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	<title>Commentaires sur : L&#8217;UdS forme prêtres et pasteurs</title>
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		<title>Par : Luc Perrin</title>
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		<dc:creator>Luc Perrin</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jul 2012 12:49:12 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[cher Collègue, 
Le lecteur peu informé pourrait penser à vous lire que les prêtres catholiques (ou religieux/religieuses) enseignants-chercheurs relèveraient de la catégorie &quot;alsatique&quot; : il n&#039;en est rien. L&#039;enseignement supérieur public et les organismes de recherche : le célèbre abbé Breuil fut professeur au Collège de France (1929-1947) pour ne prendre que cet exemple. Il y en a bien d&#039;autres évidemment dans les établissements supérieurs privés catholiques. La proportion au demeurant de clercs et religieux au sein du corps enseignant de la Faculté de Théologie catholique strasbourgeoise est en nette diminution depuis plus de 10 ans. 
Vous n&#039;évoquez pas le cas des pasteurs protestants enseignants-chercheurs puisque nombre de nos collègues de la Faculté de Théologie protestante le sont. 

Pour avoir une idée du nombre de prêtres formés depuis 2002, il y a le nombre de prêtres ordonnés annuellement pour le diocèse de Strasbourg qu&#039;on doit pouvoir retrouver avec l&#039;Ordo diocésain. A cela s&#039;ajoutent les prêtres et religieux/religieuses formés à Strasbourg mais venant de France et de l&#039;étranger. L&#039;État français a longtemps soutenu cela pour contribuer au rayonnement de la culture française en particulier en Europe orientale et au Proche Orient. Il fut un temps où la francophonie intéressait les pouvoirs publics. A cet égard, ce sont des laïques purs - le président de la République Millerand et le président Poincaré - qui ont activement soutenu le développement de l&#039;Institut de Droit caonique dans les années 1920 et la création d&#039;un Collège universitaire des clercs étrangers dit Séminaire international dont l&#039;ultime avatar a fermé, hélas, en 2006. 
Toutefois si la mission initiale de la Faculté de Théologie catholique est la formation académique des clercs du diocèse de Strasbourg (et Metz avant 1918), il y a déjà fort longtemps que la très grande majorité des diplômé(e)s est formée par des non clercs (&quot;laïcs&quot; au sens catholique). De même que du côté protestant, bien des diplômé(e)s ne sont pas pasteur(e)s. 

La question d&#039;accueillir un Institut de Théologie musulmane remonte, au moins, au Rapport d&#039;Étienne Trocmé (1996) et avait connu au sein de ce qui était alors l&#039;U.S.H.S. (U.M.B. ensuite) un accueil plus que mitigé, frais voire glacial. Ce rapport orienté vers l&#039;objectif d&#039;une formation d&#039;imams à Strasbourg posait de nombreuses questions, notamment l&#039;idée de faire appel à un grand nombre d&#039;intervenants en provenance des grands pays musulmans (c&#039;était avant le 11 septembre 2001). Vous pourriez retrouver, je pense, les minutes des débats au sein des instances de l&#039;U.S.H.S. ; si ma mémoire est bonne, les 2 Facultés de Théologie et d&#039;autres U.F.R. avaient été sollicitées pour un avis. Un débat avait eu lieu au sein de notre C.A. (je n&#039;ai pas ici mes archives avec l&#039;avis rendu). De mémoire là encore, la question avait été posée, une question absente du débat à l&#039;époque et qui est peu présente aujourd&#039;hui encore, des imams pour qui ? 

Rabbins, prêtres, pasteurs ou imams sont nommés/employés par des communautés religieuses, selon leurs règles propres dans lesquelles l&#039;État laïque français ne peut s&#039;immiscer (cf. loi de 1905 article 1 et 4): si les diplômés ne sont pas reconnus par ces communautés, ils resteront sans emploi ; le gaspillage d&#039;argent public sera dès lors considérable. 
Napoléon Ier avait cru pouvoir imposer ainsi en 1808 des Facultés de Théologie catholique sans l&#039;aval des évêques ni du Saint-Siège : elles furent très largement boycottées avant leur suppression en 1885. C&#039;est bien pour cela que les Autorités impériales allemandes ont très longuement négocié avec Rome pour aboutir à une Convention de droit international en 1902 pour créer la Faculté où j&#039;ai l&#039;honneur d&#039;enseigner. La leçon de l&#039;échec napoléonien n&#039;avait pas été perdue. Les Pouvoirs publics français seraient bien inspirés de s&#039;en souvenir aussi, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets. 

L. Perrin]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>cher Collègue,<br />
Le lecteur peu informé pourrait penser à vous lire que les prêtres catholiques (ou religieux/religieuses) enseignants-chercheurs relèveraient de la catégorie &laquo;&nbsp;alsatique&nbsp;&raquo; : il n&rsquo;en est rien. L&rsquo;enseignement supérieur public et les organismes de recherche : le célèbre abbé Breuil fut professeur au Collège de France (1929-1947) pour ne prendre que cet exemple. Il y en a bien d&rsquo;autres évidemment dans les établissements supérieurs privés catholiques. La proportion au demeurant de clercs et religieux au sein du corps enseignant de la Faculté de Théologie catholique strasbourgeoise est en nette diminution depuis plus de 10 ans.<br />
Vous n&rsquo;évoquez pas le cas des pasteurs protestants enseignants-chercheurs puisque nombre de nos collègues de la Faculté de Théologie protestante le sont. </p>
<p>Pour avoir une idée du nombre de prêtres formés depuis 2002, il y a le nombre de prêtres ordonnés annuellement pour le diocèse de Strasbourg qu&rsquo;on doit pouvoir retrouver avec l&rsquo;Ordo diocésain. A cela s&rsquo;ajoutent les prêtres et religieux/religieuses formés à Strasbourg mais venant de France et de l&rsquo;étranger. L&rsquo;État français a longtemps soutenu cela pour contribuer au rayonnement de la culture française en particulier en Europe orientale et au Proche Orient. Il fut un temps où la francophonie intéressait les pouvoirs publics. A cet égard, ce sont des laïques purs &#8211; le président de la République Millerand et le président Poincaré &#8211; qui ont activement soutenu le développement de l&rsquo;Institut de Droit caonique dans les années 1920 et la création d&rsquo;un Collège universitaire des clercs étrangers dit Séminaire international dont l&rsquo;ultime avatar a fermé, hélas, en 2006.<br />
Toutefois si la mission initiale de la Faculté de Théologie catholique est la formation académique des clercs du diocèse de Strasbourg (et Metz avant 1918), il y a déjà fort longtemps que la très grande majorité des diplômé(e)s est formée par des non clercs (&laquo;&nbsp;laïcs&nbsp;&raquo; au sens catholique). De même que du côté protestant, bien des diplômé(e)s ne sont pas pasteur(e)s. </p>
<p>La question d&rsquo;accueillir un Institut de Théologie musulmane remonte, au moins, au Rapport d&rsquo;Étienne Trocmé (1996) et avait connu au sein de ce qui était alors l&rsquo;U.S.H.S. (U.M.B. ensuite) un accueil plus que mitigé, frais voire glacial. Ce rapport orienté vers l&rsquo;objectif d&rsquo;une formation d&rsquo;imams à Strasbourg posait de nombreuses questions, notamment l&rsquo;idée de faire appel à un grand nombre d&rsquo;intervenants en provenance des grands pays musulmans (c&rsquo;était avant le 11 septembre 2001). Vous pourriez retrouver, je pense, les minutes des débats au sein des instances de l&rsquo;U.S.H.S. ; si ma mémoire est bonne, les 2 Facultés de Théologie et d&rsquo;autres U.F.R. avaient été sollicitées pour un avis. Un débat avait eu lieu au sein de notre C.A. (je n&rsquo;ai pas ici mes archives avec l&rsquo;avis rendu). De mémoire là encore, la question avait été posée, une question absente du débat à l&rsquo;époque et qui est peu présente aujourd&rsquo;hui encore, des imams pour qui ? </p>
<p>Rabbins, prêtres, pasteurs ou imams sont nommés/employés par des communautés religieuses, selon leurs règles propres dans lesquelles l&rsquo;État laïque français ne peut s&rsquo;immiscer (cf. loi de 1905 article 1 et 4): si les diplômés ne sont pas reconnus par ces communautés, ils resteront sans emploi ; le gaspillage d&rsquo;argent public sera dès lors considérable.<br />
Napoléon Ier avait cru pouvoir imposer ainsi en 1808 des Facultés de Théologie catholique sans l&rsquo;aval des évêques ni du Saint-Siège : elles furent très largement boycottées avant leur suppression en 1885. C&rsquo;est bien pour cela que les Autorités impériales allemandes ont très longuement négocié avec Rome pour aboutir à une Convention de droit international en 1902 pour créer la Faculté où j&rsquo;ai l&rsquo;honneur d&rsquo;enseigner. La leçon de l&rsquo;échec napoléonien n&rsquo;avait pas été perdue. Les Pouvoirs publics français seraient bien inspirés de s&rsquo;en souvenir aussi, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets. </p>
<p>L. Perrin</p>
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