La Cour des Comptes et la Licence

Rapport de la Cour des Comptes. La réussite en licence : le plan du ministère et l’action des universités. Entretiens de la Cour dans une vingtaine d’établissements. Dépenses pour le Plan Licence : 750 millions d’euros en 5 ans. Diagnostic sévère de la Cour. Je regrette cependant que les 3 recommandations finales se positionnent sur la structuration actuelle du premier cycle éclaté d’enseignement supérieur (Licence, DUT, BTS, CPGE), sans pouvoir penser une révolution : la création d’Instituts d’enseignement supérieur (98 chroniques du blog sur les IES).

Page 13. Evaluation globale. “La Cour considère qu’au regard du montant de la dépense publique dont le plan “Réussir en licence” a été le vecteur, il n’est possible de se satisfaire ni des conditions hâtives dans lesquelles les crédits correspondants ont été alloués, ni des modalités sommaires qui ont présidé au suivi de leur emploi, ni enfin, du défaut d’évaluation de leur impact”.

Page 3. Les indicateurs. “Les mesures utilisées conduisent donc à donner de la réussite ou de l’échec en premier cycle une définition qui peut apparaître réductrice, et qui ne correspond pas, de fait, à la réalité de maintes universités dont elle entache pourtant l’image. Malgré un diagnostic sur ce point partagé, le ministère et les universités ne se sont pas encore accordés pour arrêter un référentiel d’indicateurs validant une approche plus ouverte, mais aussi plus précise, de ce phénomène complexe”. Chronique du blog : “Licences : données et indicateurs“.

Page 19. Professionnalisation des étudiants et stages. “Il n’en reste pas moins que les universités demeurent confrontées à une réelle difficulté quant à la possibilité pour tous les étudiants en licence de réaliser un stage, notamment lorsque les potentialités du bassin d’emploi où elles se trouvent ne sont pas très développées”.

Page 23. Conclusion. “Les conditions dans lesquelles ont été alloués les crédits du plan “Réussir en licence” n’ont guère été sélectives. Si le fléchage de ce supplément de dotation a sans doute permis de consolider l’effort engagé par les universités, celles-ci n’en ont pas assuré un suivi suffisant, la direction générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle s’étant montrée de son côté peu regardante sur son usage”.

Page 24. Trois recommandations. ”Au regard de ces conclusions, la Cour formule les recommandations suivantes. 1. Dans l’éventualité où le plan “Réussir en licence” serait reconduit, subordonner l’attribution des crédits correspondants à des projets plus nettement identifiés et évalués, de manière à en renforcer le caractère incitatif et à en optimiser la consommation”.

2. “Au regard de l’évolution prévisible du vivier des bacheliers (entre bacs généraux, technologiques et professionnels), favoriser l’orientation des bacheliers généraux vers l’université et adapter les potentialités d’accueil des filières courtes (sections de techniciens supérieurs et instituts universitaires de technologie) afin d’accroître les possibilités pour les bacheliers professionnels et technologiques d’y entrer”. Chronique du blog : “Il manque 250.000 places en BTS“.

3. “Dans la perspective de la mise en oeuvre de l’arrêté “nouvelle licence” du 1er août 2011, procéder sans tarder à une évaluation des coûts induits par l’adoption des nouvelles maquettes d’enseignement qui en résulteront”. Chronique critique du blog sur l’arrêté du 1er août 2011.

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Article du on Mardi, février 21st, 2012 at 19:58 dans la rubrique Non classé. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

3 commentaires “La Cour des Comptes et la Licence”

  1. François dit:

    Une mine de chiffres dans les documents :
    http://www.onisep.fr/Espace-pedagogique/Diaporamas/Apres-le-bac-flux-et-voies-de-formation (2 documents)
    et http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Publications/08/2/EESR10_WEB_17-20_niveau_insertion_sup_167082.pdf (1 document)
    On peut extrapoler de l’étude de la cohorte de bacheliers 2004 contenue dans le document « Flux » les chiffres suivants :
    pour 100 nouveaux entrants en L1:
    - effectif L1 : 128,6 (100 nouveaux, 24,6 redoublants, 4 triplant la 1ère année)
    - effectif L2 : 60,9 (44,4 non-redoublants, 16,5 ayant redoublé L1 ou redoublant L2)
    - effectif L3 : 33,7
    - effectif total L1+L2+L3 : 223,2
    - diplômés : 28,8
    (le schéma fourni par le ministère ne mentionne pas de redoublants en L3).
    Donc coût d’un diplôme de licence : 7,75 x coût annuel moyen d’un étudiant inscrit (10 220 €) soit 79 k€.
    (sans doute moins car le coût d’un étudiant en licence doit être inférieur au coût d’un étudiant en master ou en doctorat).

  2. Damien dit:

    “- diplômés : 28,8″

    Euh, non. Là vous ne comptez pas les étudiants qui sont diplômés après leur redoublement (alors que vous comptez le coût de leur redoublement en les remettant en L1 et L2). Autrement dit, vous considérez que tout redoublant est une perte sèche, et que seuls les diplômés en 3 ans comptent.

    Je ferais le calcul autrement : sur 100 néo-bacheliers inscrits en L1, 28 % ont leur licence en 3 ans, 25 % l’ont en 4 ans (53 % en tout, cf le diaporama que vous citez). 28 % ne passent qu’un an en L1 (et ne se réinscrivent pas en fac). Pour simplifier les calculs, je considère que le reste (19 %) reste 4 ans et n’a rien à la fin (c’est très abusif, mais c’est un pire cas).
    Coût total pour 100 néo-bacheliers (en années de scolarités) : 28*3+(25+19)*4+28 = 288. Donc 2 880 000 Euros (à 10000 euros l’année, ce qui est très excessif en 2004 mais passons) pour 53 diplômés. Soit 54 k€ la licence.

    Prenons maintenant la prépa
    (cf Etat de l’enseignement supérieur en France, cohorte en 6ème en 1995)
    sur 100 bacheliers inscrits en prépa, 56 sont dans une grande école au bout de 2 ans (donc sont au niveau licence en 3 ans), 22 de plus au bout de 3 ans (au niveau licence en 4). Difficile de voir ce que font les 22 restants, mais on va dire que la moitié a une licence en 3 ans et l’autre en 4 ans, avec dans les deux cas 2 années de licence en fac (c’est très pifométrique, mais je n’ai pas mieux et ça fait 100 % de réussite au final, ce qui est optimiste).
    On va considérer qu’une année de prépa coûte 14000 euros (fourchette basse), et une année de GE 12000 euros (au pif).
    On a donc un coût de 56 * (14000*2+12000) + 22 * (14000*3+12000) + 11 * (14000+10000*2) + 11 * (14000*2+10000*2) = 4 330 000 euros.
    Pour 100 diplômés, ça fait donc 43 k€ par équivalent-licence.

    En dehors du caractère très approximatif des calculs, il est clair que les bacheliers entrant en fac et en prépa n’ont pas le même niveau initial (et les mêmes chances de réussite, à enseignement égal), et que le niveau atteint une fois la licence ou la première année d’école obtenu n’est probablement pas le même. Il est donc très difficile de comparer réellement les deux chiffres, mais la différence entre les deux, étant donné la différence de public, ne me semble pas exorbitante.

  3. François dit:

    Vous avez raison, les 28,8 diplômés correspondent aux 100 néo-entrants, et pas aux 128,6 inscrits en L1. Si on admet pour simplifier que ces 28,6 redoublants ont le même taux d’obtention du diplôme que les néo-entrants, le rapport coût du diplôme / coût de l’année tombe à 6.
    Autre approche d’après le RERS 2011 il y a 680 000 étudiants en licence et 122 000 licences par an, soit un rapport de 5,6 pour un cursus de 3 ans.
    Pour le master : 375 000 étudiants, 96 000 diplômes par an, soit un rapport de 3,9 pour un cursus de 2 ans.
    Le coût total bac à master serait donc de 95 k€ (pour un coût annuel par étudiant inscrit de 10 k€).
    Un cursus CPGE + GE doit coûter un peu moins de 3 ans de coût annuel pour la CPGE (cursus de 2 ans + redoublements + abandons)et un tout petit peu plus de 3 ans pour la GE sur concours bac+2 (cursus de 3 ans, redoublements et abandons minimes). On a donc des coûts bac à master et bac à diplôme de GE assez voisins (pour la GE, j’ai une plaquette de Supélec qui donne un budget de 40 M€ pour sortir tous les ans 460 ingénieurs, 80 masters recherche, 63 docteurs et 60 mastères).
    Le bilan avantages/inconvénients des deux systèmes doit donc être basé sur la comparaison des aspects pédagogiques et sociaux, et pas comme on l’entend souvent sur des aspects de coûts pour les finances publiques.
    Pour les aspects sociaux, il faudrait aussi comparer l’origine des diplômés des deux systèmes et pas celle des étudiants. Admettre de nombreux étudiants de milieux défavorisés qui ont très peu de chances d’obtenir un diplôme n’est finalement pas très social … mais permet de produire de bonnes statistiques.

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