Le président s’accroche

Première chronique sur les élections présidentielles dans les universités. 1. Occasion de faire le Tour de France des universités. 2. D’analyser leur communication institutionnelle lors des campagnes pour les élections aux Conseils et à la Présidence. 3. D’identifier les points faibles voire néfastes de la gouvernance instaurée par la LRU. 4. De s’interroger sur les réformes nécessaires.

Le blog recherche la coopération des lecteurs : toute idée de réforme (sous forme de commentaire ou de chronique) est la bienvenue ! Dans les chroniques « présidentielles », je ferai état des critiques et des propositions des commentateurs (lire la fin de ce billet). Débattre !

Premier cas de figure. Alain Brillard, président de l’université de Haute-Alsace (UHA), s’accroche. Ce cas a fait l’objet d’une première chronique en décembre 2011 (« L’absolutisme des présidents LRU« ). Aucune information dans les actualités de l’UHA. Le président, mis en minorité par son Conseil d’administration en novembre, a refusé le 13 décembre 2011 de démissionner. Son argumentation : “la loi n’autorise nullement le Conseil d’Administration à solliciter la démission du Président de l’Université”… « Le mandat [présidentiel] m’a été confié en juillet 2008 (interview du président en avril 2009) ; il court jusqu’au 19 juin 2012″. Bref, le président Brillard restera en place pour les 5 mois à venir.

Il s’accroche. Même sur des points qui paraissent secondaires mais qui constituent, tout au moins à ses yeux, une des multiples facettes du pouvoir renforcé du président LRU. Le CA lui a retiré le 13 décembre 2011 la délégation relative à l’approbation des conventions [cette délégation évite l’encombrement de l’ordre du jour du CA et est pratiquée dans la plupart des universités]. Alain Brillard, dans un courriel adressé le 4 janvier 2012 à des responsables de l’université, récidive : « ce retrait de délégation est illégal« … ; « il va sensiblement ralentir la mise en oeuvre des engagements contractuels ». L’argumentation est étonnante car le président ajoute : « j’ai décidé de ne pas retirer les délégations de signature que j’ai consenties aux directeurs de composantes ou à d’autres collègues ». Dès lors, où sont les difficultés ? La plupart des conventions seront donc signées ! Pourquoi Alain Brillard s’est-il laissé aller à écrire un tel courriel ? Pour dire à toutes et à tous : « j’existe » ?

Penser la réforme de la gouvernance. Le président peut démissionner mais il ne peut être démis par le CA. Chaque année, selon la LRU, le CA ”approuve le rapport annuel d’activité, qui comprend un bilan et un projet, présenté par le président”. Tous les présidents procèdent-ils à ce bilan annuel ? Le font-ils voter par le CA ? Toujours est-il qu’un vote négatif n’entraînerait pas la démission du président, comme le cas de l’UHA l’atteste.

Pierre-Alain. « Il faudrait peut être introduire une notion de “grande majorité” (plus de 66% du CA par exemple) capable de revenir sur une désignation de président. Tout pouvoir doit avoir son contre-pouvoir, tout système non-régulé dérive tôt ou tard ».

Ma réponse à Pierre-Alain : « L’assemblée de tous les conseils centraux, de composantes, de centres de recherche devrait pouvoir démettre le président. Le taux de 66% me semble un taux acceptable ». La différence avec votre proposition : élargir la « motion de censure » à un collège plus large. Il est surprenant que les universités libres et responsables ne puissent intégrer dans leurs statuts le droit de veto, la motion de défiance.

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Article du on Dimanche, janvier 8th, 2012 at 22:42 dans la rubrique A. Débattre, C. Alsace. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

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