteur d’académie. Avec un humour assassin et bienvenu, il retrace, dans sa chronique, deux semaines de mauvaises nouvelles financières pour l’université, pour l’IUT, pour ses partenaires professionnels et pour lui-même. A lire absolument. Trois chroniques de ce blog sur l’IUT de Saint-Nazaire, autre IUT de l’université de Nantes.

Olivier ne mentionne pas que l’université de Nantes élira son Président début 2012. Dans un contexte financier fort difficile, le président actuel passera sans doute la main ! Olivier conclut. « Une université autonome. Libérale. Décomplexée. Sous tutelle. Qui s’est laissée prendre au piège de la promesse programmatique d’un financement concurrentiel. Une université bien trop encore imbue d’elle-même pour oser affirmer sans ciller qu’il ne saurait y avoir de compétitivité dans l’enseignement, que l’idée même d’une « concurrence saine » dans la recherche était au mieux un oxymore. Une université cravattée qui n’a pas voulu que l’on puisse dire d’elle qu’elle était incapable de jouer le jeu de l’autonomie comme un enfant de 10 ans ne voudrait pas que l’on puisse dire de lui qu’il est incapable d’aimer le foot« .

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Article du on Mercredi, novembre 9th, 2011 at 20:22 dans la rubrique C. Pays de Loire. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

16 commentaires “Nantes n’a plus de thune”

  1. Marianne dit:

    Dans son blog il y a aussi la fin programme des IUT..Dommage de casser ce qui marche

  2. olivier ertzscheid dit:

    Je confirme que le président actuel devrait bien laisser la main en 2012 :-) Et je confirme aussi qu’aune situation désespérée n’effraie les ambitieux, et qu’on ne devrait donc pas avoir de pénurie de candidats à la présidence en 2012.
    Merci en tout cas du relai de mon billet.

  3. Ghislain Bourdilleau dit:

    Je lis depuis des semaines avec autant de plaisir que d’inquiétude vos chroniques. Elles rassurent de voir que la crise financière des universités est présente partout et pas seulement dans la mienne, elles font peur car les sorties de crise financières ne sont pas lisibles.

    A l’Université de Poitiers, la situation n’est ni pire ni meilleure qu’ailleurs, nous ne sommes donc pas en bonne santé financière.
    Aussi, quand nous mettons en place une stratégie de communication qui n’existait pas et que cela passe par en toute petite partie par un nouveau logo, nous ne pouvons le faire, décemment, qu’à l’économie. Notre nouveau logo coûte 4500 €. Notre nouveau logo, notre nouvelle charte graphique, notre nouveau mag interne, notre nouveau mag externe, notre nouveau site web, nos nouveaux gabarits vidéos… nous coûtent au total 35000 €… ce n’est pas grand chose et pourtant, nous l’autofinançons sur le budget de communication de l’Université, en procédant… à des coupes ! Le budget communication de l’Université de Poitiers correspond à 0,12% du budget de l’Université, je ne pense pas que c’est ici que des économies seront trouvées, c’est, par contre, par là, entre autres voies,que des chemins se construisent pour fonder une université attractive.

    Pour info, les universités sont nombreuses à retravailler leurs logos et identités graphiques http://www.actulogo.fr/2011/11/universalites/ & http://www.actulogo.fr/2011/10/luniversite-de-rouen-sengraisse/

  4. PR27 dit:

    @Ghislain B. : oui, il faut que les universités communiquent clairement, de manière complète, à jour, fassent connaître leurs activités. J’ai cependant un petit problème avec cette question d’ « attractivité » et j’avoue ne pas avoir les idées claires sur le sujet – contrairement à vous qui êtes un professionnel de cette question – et j’aimerais pourtant bien….
    L’université est-elle là pour rendre servir à son environnement humain, culturel et économique ? (c’est en gros l’explicitation de EPSCP). Informer, attirer, communiquer, donner une bonne image, est-ce rendre ce service ? Je crois que ça y contribue de manière importante, mais les jours où je suis pessimiste parce que j’ai entendu cent fois « attractivité » dans des réunions, j’ai l’impression que quand l’université diffuse ses savoirs et fait connaître ses activités, elle le fait pour attirer (l’argent, les bons étudiants, les célébrités de la recherche….). Ces entités attirées contribueront à améliorer les savoirs diffusés à l’instant suivant, donc on retombe sur nos pieds, mais certains discours me font douter de qui est « fin » et de ce qui est « moyen ».
    Je suppose que c’est l’évidence quotidenne pour les communicants universitaires. Moi, ça me chiffonne parfois….

  5. Ghislain Bourdilleau dit:

    Je comprends parfaitement ces questions. La LRU pousse à la concurrence et en même temps que celle-ce existe, nous connaissons heureusement de grands partenariats inter-universitaires. Nous menons, de notre côté une opération avec des universités arabes afin de les aider à se développer. La solidarité est heureusement autant souhaitable que possible.
    Je reste un communiquant en université et à ce titre les budgets com sont dérisoires. Je les ai connus bien plus importants dans les collectivités territoriales… et les grandes écoles où ils oscillent entre 3 et 5 % du budget, 20 fois plus que chez nous.

    L’attractivité souffle un vocable très marketing à l’oreille et c’est bien désagréable. Sans doute, dans certains cas il n’est pas usurpé, dans d’autres, il faut y voir projet et survie. Posons juste la question des choix de l’hypercentralisation autour de quelques pôles qui menacent la majorité des universités de marginalisation et de devenir des collèges universitairse alors que pourtant formation et recherche y sont de qualité… ici, la communication a pour but de rendre lisible une réalité, très largement niée par le ministère et l’imaginaire collectif sur les universités en France… Je n’irai pas jusqu’à dire communiquer (valoriser, rendre lisible…) ou mourir, mais dans ce monde en crise, ça devient un enjeu.

    Par ailleurs, c’est amusant de voir, comment, dans ces moments là, la communication peut vite devenir une cible, un gaspis. Si la grande majorité des remarques que j’ai reçues étaient positives (plus que je ne le pensais) lors de notre changement de logo, certains l’on comparé à la question des heures complémentaires… elles sont 24 fois plus importantes que la totalité de mon budget et 200 fois plus que le budget sur la refonte de la communication… ces fantasmes révèlent une question culturelle fort intéressante. Les mutations, bonnes ET mauvaises sont plus rapides que notre façon de penser et vivre l’université

  6. Renaud dit:

    Quand on voit le contenu de la communication universitaire, des documents qui font d’abord plaisir à leur commanditaires… on peut se poser la question de l’utilité d’augmenter les budgets de com… avec des agents contractuels mieux payés que des enseignants chercheurs. La com c’est souvent la belle image, qui cache la (triste) réalité.

    Une bonne université n’a pas besoin beaucoup de com, elle a sa réputation… et ça se sait. La com, je le répète ça sert faire plaisir à celui qui la paye… cf. la com des collectivités locales, qui est de l’argent gaspillé.

    Un logo ne fait pas la qualité de l’enseignement et de la recherche…

    La meilleures com : ce sont des bons cours, des étudiants satisfaits, des talents reconnus et récompensés, de bons partenariats avec les professionnels locaux, des enseignants chercheurs épanouis et heureux et qui le diront, des publications, des conférences, une présence dans sa région et auprès des décideurs locaux… les logos et les plaquettes en couleurs, c’est fait pour les gogos. Ne tombez pas dans le piège dans lesquelles sont tombés les collectivités locales… au frais du contribuable… c’est à dire à nos frais.

  7. PR27 dit:

    @Ghislain B. : merci de votre réponse précise. « ici, la communication a pour but de rendre lisible une réalité, très largement niée par le ministère et l’imaginaire collectif sur les universités en France… » : J’achète sans hésiter cette manière de voir ! Je crois que c’est orthogonal aux modalités de diffusion qu’évoque Renaud ensuite, qui ne sont toujours simples. L’étudiant qui se demande où il va aller étudier, a t-il les moyens de faire un sondage représentatif sur des étudiants en place et diplômés, pour évaluer leur satisfaction ?
    Nous sommes face à des lecteurs pressés et souvent non-experts (et même les experts méritent d’être bien traités!). Que l’université donne une image accueillante et où l’information est bien diffusée, c’est évidemment très positif, tant en interne qu’en externe. Il suffit d’imaginer un établissement avec une mauvaise communication où l’information circule mal, où les supports d’information sont mal adaptés au public, où il faut faire une demande en 3 exemplaires avec l’air de déranger pour obtenir le contenu d’une formation, ses débouchés, ou l’activité d’un labo de recherche….Tant côté recherche qu’enseignement, je fréquente nos chargé(e)s de communication et je n’ai évidemment aucun doute sur l’utilité et la qualité de leur travail.

  8. L’autonomie … à quand v(n)otre tour | Blog d'Erwan Verron dit:

    […] à ceux qui la mettent en oeuvre, … et malheureusement aussi à ceux qui la subissent : – Nantes n’a plus de thune – Nantes : 1 semaine dans une université « autonome » et sous tutelle […]

  9. Ghislain Bourdilleau dit:

    Les questions financières deviennent dramatiques… comme d’ailleurs les nouvelles demandes d’économies qui nous tombent dessus, fondées sur des mauvais calculs… je suis consterné par la tournure des évènements

  10. Irnerius dit:

    Merci à tous pour avoir engagé un débat sur la communication des universités. Celle-ci coûte. En période « de vaches maigres », faut-il faire profil bas et réduire le budget ou au contraire mettre le paquet pour engranger de nouvelles ressources. Gagner en attractivité par le biais de la communication. C’est un deuxième débat tout aussi intéressant. Qu’est-ce que l’attractivité ? Comment la mesure-t-on ?

    Merci à Ghislain de nous avoir donné une série de précisions (dont le lien avec Actulogo). Le budget de communication de l’université de Poitiers est de 35.000 euros ; c’est bien moins que dans d’autres universités, que dans des écoles. Et Renaud précise : moins que dans des collectivités territoriales.

    Serait-il raisonnable de réduire un budget de communication dont le montant est faible ? Ne serait-ce pas une économie de bouts de chandelle ? Couper de 10% par exemple tous les unités budgétaires de l’université serait bien sûr stupide.

    Etait-il par contre nécessaire de modifier le logo pour une dépense de 4.500 euros ? Nouveau logo qui ne figure pas encore sur les pages du site de l’université http://www.univ-poitiers.fr/.

    L’université de Poitiers a été créée en 1431. Et alors ? L’ancienneté est-elle un gage de la qualité des enseignements et des recherches ? bien évidemment non ! Même chose pour le changement de charte graphique… Même chose pour la remise à plat et la refondation totale du site : combien coûterait-elle ?

    L’attractivité ne se joue heureusement qu’en partie sur le contenant. Commentaire suivant : je pars naviguer sur le site de l’université à la recherche d’informations sur la qualité des masters !

  11. Irnerius dit:

    Je viens d’effacer le commentaire en navigant sur le site de Poitiers ! Je vais donc transformer ce second commentaire en chronique ! A suivre !

    J’indique seulement le résultat de ma recherche sur un master choisi au hasard. Un bon point pour la communication de l’université : j’ai trouvé toutes les informations que je recherchais. Un mauvais point : ce master ne tient pas la route en termes de taux de succès et de devenir professionnel des diplômés, et ce sur deux années consécutives. Il fait fuir. Il est contre-attractif. Question : faut-il fermer ce master ? En effet, il coûte certainement plus que le budget du service de communication.

    Et dès lors s’engage un nouveau débat : faut-il communiquer sur les points faibles de l’université ? Transparence à tout prix ou non ?

  12. Ghislain Bourdilleau dit:

    Pas de confusion, le budget com à Poitiers est de 300 000 euros (35 000 euros c’est le coût de la refonte de l’identité et des nouveaux outils de com°)

    J’ai travaillé dans les collectivités territoriales où j’étais également dir com (donc le mal incarné)j’ai géré des budgets de 700 000 euros, c’est une autre dimension mais je suis quand même très heureux d’être revenu au monde universitaire que j’aime tant et que j’avais eu du mal à quitter (je suis un ancien VPE)

    La communication autrement sur un master, ce sera d’aller au delà de l’information brute sur le contenu d’un diplôme), recueillir des témoignages d’étudiants, diplômés, enseignants…

    Dernière précision pour Poitiers, nous avons organisé un vote sur le logo, la charte graphique découlant du choix, elle est en préparation, il aurait été inutilement coûteux d’en faire 4 distinctes avant les résultats… le logo va donc s’insérer prochainement… mais pas demain matin

  13. PR27 dit:

    @Ghislain : j’ai un pro sous la main, j’en profite :)

    J’ai le sentiment qu’il est souvent assez facile d’observer, via le web d’universités étrangères, les contenus pédagogiques se dérouler, les exercices sont en ligne, les anciens contrôles des connaissances, les pdf des transparents, les heures de rdv avec les enseignants. Rien de bien original ni sophistiqué dans tout ça…. mais vu de l’extérieur, ça donne une impression de vie plutôt positive, je trouve – sous réserve que les contenus soient de qualité suffisante et à jour : Un peu de gestion de CMS mais pas de rédactionnel, puisque ces pages sont en ligne pour les étudiants en cours d’études. Ca a l’avantage de paraître « la vie telle qu’elle est » et pas « publireportage sur plaquette » (critère bien connu des communicants et largement appliqué, je suppose).

    Dans quelle mesure la vie interne (pédagogie/recherche) des universités gagne t-elle a être exposée, à fin de communication ?

  14. pdubois dit:

    Question essentielle, PR27. Faut-il communiquer sur tout, y compris sur les points faibles de l’université, chacun sachant bien que toute organisation a des points forts et des points faibles. Le pire sans doute, c’est que la communication institutionnelle de l’université, qui met en avant les points forts, me maîtrise pas toutes les pages web. Et c’est là qu’pparaissent les points forts. Je le démontrerai pour une formation de master de l’univesité de Ghislain.

  15. PR27 dit:

    Je rejoins Pierre Dubois sur la mise en avant du 1431, c’est le côté de la communication qui me gêne. Ca me rappelle ces cérémonies de remise de diplôme où les universités françaises commencent à mettre chapeaux et costumes. Je les ai boycottées en tant que diplômé en Angleterre naguère, je les boycotte en France. Pourtant, en tant que responsable des stages de fin d’études en entreprise, je n’ai jamais économisé mon énergie. Pour moi, faire défiler les jeunes en costume dans le but d’en tirer un profit en termes d’image et un vague sentiment communautariste relève du Seguela des mauvais jours. Mais bon, je suppose que c’est efficace.

  16. Ghislain Bourdilleau dit:

    Comme nous sommes en train de revoir complètement notre site web, le nouveau apparaîtra en fev/mars, il n’est plus du tout à l’image du virage de notre communication actuelle.
    Par rapport à certains contenus : emplois du temps, cours, échange avec les enseignants, le parti pris actuel est de le réserver à l’ENT (Espace Numérique de Travail), pour lequel il faut utiliser son log in… et qui est donc un outil interne… est-ce un bon choix ?

    Pour « 1431 », je comprends les remarques. Personnellement, j’ai fait mes études à l’UVSQ, l’époque était à l’esprit pionnier, je suis personnellement arrivé dans cette université lors de sa troisième année d’existence officielle, elle vient de fêter ses 20 ans. Et bien, j’y étais engagé, élu, vice-président étudiant, fondateur du service de la vie étudiante, d’un pass culture… et je ne supportais pas l’arrivée des fameux costumes, toges et robes que j’assimilais trop à l’univers anglo-saxon. Je ne sais pas si j’avais raison ou tort, ce que je sais en revanche c’est que chaque université écrit son histoire et qu’elle fait partie de son identité. Je suis fier de ce que j’y ai accompli et j’ai été invité, en acteur témoin, pour une émission tv sur les 20 ans. Je considère qu’une partie de mon identité se confond avec celle de cette université et particulièrement cet esprit pionnier. J’ai la sensation de faire partie de cette communauté.

    A Poitiers, l’université est différente car son histoire est différente et 1431 fait partie de son identité, tout comme Rabelais, Descartes et bien d’autres. On peut reprocher les robes et les toges sauf qu’elles sont là depuis le début, ça fait partie de son identité. On peut lui reprocher la très grande autonomie de ses facultés mais ça fait partie de son identité, à nous d’en faire des atouts. Affirmer ainsi des racines (dans un monde qui en manque cruellement si on y réfléchit bien), c’est aussi affirmer, une part, de son identité ; et ça ne l’empêche pas de construite son histoire et donc son identité au jour le jour, rien n’est figé, elle continuera d’évoluer mais elle sait d’où elle vient et ça a un sens. Là aussi, le mot « communauté » a un sens, et pas le sens galvaudé du communautarisme et ça ne l’empêche pas d’être présente dans de nombreuses collaborations nationales et internationales. Le vote de notre logo, d’ailleurs, était ouvert à l’ensemble de la communauté, ont pu voter personnel et étudiants mais aussi des anciens personnels, les diplômés (quelque soit la date de leur diplôme), les participants à l’université inter-âge…

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