Lyon 1 : le feuilleton continue

Dans la première chronique consacrée aux élections aux Conseils centraux de Claude Bernard Lyon 1, je m’étonnais de l’absence totale de transparence de l’université : “Lyon 1 : combien de candidats à la présidence ? . Les élections ont eu lieu le 31 janvier 2012 et aujourd’hui personne ne sait si Alain Bonmartin, président en exercice, sera candidat à sa succession. Lire également la chronique “Quand Domitien Debouzie présidait Lyon 1“.

Plusieurs commentateurs de la chronique ont permis d’y voir plus clair. Merci à Olivier Dezelus, François Locher, et Philippe Lalle d’avoir informé les lecteurs de ce blog. L’élection d’un président n’est pas un évènement interne à l’université ; c’est un évènement régional et national. Tous ceux qui souhaitent s’informer doivent pouvoir le faire avec facilité sur le site même de l’université : ce n’est pas le cas ! Déficit grave de communication externe !

Le feuilleton continue. Les élections ont eu lieu le 31 janvier 2012. L’élection du président aura lieu le 6 mars 2012, voire le 9 mars si, après cinq tours de scrutin le 6 mars, une fumée noire sort de la chaufferie de l’université. Les 22 membres du Conseil d’administration qui vont désigner le président ont été élus le 31 janvier 2012. Pourquoi attendre 5 semaines ? Les candidats à la présidence ne vont pas cogiter aussi longtemps pour penser leur mandat et se déclarer !

Encore faut-il qu’ils puissent candidater officiellement ! Ce n’est possible que depuis le 17 février 2012 et ce le sera jusqu’au 28 février ! Le feuilleton tourne à la farce. Intéressant de lire l’appel à candidatures. On y apprend en particulier qu’Alain Bonmartin n’est plus président de l’université, mais administrateur provisoire désigné par le recteur d’Académie. Pourquoi donc cet interim ? Les candidats doivent déposer une profession de foi ! Dont acte ! A noter que l’appel à candidatures est daté de la veille des vacances d’hiver en Rhöne-Alpes.

Feuilleton. Farce. Une farce farcissime. Les listes ISTS ont remporté 10 des 12 sièges du Conseil d’administration (profession de foi, liste des candidats et des 6 élus au CA). Avec un tel nombre de sièges, les listes devraient faire le président ! Pas si simple car ces “gagnants” n’ont pas, apparemment, de candidat à la présidence ! Surprenant ! C’est pourtant ce qu’un de leurs communiqués (17 février) annonce !  

“Cher-e-s Collègues. Les élections du 31 janvier ont donné à la liste “Inter-Sciences-Technologies-Santé- Ensemble pour Lyon 1″ (ISTS) une majorité d’élus dans les collèges A et B au Conseil d’Administration. Elles ont aussi placé cette liste en tête des deux autres Conseils centraux de l’établissement. Les listes ISTS avaient sollicité le suffrage des électeurs sur la base d’un projet, élaboré dans la concertation pour que l’université Lyon 1 soit  en mesure d’avancer dans les missions essentielles qui lui sont confiées. L’ensemble des candidats des listes ISTS remercie tous les électeurs qui leur ont apporté leur soutien et accordé leur confiance.

A l’issue de ces élections et comme ils s’y étaient engagés dans leur profession de foi, les membres des listes  ISTS proposent aux personnes qui adhèrent au projet et qui souhaitent candidater à la
présidence de l’Université de venir échanger avec eux
. Cet échange se fera sur la base du projet que les listes ISTS ont défendu avec succès. Ces discussions serviront à identifier le candidat que les élus ISTS soutiendront. Les candidats à la présidence qui le souhaitent prendront contact avec l’un des élus CA de la liste ISTS avant le 28 février. Avec nos sentiments cordiaux et  dévoués. Les membres des listes ISTS”.

Il faut donc penser qu’Alain Bonmartin n’est pas le candidat naturel de la liste ISTS… et même que les membres de la liste n’en veulent pas comme président. La tête de liste François Noël Gilly est PU/PH, classe exceptionnelle. Pourquoi soutiendrait-il un MCU/PH ? Qui sera le candidat à la présidence soutenu par les listes ISTS ? L’appel à candidature cache peut-être des dissensions internes à ces listes. Suspense jusqu’au 28 février. Suspense inadmissible ! Indigne d’une démocratie ! Mépris des électeurs !

Mais j’ai certainement raté une marche. J’avoue que je m’y perds encore dans la mesure où le PV des élections au CA (nombre d’inscrits, de votants, de suffrages exprimés par liste) n’a pas été publié par la com externe de l’université. Aurais-je oublié une liste outre celle de l’ISTS ? Liste Loïc Blum (seulement au CA). Listes Daniel Simon. Listes IDDE. Help aux commentateurs de Lyon 1.

Au final, je m’indigne d’une telle situation. L’université Claude Bernard Lyon 1 ne mérite pas la farce de ces élections. Rien n’y est transparent ! Et c’est la gouvernance instaurée par la LRU qui permet cela. Oui, il faut abroger cette gouvernance !

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Article du on Mercredi, février 22nd, 2012 at 0:03 dans la rubrique Présidents. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

4 commentaires “Lyon 1 : le feuilleton continue”

  1. mabherve dit:

    Merci à Pierre de ses chroniques qui nous montrent les faiblesses de la loi LRU en ùatière de gpuvernance
    Comment en effet penser que des listes puissent l’emporter dans un mode de scrutin conçu pour asseoir un pouvoir présidentiel sans avoir de candidat à la présidence ?
    C’est pourtant ce qui semble, si j’ai bien compris, produit à Lyon 1

  2. Daniel SIMON dit:

    Oui, vous avez raison, à Lyon 1 le feuilleton continue. On a effectivement le sentiment que certains avancent masqués (et je ne dis pas cela seulement parce que votre chronique date du mardi-gras !).
    J’ai souhaité au contraire que ma candidature soit connue très tôt (dès septembre) et pouvoir présenter des listes qui me soutiennent sans ambiguité. Il s’agit en effet d’être transparent et de respecter ainsi les électeurs. Mais cela correspond également à une manière de gouverner, en présentant un programme commun aux candidats au CA et au candidat à la présidence. C’est ce que permet la loi LRU, induisant ainsi une gouvernance partagée entre le CA et le président, autour d’un programme unique et durant un mandat identique. Nous avons là une situation analogue à celle d’une municipalité, où le maire gouverne avec son conseil municipal. C’est donc à mon sens un point positif de la loi LRU.
    Le point négatif, qu’il faut absolument réformer, c’est la prime à la liste majoritaire dans les collèges A et B. Les effets pervers en sont parfaitement illustrés par ce qui se passe actuellement à l’université de Bourgogne (voir votre chronique sur les élections à Dijon).
    Donc à mon sens il ne s’agit pas d’abroger le mode de gouvernance de la LRU, mais de le réformer.

    Pour revenir aux élections à Lyon 1, je regrette vivement qu’on soit dans cette situation, mais elle a été revendiquée par les membres des listes ISTS, et je crains que ce manque de clarté devienne par la suite le mode de gouvernance.

    Malgré un faible nombre sièges (2 sièges au CA pour mes listes), je reste candidat et si j’arrive à convaincre suffisamment d’élus au CA, je m’engage à ce que Lyon 1 soit pilotée de manière transparente. En tous cas je participerai à cet échange avec les membres des listes ISTS, pour l’instant programmé le … 1er mars. A 5 jours de l’élection à la présidence. A part un ou deux points de désaccord, mon programme n’est pas très éloigné de celui d’ISTS, et je regrette vivement que notre différend sur la méthode ait empêché de faire une campagne commune autour de ma candidature. Nous aurions évité le marasme dans lequel nous nous trouvons maintenant.

    Quelques précisions par rapport à votre chronique : les élections du 31 janvier concernaient seulement les personnels, les étudiants ont voté le 14 février. Et je confirme qu’au CA, il y avait bien dans les collèges A et B les 4 listes que vous évoquez. La situation d’intérim du président est liée au décalage entre les mandats des élus des personnels et du président (fin des mandats le 14 février) et ceux des élus étudiants (mandats se terminant le 5 mars). Le recteur a nommé le président administrateur provisoire pour 3 semaines, ce qui permettra de repartir avec des calendriers électoraux en concordance.

  3. locher dit:

    Effectivement si l’élection des représentants des personnels tant BIATOS qu’EC et enseignants a bien eu lieu le 31 janvier en revanche celle des étudiants, sur la base de la date des précédentes elections étudiantes si j’ai bien compris, n’ a été qu’à mi février. Qui plus est la date du 31 janvier pour les étudiant-e-s n’était pas forcément une date opportune du fait de sa situation entre la 1ère session et la seconde du semestre d’hiver, moyennant quoi un nombre non négligeable n’était pas sur site.Vivememt l’élection par voie électronique depuis n’importe quel poste informatique.
    Ajoutons à cela le délai de recours et voilà la date du 6 mars expliquée sinon justifiée.

  4. Edgar K. dit:

    Le feuilleton tourne à la série Z à l’UCB…
    Dernier rebondissement : un nouveau candidat… siamois ! MM. Gilly (Doyen de la faculté de médecine lyon sud) et Benhadid (ex directeur de la faculté de mécanique), respectivement n°1 et 2 de la liste ISTS au collège A se présenteraient à la présidence… en binôme ! Avec une seule profession de foi, on suppose qu’ils se présentent donc à un tour préliminaire auprès des élus de leur liste (soit dit en passant, face aux autres candidats - tous ? - et dans les mêmes formes que l’élection présidentielle) ! A 5jours seulement du CA qui se réunira pour élire le président !
    Drôle de fonctionnement des élus ISTS qui auditionnent donc désormais leur(s) propre(s) candidat(s). Exceptionnellle “transparence”, mais procédé éminemment pervers et peu respectueux d’une certaine idée de l’Université, gérée de façon démocratique et non au sein de petits comités par une suite de tour de passe-passe.
    Gloire à la LRU et au gouvernement qui n’avait probablement pas envisagé un tel amateurisme, ou de telles dérives.
    La suite au prochain numéro…?

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