Moyens alloués aux VP étudiants

L’article 9 de la loi LRU, consacré au Conseil des études et de la vie universitaire, exige que celui-ci élise un vice-président étudiant. Ce n’était pas obligatoire avant la LRU, mais bien des universités en avaient pris l’initiative. « Le conseil élit en son sein un vice-président étudiant chargé des questions de vie étudiante en lien avec les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires ». Le VP étudiant est élu pour deux ans et est rééligible. Les missions du CEVU ? Lire la Note en fin de chronique.

Les vice-présidents étudiants peuvent adhérer à la CEVPU. Celle-ci a organisé une rencontre nationale à Bordeaux, du 5 au 8 juillet 2012 (chroniques : « Des étudiants impliqués« , « Étudiant, vice-président d’université« ). Un des ateliers de réflexion portait sur les moyens alloués au VPE, la loi étant muette sur ce point.

J’ai participé au groupe des VPE du Nord-Est. Étaient présents les VP des universités de Lorraine, de Franche-Comté, de Champagne-Ardenne, de Lille 3 Charles de Gaulle et le VP étudiant de Strasbourg auprès du CROUS (photos). Au cœur de la question des moyens alloués : les ressources financières, les moyens matériels, la communication. Ils varient largement d’une université à l’autre et d’un vice-président à l’autre selon les priorités de mission qu’il se fixe, selon sa force de négociation et son ancienneté dans la fonction. Tous les VP présents disposent de moyens, mais ils peuvent rencontrer des difficultés.

Les ressources financières pour l’exercice de la fonction. Il peut s’agir d’un budget alloué annuellement ou d’un « droit de tirage » sur le budget de l’université, permettant aux VPE d’être défrayés pour leurs déplacements sur les différents sites de l’université, pour organiser des manifestations, pour se rendre à des formations organisées par l’organisation étudiante à laquelle ils appartiennent ou à une rencontre nationale comme celle de la CEPVU. A Bordeaux, tous les VP étaient défrayés pour leurs frais de voyage, d’hébergement et de repas. Mais des VPE n’étaient pas présents : pour des raisons de coûts ?

Moyens matériels mis à disposition. La plupart des vice-présidents ont accès à un bureau équipé (téléphone fixe, ordinateur). Deux des VP présents ont accès à une voiture de l’université pour certains déplacements. Aucun n’a mentionné avoir à disposition une carte bancaire de l’université ! Le problème est celui de la localisation du bureau équipé. Elle répond à deux exigences contradictoires de la fonction : être à proximité des étudiants, être à proximité de la présidence. Être à proximité de tous les étudiants s’avère difficile quand il y a plusieurs campus ou quand le bureau est isolé au deuxième étage d’une Maison de l’Étudiant ; le VP étudiant rêverait d’un bureau mobile. Être à proximité de la présidence est crucial pour être informé, consulté, entendu, pour pouvoir participer aux réunions du bureau (certains VP en font partie), mais fait courir le risque d’un éloignement progressif des étudiants de base, d’une « bureaucratisation » de la fonction.

Moyens de communication avec les étudiants par affichage, par tract, par accès à des salles pour des réunions, par courriel (accès à la liste des étudiants inscrits), par un portail dédié aux étudiants (certaines rubriques étant sous la responsabilité du VP et des élus étudiants), voire par une Newsletter électronique. Aucun vice-président n’a mentionné avoir un secrétariat pour sa fonction, mais il semble que tous aient accès au secrétariat de la présidence pour certaines tâches de dactylographie. La question des frais de reprographie n’a pas été abordée.

Le vice-président étudiant dispose-t-il d’une prime de fonction, comme les autres vice-présidents de l’université ? La question n’a pas été abordée spontanément par le groupe des VP du Nord-Est. J’ai posé la question en a parte à l’un d’entre eux. « Je ne perçois pas de prime, mais, comme j’exerce de fait une fonction à temps plein, l’université m’a classé dans la grille indiciaire des BIATOSS et je perçois donc une rémunération de contractuel débutant ».

Pour aller plus loin, consulter le très pertinent WikiFage sur l’Elu étudiant. Il s’agit d’un nouveau projet collaboratif de la FAGE : « Vous pouvez, vous aussi, aider à son développement en demandant la création d’articles ».

Note. « Le CEVU est consulté sur les orientations des enseignements de formation initiale et continue, sur les demandes d’habilitation et les projets de nouvelles filières et sur l’évaluation des enseignements. Le conseil est en outre consulté sur les mesures de nature à permettre la mise en œuvre de l’orientation des étudiants et de la validation des acquis, à faciliter leur entrée dans la vie active et à favoriser les activités culturelles, sportives, sociales ou associatives offertes aux étudiants et sur les mesures de nature à améliorer les conditions de vie et de travail, notamment sur les mesures relatives aux activités de soutien, aux œuvres universitaires et scolaires, aux services médicaux et sociaux, aux bibliothèques et aux centres de documentation. Il est également consulté sur les mesures d’aménagement de nature à favoriser l’accueil des étudiants handicapés. Il est le garant des libertés politiques et syndicales étudiantes. Il peut émettre des vœux« .

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Article du on Mardi, juillet 17th, 2012 at 18:10 dans la rubrique Divers. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

9 commentaires “Moyens alloués aux VP étudiants”

  1. Fanny dit:

    Il me semble qu’on dirait que les VPE Unef n’ont pas participé à la réunion des CEPVU, ils représentent tout de même un nombre important de VPE.

  2. Romain dit:

    @Fanny, vos allégations sont fausses. Tous les VPE Unef étaient présents lors de cette rencontre (sauf indisponibilité de certains).

  3. STIMPFLING Michel dit:

    Moyens alloués… oui mais pour faire quoi ? Un tour d’horizon serait utile !
    Cordialement

  4. Anthony G. dit:

    c’est université et VP-E spécifique. Il serait difficile de faire un tour exhaustif du travail des VP-E.

    A l’échelle d’un mandat, je serais tenté de dire « pas grand chose » surtout si le mandat (2 ans) tombe durant les évaluations AERES qui phagocytent l’attention et les projets…

  5. Anthony G. dit:

    désolé pour le double-post mais je voulais expliciter un peu plus mon « pas grand chose ».

    Ce que j’entends par là c’est l’aspect concret pour les étudiants. Il est assez simple de comprendre que tous les 2 ans il ne peut pas y avoir des avancées significatives en faveur des étudiants. Les lourds projets prennent du temps !

    cf « les Halles de Rabelais », une épicerie sociale faite par et pour les étudiants (à Tours). C’est la première en France a avoir été créé (2009)créée en 2009 et gérée par des associations étudiantes. Le projet a mis du temps avant de ce mettre en place. Les différents VP-E ont soutenu et appuyer le projet jusqu’à sa création, et continue de suivre l’évolution de cette association.

    ce n’est qu’un exemple d’action concrète… mais qui prend du temps ! (à l’échelle de 3 à 5 ans).

  6. Pierre Dubois dit:

    @ Fanny. Je confirme ce que dit Romain. Des VP UNEF étaient présents et j’ai discuté avec plusieurs d’entre eux. A noter toutefois que l’appartenance à telle ou telle organisation nationale n’est pas mise en avant par la CEPVU. Et ce volontairement. Un objetif : que tous les VPU puissent discuter et construire.

    @ Michel. La chronique portait sur les moyens alloués et non sur les activités des VPU. Cela vaudrait évidemment la peine de faire auprès d’eux une enquête de type « Emplois du temps » (temps consacrés à telle ou telle activité et temps consacrés aux études).

    @ Anthony. Vous avez raison d’insister sur le facteur « temps ». D’où l’importance du « passage de témoin » entre les VP, de l’archivage du passé. D’où également l’importance des formations organisées au plan national : elles font monter plus rapidement en compétences. Pas de temps à perdre pour les nouveaux VP élus !

  7. Fanny dit:

    Effectivement, mauvaise lecture de ma part (et pas d’ »allégation » voulue). Aucune mention de l’unef dans l’article, la FAGE apparaît par contre. D’où mon commentaire….

    Les évaluations AERES phagocytent le temps de tout le monde, pas seulement celui des élus. Mais les bidulex ont fait vachement plus forts que l’AERES en terme de temps jetter aux orties. C’est quand même formidable, les gens ont du plancher en urgence sur un projet qu’ils ne voulaient pas, ensuite ils ont perdu du temps à râler et maintenant ils en perdent en « concertation ». Pendant ce temps, on fout les CDD dehors.

  8. Bryan dit:

    @Fanny en réponse à « Effectivement, mauvaise lecture de ma part (et pas d’”allégation” voulue). Aucune mention de l’unef dans l’article, la FAGE apparaît par contre. D’où mon commentaire…. »
    Ne nous emballons pas non plus, la FAGE est citée pour son projet collaboratif wikiFAGE. Quand un projet plaît et est pertinent, il est normal de le citer.

  9. Vice plante verte dit:

    Pour info, à Paris 1 : un local, mais caché bien loin des étudiants (dernier étage du centre Panthéon rue Cujas), et pas assez proche de la présidence non plus. Dedans, quelques chaises et tables de cours, mais le reste de l’aménagement est aux frais de l’orga, ni ordi, ni téléphone, ni même un tableau blanc.
    Aucune rémunération ni prime de quelque sorte (et ca me parait bien normal, ceci dit), pas de voiture de fonction, ni de défraiements pour les déplacements entre les centres, et évidemment pas de carte bancaire (c’est normal aussi).
    Aucun régime dérogatoire formellement prévu pour les absences en TD, même si les chargés de TD sont souvent compréhensifs. Aucun secrétariat. Pas d’adresse mail type vpe@univ-paris1.fr. Pas d’accès privilégié à des salles de réunion même si j’imagine que le service du planning serait plus diligent que pour d’autres étudiants. Un accès aux listes mail des étudiants inscrits de la même manière que tous les autres élus étudiants. Pas d’accès à un portail dédié aux étudiants.

    Le seul dispositif prévu par les textes pour les deux VPE de Paris 1 sont en fait l’attribution d’un local pour chacun. En outre, une règle non écrite veut qu’ils puissent se rendre à n’importe quelle commission, même s’ils n’y ont pas été élus. Mais l’info sur la date de chaque prochaine commission est à aller réclamer à la main si on n’y siège pas… Et il n’est possible de devenir VPE que si son organisation est majoritaire, ce qui signifie qu’elle a déjà au moins un élu dans toutes les commissions, c’est donc un peu redondant.

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