Beretz et la formation des imams

Alain Beretz, président de l’université de Strasbourg, n’est pas content du tout. Il a réagi immédiatement et avec une virulence certaine au communiqué d’Agir ensemble sur « Excellence et laïcité à l’université de Strasbourg« . La controverse porte sur la reconnaissance et le financement par l’université d’un Labex non retenu par le jury international : au cœur de ce projet, la création d’un Institut national de l’Islam. J’ai commenté le communiqué d’Agir dans la chronique « Former les ministres des cultes« .

Communiqué du président Beretz. « Je conteste formellement la réécriture des faits et leur transformation, en particulier sur les procédures et les évaluations… Ensuite je réprouve les attaques en règle sur le projet « Religion et Société » (RESO) qui sont basées sur des affirmations mensongères… Enfin je condamne les attaques agressives et infondées contre la structure de gouvernance de l’Idex… Alors que veulent vraiment les élus Agir ensemble ?  »

La formation des imams figure-t-elle parmi les missions de l’Institut national de l’Islam ? Alain Beretz : « Il est FAUX de prétendre que le master d’islamologie forme des cadres religieux, c’est-à-dire en l’espèce des imams, cela ne correspond en aucune manière aux objectifs clairement affichés dans la maquette et dans le fascicule de présentation du diplôme. Aucun des étudiants inscrits ces deux dernières années n’a déclaré qu’il était ministre du culte« .

L’affirmation du président est fort légère : il devrait mieux connaître l’offre de formation de son université. Comme je l’ai écrit dans la chronique Formation des ministres du culte, il existe à Strasbourg une spécialité Islamologie dans la mention du master Sciences et droit des religions. Dans la rubrique “Insertion professionnelle”, on peut lire en effet : “Formation d’universitaires ainsi que de cadres associatifs et religieux. Cette formation en islamologie et en droit musulman est susceptible d’intéresser un public important et diversifié, composé à la fois de cadres et d’intellectuels liés au monde musulman ainsi que de juristes et de spécialistes des sciences sociales… L’objectif de ce Master est d’apporter une contribution décisive à la formation initiale des responsables des institutions religieuses concernées.

Former ou non les ministres du culte au sein des universités est une question dont il faut débattre sereinement et non à coups d’invectives. Surtout dans une université qui, dès sa création en 1621, a formé des docteurs en théologie protestante, qui possède aujourd’hui deux Facultés de théologie catholique et protestante, qui est dans une région qui demeure soumise au Concordat, qui se situe dans une ville qui vient d’inaugurer une Grande mosquée de l’Islam.

Est-il utile de rappeler que dans les années 1980, Etienne Trocmé, président de l’université Marc Bloch à deux reprises, se félicitait de la création d’un DESS de théologie protestante en partenariat avec les Eglises (chronique : Quiz. Président et Profession. « Les Eglises exercent ainsi une responsabilité importante dans la formation professionnelle des futurs pasteurs. Elles s’engagent à ne prendre à leur service que des étudiants pourvus du DESS ou d’un diplôme analogue jugé équivalent par la commission du DESS. Un protocole qui précise toutes les modalités a été signé par les Eglises susnommées et par la Faculté. Ainsi pour les étudiants qui se destinent au ministère pastoral, la coopération concrète entre Églises et Faculté est devenue non seulement officielle, mais très certainement féconde”.

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Article du on Jeudi, juillet 12th, 2012 at 11:04 dans la rubrique 3. Alsace, Débattre. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

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