UHA. Réinventons notre université

« Réinventons notre université« . Ce pourrait être le programme du futur ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est aujourd’hui celui de Pierre-Alain Muller, premier candidat déclaré à la présidence de l’université de Haute-Alsace Mulhouse, à la succession d’Alain Brillard. Elections des conseils centraux le 22 mai, élection du président le 6 juin 2012. Les élections sur le site de l’UHA.

La campagne électorale à Mulhouse et à Colmar sera courte. Elle a en fait commencé il y a plus de deux ans. Mars 2008, Pierre-Alain Muller, 1er vice président de l’UHA, démissionne. Désaccord avec Alain Brillard sur la stratégie de l’université de Haute-Alsace à l’égard de l’université de Strasbourg. Quand je rencontre PAM à l’automne 2011 (chronique : « un ex 1er VP s’exprime« ), la crise atteint un paroxisme à Mulhouse. Après un vote de défiance du CA, le président Brillard démissionnera-t-il ? Non !

Fin 2011, Pierre-Alain Muller, 48 ans, n’a pas encore décidé de son avenir proche. Le professeur d’informatique prendra-t-il le large, s’investissant de nouveau dans la création d’entreprise et l’innovation ? Ou « restera-t-il sur les bords de l’Ill pour engager, avec une large majorité des personnels de son université et les strasbourgeois, une nouvelle aventure » ? Celle de la réinvention d’une grande université en Alsace ? Chroniques du blog sur « Rattachement » – « Fusion » en Alsace.

Le site de campagne. « Réinventons ensemble notre université« . « La constitution d’une grande université en Alsace voire à plus long terme à l’échelle du Rhin supérieur, est sans conteste un des plus beaux projets que puisse porter notre territoire. C’est un projet déjà largement avancé, sous l’impulsion des universités strasbourgeoises, qui ont fait le choix de fusionner pour créer l’Université de Strasbourg. L’Université de Haute-Alsace a la chance de pouvoir participer à cette construction universitaire, sous une forme inédite et très innovante (le rattachement), qui va lui permettre de se réinventer en concertation avec l’Université de Strasbourg dont elle est issue. Nous sommes en faveur d’un rapprochement très fort entre les deux universités, bien au-delà des actions déjà menées traditionnellement en mutualisation ».

Trois étapes pour cette réinvention. 1. 1er janvier 2013 : mise en oeuvre du rattachement acté par les deux CA (le site de campagne). 2. Dès l’automne 2012, suite à l’élection de l’équipe Muller : volonté d’un  »rapprochement très fort » (« rattachement fusionnel« ) qui se marquerait, entre autres, par la création d’un seul CEVU et d’un seul CS, pour les deux universités. Troisième étape : la fusion. PAM n’avance pas de date : pour être élu président, il doit convaincre et encore convaincre. Il serait logique que la fusion soit actée au cours du mandat des deux prochains présidents de Strasbourg et de Mulhouse (2012-2016), par exemple lors du mi-parcours de l’exécution de leur contrat quinquennal d’établissement (2015).

Le programme de Pierre-Alain Muller fait encore peur dans les composantes de Mulhouse et de Colmar. Deux semaines pour ne plus avoir peur, pour renouer la confiance dans les forces des sites universitaires du Haut-Rhin. Mulhouse, mère de l’école d’ingénieurs de Chimie dès 1822. Université de Haute-Alsace enfantée par Strasbourg en 1975. Aujourd’hui, dans la maturité de ses 37 ans, la fille apporte à la mère ses capacités reconnues de formation – de formations professionnelles en particulier – et de recherche, de recherche et développement, d’innovation. « Le changement, c’est maintenant »Â !

Le changement d’aujourd’hui doit aussi réinventer les ruptures d’hier. Celles du 16ème siècle. Celles de l’invention de l’Humanisme du Rhin Supérieur, des échanges permanents et féconds entre les universités de Bâle, de Fribourg en Brisgau, de Strasbourg (Gymnase Jean Sturm). Pierre-Alain Muller y pense, en rêve : « la constitution d’une grande université en Alsace, voire à plus long terme à l’échelle du Rhin supérieur, est sans conteste un des plus beaux projets que puisse porter notre territoire ».

Les 5 universités du Rhin supérieur (Bâle, Fribourg, Haute-Alsace, Karlsruhe, Strasbourg) se sont donné un moyen de coopération : EUCOR. Faire franchir un saut qualitatif au réseau. Une idée ? Implanter dans chacune des deux villes françaises, un Institut de formation et de recherche en langue allemande ; implanter dans chacune des trois villes de langue allemande, un Institut en langue française. Instituts vitrines de la coopération et instruments d’une maîtrise des deux langues. 2022 : bilinguisme de 50% des diplômés du supérieur des 5 universités (devenues 4 après la fusion de Strasbourg et de Mulhouse). Le changement de demain se prépare dès aujourd’hui. Réinventons notre université ! Réinventons l’Europe !

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Article du on Mardi, mai 8th, 2012 at 11:31 dans la rubrique 2. Allemagne, 2. Suisse, 3. Alsace. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

2 commentaires “UHA. Réinventons notre université”

  1. Arnaud Haeringer dit:

    Il fallait une rupture.
    En voilà une et de taille !
    Il n’y a pas 36 façons de régler la question de la cohabitation des deux universités alsaciennes. Soit on se tourne le dos, on traine les pieds, on fait le dos rond et on tente de se faire concurrence, soit on s’unit franchement pour le meilleur et pour le pire.
    La 1ère voie a été largement explorée par l’ancienne équipe.
    Félicitons Pierre Alain d’accepter de porter cette ambitieuse mais réaliste 2ème voie.

  2. Maire Eric dit:

    Bonjour à tous. Pour poser le contexte, Pierre Alain fut mon collègue direct sur les bancs de l’UHA dans les années 90 alors que nous étions étudiants en EEA. Je le salue donc chaleureusement au passage. Mais au fil du « temps professionnel » et autre, je suis devenu géographe au CNRS à Toulouse. Cependant pour moi l’Alsace et sa géographie plurielle n’est jamais très loin …
    Je reste un peu dubitatif par cette volonté de fusion – si j’oserais -à l’image de celle du Conseil Général dans une moindre mesure… je m’interroge sur le fait que le « regroupement » (le mot à utiliser est difficile à choisir…) de l’UHA et de l’ULP conduise à la pérennisation et développement des spécificités de l’UHA. En général, une entité est susceptible d’avoir des alliances intéressantes de proximité si elle a des spécificités fortes à proposer. La première question est donc pourquoi l’UHA ne resterait pas telle qu’elle est en sur-développant les synergies locales et internationales ? Il en est de même si on se place du point de vue des considérations géopolitiques en général… Attention donc, à la dilution des particularismes qui parfois sous-tendent – plus qu’on ne l’imagine- le dynamisme intellectuelle et économique régional, mais aussi à sa perception, voire à son acceptabilité sociale par les populations. A l’aube de ce XXI siècle, nous allons de plus en plus vers des processus décisionnels co-construits. Cette fusion a-t-elle été aussi envisagée en ces termes? Pour faire le parallèle avec « la fusion annoncée » des Conseils Généraux Haut-Rhin et Bas-Rhin, il ne suffit pas de prendre en compte tel ou tel avis « visionnaires » des hommes/femmes politiques légitimement élus – qui certes peuvent présenter quelques arguments d’économie d’échelle pertinents – mais aussi de faire de la concertation avec les acteurs représentatifs du tissus socio-économique et culturel, ce qui m’apparait à ce jour comme un peu une coquille vide… En clair, les citoyens ont parfois des idées et sont heureux quand ils peuvent mieux y adhérer dans le cadre d’une politique générale régionale…
    C’est pourquoi je demande à être convaincu par ce que peut apporter la fusion UHA – ULP sur le plan entre autre du « Rhin Supérieur ». Sans doute certaines choses m’échappent mais à mon sens cette marche vers ne doit pas se faire sans l’engagement d’un processus réel de concertation. On pourra arguer classiquement que cela ralenti les décisions face aux enjeux prégnants de la prochaine décennie… J’en conviens mais une bonne décision bien concerté, sans fonctionnement au pas de charge, c’est aussi l’assurance d’une certaine réussite au final.
    Eric Maire

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