3ème chronique sur les Sociétés d’accélération du transfert de technologie (SATT) et plus particulièrement sur la SATT Conectus Alsace. Chronique du 30 avril 2012 : « Transfert de technologie filialisé », du 25 mai 2012 : « Non aux contrats de droit privé ». Contre l’avis de l’intersyndicale Agir, le Conseil d’administration de Strasbourg a voté la convention entre l’université et la SATT Conectus.
Agir a donc décidé de porter le débat au niveau national et demande à la nouvelle Ministre, Geneviève Fioraso, de remettre à plat le dossier des SATT (communiqué du 11 juin 2012). « La SATT ne doit pas devenir, au prétexte qu’elle risque de n’être pas pérenne et d’utiliser rapidement le capital dont elle est dotée, un organisme de gestion de la totalité des contrats publics de recherche : ceux‐ci sont le résultat direct du travail des chercheurs, souvent initiés et négociés par ceux‐ci… Les établissements publics, actionnaires de la SATT, parfaitement capables de gérer ces contrats de recherche et les embauches de contractuels, n’ont pas à y transférer leurs personnels, le fonctionnement d’une telle société étant peu compatible avec une gestion des ressources humaines affectées à la recherche« .
Le transfert de technologie, Geneviève Fioraso connaît : elle en a été actrice dans sa région. En clôture du congrès du réseau Curie, le 6 juin 2012, elle y a consacré une de ses premières allocutions publiques (communiqué du MESR). Approche pragmatique, prudente. Pas sûr que la Ministre, qui sera élue députée le 17 juin, aille spontanément bien loin dans la remise à plat des SATT. Extraits de son allocution.
« Le passage de l’invention à l’innovation est rarement linéaire,il demande du temps, de l’énergie, l’audace de porteurs prenant des risques et ayant le goût de entrepreneuriat, un contexte économique favorable, l’adéquation aux usages et besoins du marché. Tout cela passe par des dispositifs simples, lisibles, efficaces, mis en œuvre par des professionnels ayant le sens du projet et des partenariats…
« Les dispositifs, ce sont les outils dont les territoires, les régions, l’État, l’Europe se sont dotés au fil des années. Ils sont nombreux, trop nombreux de l’avis général, et les Investissements d’Avenir, aux objectifs souvent louables, n’ont fait que renforcer le mille-feuilles existant, au détriment de la lisibilité et de l’efficacité nécessaires. Cette complexité explique d’ailleurs la difficulté de mise en œuvre concrète, sur le terrain des dispositifs des IRT, SATT, IEED, IHU, IDEX, ainsi que des procédures juridiques très lourdes les Partenariats Public Privé »…
« Les chantiers en cours, notamment celui des Sociétés d’accélération de transferts technologiques, seront menés dans cet esprit pragmatique, de recherche de simplification, d’adaptation aux écosystèmes régionaux et aux stratégies de site. Un travail important a été engagé par les acteurs de terrain et il ne sera pas remis en cause »…

La multiplicité des systèmes de financement est un sacré boulet, mais comme chacun est bien pénible avec ses contraintes (quelles dépenses sont éligibles, comment on échange des factures avec l’équipe d’à côté, comme on bidouille pour rendre l’argent reportable sur l’année budgétaire suivante etc….), c’est finalement compliqué mais arrangeant d’avoir tous ces systèmes. Le jour où ça sera géré dans une SATT (par ex. à 100km de chez nous), ça sera sûrement la galère. La SATT négociera à notre place les droits de publications sur résultats propres et communs, empêchera toutes les manips avec lesquelles on peut sauver encore un peu d’argent pour faire de la recherche… car regardez le taux de réussite aux dernières ANR blanc : c’est la mort de la mort…