Communiqué de Geneviève Fioraso sur les Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. « Le Président de la République a fait de la jeunesse la priorité du projet pour la France. La tenue des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche sera une étape importante vers une telle ambition »… Ce préambule du communiqué ne mange pas de pain.
Calendrier des Assises. Assises territoriales en octobre : trop vague. Assises régionales ? Assises université par université, PRES par PRES ? Qui pourra y participer, faire des propositions, intervenir, débattre, être entendu ? On fait comment pour s’inscrire ? Peut-on déposer des propositions sur le site du ministère ? Tout sera verrouillé. Par les anciens présidents d’université, nombreux dans le cabinet de Geneviève Fioraso ; membres du bureau de la CPU ou présidents de commission, ils tous été favorables à la LRU. Verrouillé par les organisations représentatives des personnels et des étudiants. Aucun risque de dérapage incontrôlé : pas de vagues. Il ne faut pas confondre Assises et États généraux, a dit la Ministre : pas de cahier de doléances !
« La loi relative aux libertés et responsabilités des universités (L.R.U.) et la loi d’orientation et de programme pour la recherche seront alors corrigées et les nouvelles dispositions seront soumises au Parlement dès le début 2013″. La loi LRU ne sera pas abrogée ! Que vive à jamais l’autonomie sous la forme des responsabilités et compétences élargies. Vive le budget 2013, budget qui enfoncera les universités dans la rigueur, les déficits, la cessation de paiement ! Mais dans l’immédiat, pas de vagues. Tant pis si, après les Assises et la loi de programmation, la tempête se déchaîne !
« Ces Assises vont permettre de replacer l’élévation du niveau de formation pour le plus grand nombre, la science et la recherche, au cœur des enjeux sociétaux, culturels, environnementaux et économiques de notre pays et d’en faire des leviers pour la croissance« . Que cette phrase est vague et creuse ! L’objectif de 50% de diplômés du supérieur dans les nouvelles générations est-il encore à l’ordre du jour ? L’élévation du niveau de formation comme levier pour la croissance : assertion vague, sans preuve !
« Trois thèmes y seront débattus ». Il ne faudra pas sortir des clous !
1. « La réussite de tous les étudiants sera la première priorité, avec une attention spécifique portée au premier cycle, comme à l’orientation et à l’insertion professionnelle et un plan national pour la vie étudiante. Conformément à l’engagement présidentiel, les 5000 emplois supplémentaires pour l’enseignement supérieur, dont 1000 en 2013, seront affectés prioritairement au premier cycle. Un nouveau cadre de formation des enseignants au sein des universités sera mis en œuvre à la rentrée 2013, en lien étroit avec le Ministère de l’éducation nationale ».
La CPU s’est abstenue au CNESER lors de la discussion sur la réforme de la licence Pécresse-Wauquiez. L’abrogation du décret Wauquiez ne sera donc pas à l’ordre du jour : les syndicats étudiants y veilleront. Cette ixième réforme a abouti à brader la licence.
Réussite de tous les étudiants. Geneviève Fioraso s’inquiète-t-elle pour les 50.000 bacheliers professionnels 2012 qui vont rentrer en STS ou à l’université et qui vont y échouer ?Réforme du premier cycle sans vagues : pas de sélection à l’entrée de l’université et faibles droits d’inscription ; les syndicats étudiants y veilleront ! Daniel Filâtre, conseiller de Geneviève Fioraso, fera inscrire dans le rapport des Assises (rapporteur, encore un président d’université !) l’idée de « continuum de Bac-3 à Bac+3″ ; chronique : « le premier cycle et le professeur« . Continuum, une idée fort vague : signifie-t-elle la suppression du baccalauréat ? 70% de jeunes qui poursuivent des études jusqu’à bac+3 ? le regroupement du second cycle du lycée et du premier cycle du supérieur dans des établissements nouveaux ?
2. « La réorganisation de la recherche, de ses institutions, de sa stratégie internationale, de son rôle dans l’économie, de son impact sociétal, sanitaire, environnemental sera le deuxième objectif. Les rôles respectifs des universités, des organismes nationaux de recherche et des écoles, ainsi que des agences et alliances nationales récemment créées seront reprécisés ou redéfinis« . De qui se moque-t-on ? « Les rôles respectifs » : revoilà le serpent de mer et le serpent de mer n’aime pas les vagues. Les Assises accoucheront d’une souris.
Plus inquiétant pour la recherche fondamentale :« le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le ministère du Redressement Productif soutiendront une initiative nationale en faveur de la recherche technologique, immédiatement transférable dans le tissu industriel, notamment les P.M.E.-P.M.I. et E.T.I ». C’est parti pour une feuille de plus dans le mille-feuilles institutionnel !
3. « La révision de la gouvernance des établissements et des politiques de sites et de réseaux constitue le troisième objectif. Les formes et modalités de l’autonomie des établissements, ainsi que les nouvelles formes de coopération entre établissements seront réexaminées ». Révision de la gouvernance de la LRU : non ! Cette gouvernance doit être abrogée ! Politiques de sites et de réseaux : objectif vague. Si je pouvais participer aux Assises, je proposerais la création d’Instituts d’enseignement supérieurs de premier cycle, instituts de proximité (politique de site), fonctionnant en réseau avec l’université régionale (politique de réseaux). Mais Jean-René Cytermann, directeur-adjoint du cabinet, y est hostile : il préfère faire compliqué quand on pourrait faire simple (chronique : rapport IGAENR sur les réseaux territoriaux)
Comme si on n’avait pas compris : Bis repetita placent. « Cette nouvelle politique de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche agira comme un levier de croissance en Europe et permettra à la France de jouer pleinement son rôle de soutien à la construction et au renforcement de l’espace européen de la recherche dans toutes ses dimensions ». Assertion vague, méthode Coué, tout faire pour qu’il n’y ait pas de vagues.
Dans cette période de rigueur budgétaire obligée, pourquoi dépenser quelques centaines de milliers d’euros pour des Assises qui chercheront avant tout à amuser la galerie, à masquer une misère d’idées et une pénurie gravissime de moyens ? Des anciens présidents goutent leur plaisir d’être devenus conseillers du Prince ; une ancienne présidente a même été nommée ce jour directrice de la DGESIP. Les nouveaux présidents élus cette année ne connaissent pas encore leur malheur : ils sont sommés d’être immédiatement des managers rationalisateurs, économes des deniers publics ; dans le privé, on appelle ces managers, les « tueurs de coûts« .

Mais vous ne devriez sans doute pas être si pessimiste M. Dubois : cette réflexion sur la réussite, en premier cycle notamment, devrait être l’occasion de revenir sur le cloisonnement dont souffre ce premier cycle, et donc , quelque part, d’aborder des points qui vous tiennent à coeur au travers de votre projet d’IES… Non ?
Des assises avec des personnalités déjà très bien assises!
Renouer la confiance avec une démarche Top-Down et sans aucune représentation des personnels et des syndicats voilà une démarche originale qui ne laisse pas présager beaucoup de changement de fond.
[...] blog.educpros.fr – Today, 11:53 AM Rescoop [...]
http://blog.educpros.fr/pierredubois/2012/07/11/assises-vagues-et-sans-vagues/Le Québec ne se comprend pas sans la France d’autrefois.
L’avenir de la France ne se fera pas sans le Québec d’aujourd’hui.
Vive la langue française qui unit la France et le Québec pour leur bonheur et leur prospérité dans une destinée commune pour le bien de l’humanité!
Pierre Demers physicien président de la LISULF Ligue Internationale
des Scientifiques pour l’Usage de la Langue Française, ancien
collaborateur de Frédéric Joliot-Curie, 12 juillet 2012.
http://er.uqam.ca/nobel/c3410/lisulf.htm
Madame Fioraso, que ferez-vous pour les publications scientifiques en français en France et au Québec?
Pour informations, la région Nord-Pas-de-Calais a organisé des assises régionales de la recherche et de l’enseignement supérieur entre juin 2011 et avril 2012. Des réunions sur deux thèmes ont été organisées dans toutes les universités de la Région et ces réunions étaient ouvertes à toutes et à tous (http://apres-npdc.fr/). Je pense que ces assises sont utiles pour avoir un état des lieux et de permettre aux décideurs de rendre des arbitrages. Tout le monde était invité à y participer et à parler.
Perso je ne suis pas très serein quant à la valeur de ces prochaines Assises.
Lorsque l’on voit que le gouvernement coupe 25 millions de crédits de recherche (cf Projet de loi de finances rectificative pour 2012 : http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl0071.asp), je vois mal comment Mme la Ministre va améliorer l’ENS et la Recherche !
Je sens venir le « les caisses sont vides » et les « le budget risque d’être gelé/réduit » pour finir sur un « mais l’ENS et la Recherche reste prioritaire au sien de la politique de M. Hollande »
Néanmoins il y a une nécessité de faire ces Assises. Ceci-dit je ne vois pas pourquoi le cycle Licence est une priorité… Pourquoi réformer L>M>D ? Je pense qu’à l’inverse on devrait apporter un focus sur le M&D puis d’ajuster la Licence. A l’heure où on nous dit qu’il manque de l’innovation, de la créative, de personnes hautement qualifiés… on traite la Licence en priorité ? Alors que tous le monde s’accorde à dire qu’il faut plus de docteurs en France ?
@Anthony G. :
Il me semble que Peillon et Monthubert ont été clairs, depuis 3 ans, sur les raisons majeures de l’effort sur la licence. En résumé :
1- réduire l’échec (au sens « ne pas obtenir le diplôme »)
2- attirer vers la licence des jeunes qui s’en détournent
Hollande a été un peu plus explicite :
3- inclure dans la notion d’échec les situation où le diplôme est obtenu mais pas de job correspondant obtenu
4 – l’orientation doit être un peu plus musclée/contrainte (vs. Monthubert « les étudiants doivent être mieux guidés/informée »)
Comment ils ont prévu de faire ça, mystère et boule de gomme pour l’instant, et c’est un militant PS qui vous l’écrit….
L’option consistant à mettre le paquet sur M+D (et encore, plutôt des « M » d’excellence) est plutôt la stratégie Pécresse, portée au ridicule dans les masters d’excellence des labex et des idex, ces machins n’allant peut-être jamais aboutir. Ces masters d’excellence ne trouvant pas de recrues françaises, en résumé on essaye de récupérer des diplômés de bachelors étrangers de qualité formés à l’étranger (laisser les autres faire le jardinage et venir piquer les fruits quand ils vont être murs). La jeunesse locale, là-dedans,….. elle n’a qu’à être compétitive, je suppose, c’est sa faute (?)
Commentaire de François effacé par mégarde.
@ Anthony G.
» De mémoire, la France délivre ~10 000 doctorats chaque années. Par comparaison, le Royaume-Unis en délivre environ 15000 et l’Allemagne 25 000. Il n’est donc pas absurde de vouloir augmenter le nombre de docteurs. Pour quoi faire ? »
L’OCDE a publié en 2011 une étude sur les doctorats décernés dans sa zone en 2009 (référence plus bas) en séparant ceux en sciences et ingénierie (89 000 en S-I pour l’ensemble de ces pays, dont 10,6% pour l’Allemagne, 8,8% pour le Royaume-Uni et 7,9% pour la France).
Partant de cette étude, quelques calculs simples montrent que la France a un retard :
- sur le RU de 800 doctorats/an en sciences et ingénierie et 4 900 doctorats/an pour les autres matières (lettres, droit, sciences humaines, …),
- sur l’Allemagne de 2 400 doct/an en S-I et de 11 300 doct/an pour les autres matières.
Si on ramène les chiffres allemands et britanniques à ceux de populations équivalentes à celle de la France (65,5 M habitants), ce retard devient :
- sur le le RU de 1 100 doct/an en S-I et de 5 300 doct/an pour les autres matières
- sur l’Allemagne de 600 doct/an en S-I et de 8 100 doct/an pour les autres matières.
D’où quelques conclusions allant à l’encontre de l’opinion courante :
- ramené à la population, le retard français sur l’Allemagne en doctorats S-I est faible (un peu moins de 10%),
- il est plus important vis-à-vis du Royaume-Uni,
- le retard français en doctorats vis-à-vis de l’Allemagne et du Royaume-Uni ne provient pas de façon significative des sciences et de l’ingénierie, mais essentiellement des lettres, du droit et des sciences humaines. Pour l’ensemble de ces matières, l’Allemagne produit trois fois plus de docteurs/an que la France et le Royaume-Uni deux fois plus (chiffres bruts, non ramenés à une population équivalente).
Cette position est totalement méconnue de nos responsables politiques :
Michel Destot, ingénieur des Arts & Métiers, docteur en physique nucléaire , qui devait être ministre de l’ESR mais a été remplacé à la dernière minute par son adjointe Geneviève Fioraso en raison de l’impératif de parité Hommes/Femmes, déclare sur son blog :
» Constatant par ailleurs l’énorme déficit français en nombre d’ingénieurs et de masters en sciences »
… et comme chacun sait la situation est bien pire au niveau des docteurs.
Commentaire d’Antony G. effacé par mégarde
@PR27 :
Dans ces Assises il faudra, à mon sens, se questionner sur l’intérêt et le rôle de la Licence. Doit-elle amener à un métier précis ? À un champ d’application précis ou large ? Préparer à des concours ? Avoir sa licence c’est bien, mais comment et dans quel but ?
A l’heure où les mentalités changent (génération Y, bientôt Z), ne devons-nous-t-il pas tenir en compte ces nouveaux paramètres ? De plus il faudrait aussi tenir compte des tissus socio-économiques environnant les universités.
On le sait, l’ambition ‘’européenne’’ qui a été proclamée dans le cadre des accords de Lisbonne est d’atteindre les 50% d’une classe d’âge diplômée à bac + 3 à l’horizon de l’an 2020. Et j’ai envie de dire « coûte que coûte, peu importe la manière ». Autant je peux comprendre la nécessité d’élever le niveau universitaire des citoyens, autant je pense que la manière est tout aussi importante (je sous-entends de ne pas « donner » la Licence pour atteindre ces 50%… même si cela ferait plaisir à certaines têtes pensantes, le résultat étant là c’est le principal. Et si cela se répercute négativement sur le marché du travail, tant pis ! C’est le ministère voisin qui prendra le dossier).
Lorsque je parle du M+D, je ne parle pas des projets Pécresse mais la fusion « cycle ingénieur / master » afin de dynamiser les formations bac +5 en bénéficiant de l’apport et expériences des Écoles. Cela pourrait également être bénéfique au niveau Doctorat.
@François :
L’employabilité des docteurs est symptomatique en France (cf rapport CAREER) mais loin d’être catastrophique. Je vous rejoins sur les disparités selon les domaines. Néanmoins dans le secteur R&D, 65% des chercheurs sont… des ingénieurs (niveau M2 donc) alors qu’il n’y a que 13% des docteurs (doctorat) (source : DGRI-DGESIP). Les ingénieurs et les docteurs sont en concurrence directe sur le premier emploi. Ces derniers sont plus souvent laissés sur le carreau que les ingénieurs. Les raisons sont multiples et complexes (cf rapport CAREER) telles qu’une méconnaissance réciproques des compétences recherchés/acquises, un jargon différent (mais sur le fond, identique), etc…
Le doctorat est plus difficile à obtenir aux EU ? Il y a plus de 100 000 doctorats qui ont été décernés aux Etats-Unis entre 2005 et 2009, pour à peine 16 000 créations de postes (académiques). Utiliser les thésards pour assurer la majeure partie des cours en licence permet de diminuer le nombre d’emplois à temps plein, et c’est de la bonne « chair à paillasse ». Du coup ça recrute plutôt à tout va… sachant que le taux d’abandon de thèse aux EU est bien plus élevé qu’en France !
De mémoire, la France délivre ~10 000 doctorats chaque années. Par comparaison, le Royaume-Unis en délivre environ 15000 et l’Allemagne 25 000. Il n’est donc pas absurde de vouloir augmenter le nombre de docteurs. Pour quoi faire ?
Un doctorant est un producteur de savoir (publication, colloque, etc…). C’est même un maillon essentiel de la chaîne. Augmenter le nombre de docteurs permet donc d’augmenter artificiellement la capacité de recherche. Mais si c’est pour utiliser de « la chair à paillasse » et décerner des doctorats à des gens qui se perdront sur le marché, augmenter le nombre de docteurs serait un immense gâchis et ne rime à rien.
Parler uniquement d’augmenter ou diminuer le nombre de doctorats pour impacter sur l’innovation n’est pas pertinent c’est vrai car la véritable problématique est de pouvoir rendre le doctorat attractif en proposant des débouchés dans le privé et c’est en réussissant à débloquer la situation sur ce front que s’améliorera la politique de l’innovation en général.
Ce qui me fait rire jaune c’est les propositions de réduire le nombre de doctorants en France alors qu’on ne propose pas de valoriser le Doctorat dans le secteur public et privé… On ne cherche pas à le rendre attractif. Il y a eu des tentatives, je pense notamment au CIR… mais sous et mal-exploité par les PME.
Néanmoins la balle est dans le camp des entreprises car si elles ne gomment pas leur frilosité à recruter des docteurs, augmenter leur nombre n’améliora pas la donne. Il faut changer les mentalités, et malheureusement ça prend du temps (cela vaut aussi pour le secteur public et les universités).
Commentaire de Cédric effacé par mégarde
Je vous lis avec attention mais je suis surpris de votre remarque sur Sandrine Rousseau. Quand les assises dans le Nord ont été lancées, elle n’était pas encore candidate aux législatives. De là à penser qu’elle a fait les assises pour se faire de la pub est un pas que je n’oserais franchir en toute honnêteté intellectuelle (surtout de la part d’un scientifique). De mémoire, elle a été élue conseillère régionale en 2010 et prendre un an pour les préparer ne me semble pas scandaleux. Enfin, je n’ai pas entendu ce genre de procès au sein des collègues.
De plus, je me demande en quoi la sélection des doctorants est plus sévère aux USA qu’en France. Je n’ai pas l’impression que cela soit le cas dans mon domaine scientifique (physique de l’environnement). Si tel est le cas, pourquoi les docteurs français sont si bien côtés là-bas.
Pour focaliser ou non sur la licence, je pense qu’il faut penser en terme de L-M. Les deux ne peuvent être dissociés. Une sélection devrait être faite en M1 afin de valoriser la licence et le master. La sélection en M2 n’a aucun intérêt pour un diplôme qui se prépare en 2 ans. On a voulu garder le système DEA/DESS et je pense que c’est contre-productif. Pour améliorer le taux de succès en licence, il faudrait que les étudiants sachent déjà pourquoi ils vont à l’université à la place d’être là parce qu’ils pouvaient aller nulle part ailleurs (cette assertion est peut-être plus vérité pour les sciences dures que pour les SHS et sciences juridiques et droit). Il faut développer un lien entre le lycée et l’université. De plus, il faut aussi se poser la question du droit d’accès aux bacheliers professionnels. Pour ce que je vois, leur niveau est plus faible que ceux de bacs généraux. Cela leur rend aucun service.
Pour revenir aux assises, l’association sauvons la recherche avait déjà fait des assises en 2004 de mémoire. Je pense que cela devrait être une bonne base pour notre ministre. La situation n’a fait qu’empirer depuis.
Quant à la fusion ou l’insertion des écoles dans l’université, cela est un doux rêve. Je doute que les écoles vont lâcher leur pré-carré. De plus, mis à part quelques-unes, sont-elles véritablement le noyau des filières d’excellence? L’enseignement est-il véritable meilleure en écoles qu’en master? De plus, ces écoles font peu ou pas de recherche ce qui crée des étudiants totalement éloignés de cette thématique et qui ont encore une vision biaisée du monde de la recherche (je le vois autour de moi).
Donc pour toutes ces raisons, je pense que les assises peuvent servir: au moins pour mettre les choses sur la table et de proposer des changements.
Commentaire de Damien effacé par mégarde
« Il serait beaucoup plus simple d’insérer (en leur laissant l’autonomie nécessaire) CPGE et écoles dans des ensembles universitaires, où elles auraient vocation à devenir le noyau de filières d’excellence”. A débattre ! »
Si ça doit se faire, ce sera probablement à la façon « 1er cycle d’excellence » de PSL (on ne pourra pas nier que c’est une « filière d’excellence », tout de même, non ?). Tout autre hypothèse me semble aussi réaliste que la création des IES.
Non, les CPGE ne sont pas près de bouger. Par contre, j’ai l’impression que les écoles seraient probablement prêtes à se rapprocher des universités, mais à condition de garder une totale autonomie en terme de finance, gouvernance, pédagogie, orientation et communication (pour le reste, on peut peut-être débattre).