L’UNEF communique sur le coût et le financement des études, selon un calendrier annuel sans surprise. Ses militants changent mais son discours reste immuable… Et énervant. Aujourd’hui un communiqué sur les frais d’inscription illégaux ; en septembre, un autre sur l’insupportable augmentation du coût de la rentrée.
« Pour la huitième année consécutive », l’UNEF s’insurge donc contre les « frais d’inscription illégaux, pointant du doigt 30 universités » (communiqué du 17 juillet 2012). Aucun rappel de la législation en vigueur. « La majorité des frais illégaux recensés sont constitués de frais complémentaires obligatoire [sic] au titre de frais de dossiers [sic], de frais de bibliothèque ou d’accès à l’informatique… La loi impose à toute université un accès de tous à ces services sans frais supplémentaires ». Ce n’est pas ce que dit la réglementation sur les droits spécifiques !
« Certains établissements se détachent du lot : Grenoble 2 (800€), Strasbourg (600€), Toulouse (575€), Mulhouse (400€) ». D’où sortent ces montants ? Quelles preuves ? La formulation laisse croire que tous les étudiants inscrits dans ces universités doivent s’acquitter de telles sommes ! Propos manipulateurs !
D’ailleurs, le communiqué se contredit à plusieurs reprises. « Ces dérives donnent lieu à une sélection sociale accrue à l’entrée de certains diplômes » : tous les diplômes ne seraient donc pas concernés. Mais… « L’on voit apparaître cette année un foisonnement de diplômes d’université (dont le montant est libre à la différence des diplômes nationaux), parfaitement légaux mais totalement contraire [sic] au principe de service public. On trouve ainsi un master de sciences à 9000 euros à l’université d’Aix Marseille, ou encore à 15000 euros pour le diplôme LLM à Paris 2« . Quels diplômes exactement ? Dilemme pour l’UNEF : se battre contre les droits spécifiques ? ou élargir son combat, en demandant l’interdiction des diplômes d’université dont les droits sont libres ?
L’UNEF détient une réponse immuable : « il est irresponsable de la part d’établissements du service public d’enseignement supérieur de pallier au [sic] manque de financements publics par l’instauration d’une sélection financière injuste« . L’État doit payer ! Qu’importe le montant de la dette publique ! Geneviève Fioraso, comme Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez en leur temps, doit « prendre ses responsabilités en faisant respecter la loi dans tous les établissements« .
Deux questions à l’UNEF. Supposons que les universités créent un diplôme d’université d’expression française – grammaire et orthographe – dont le montant serait fixé à 1.000 euros. Des étudiants seraient intéressés. Et peut-être même le rédacteur du communiqué ! Sa première phrase dénote en effet une faible maîtrise des accords : « Pour la huitième année consécutive, l’UNEF rend publique [sic] les résultats de son recensement des pratiques illégales ». L’État doit-il payer pour remettre à niveau en français les étudiants qui en ont besoin ?
Le financement des universités ne sera pas à l’ordre du jour des Assises. Dommage ! Car l’UNEF pourrait y apporter une contribution novatrice sur les 55.000 bacheliers professionnels 2012 qui vont entrer en septembre en 1ère année de BTS ou de licence et qui vont quitter le SUP sans obtenir de diplôme (« Bacheliers professionnels envoyés au massacre« ). L’Etat va financer leurs études… en vain ! Il s’agit là d’un gaspillage objectif d’argent public, d’une dépense publique inefficace.
Petit exercice de calcul. Si l’on évalue la dotation annuelle moyenne de l’État à 9.000 euros par an par étudiant pour ces deux types de diplôme, quelle est la dépense de l’État si un tiers de ces bacheliers professionnels abandonnent au cours du premier semestre, un tiers au cours du troisième et un tiers au cours du quatrième ? Cette dépense inefficace, bien plus importante en volume que les droits spécifiques pratiqués par certaines universités, est-elle admissible pour l’UNEF ? Je crains un réponse fidèle à son discours habituel : « les universités doivent accueillir tous les bacheliers ; pas de sélection à l’entrée ; l’Etat doit augmenter sa dotation par étudiant pour faire réussir tous les bacheliers, y compris les bacheliers professionnels qui n’ont pas le niveau ». UNEF immuable. UNEF énervante.

Bon déjà, l’Unef est féminin donc l’accord se fait bien à mon avis
(et est-il encore besoin de souligner l’inutilité argumentative de ce point Godwin du pauvre que ce sont les remarques orthographiques et syntaxiques ?)
Pour rappeler la loi, ce que vous ne faites pas (tout en déplorant que l’Unef ne le fasse pas dans son communiqué, quoi qu’elle le fasse dans son dossier de 43 pages que vous semblez ne pas avoir lu), les droits d’inscription sont fixés au niveau national pour chaque niveau de diplôme (L, M et D), donc ils ne peuvent ni être diminués ni augmentés, au nom d’une idée totalement absurde qui veut qu’un diplôme national répond à des règles nationales. Parfois, les étudiants se retrouvent à payer en même temps que ces frais d’inscription des droits complémentaires qui répondent à des besoins spécifiques et qui doivent nécessairement être facultatifs : par exemple, une inscription à un service universitaire de sport, mais certainement pas une inscription au service de documentation.
L’Unef fait apparaître que dans la jungle des Diplômes d’Universités, votés à la va-vite par les Cevu et les Ca (pour lesquels, rappelons-le, l’obligation d’auto-financement les rend forcément chers) se glissent parfois des compléments obligatoires de formation, ce qui est un détournement du principe de ces DU. Il faudrait que l’Unef en tire toutes les conséquences, en entamant une réflexion quant à la place de ces DU dans la formation initiale (plutôt à l’usage de la formation continue, certains DU sont ouverts en FI, parfois légitimement (parfois non) mais leur coût pose alors problème).
Une erreur de l’Unef que vous ne le relevez pas : elle a tendance à calquer les questions liées aux universités à certaines écoles d’ingénieur, ce qui est souvent naïf.
Concernant, le montant des frais d’inscription (qui n’est pas ici le sujet, la question soulevée, c’est le respect de la loi par les Universités, mais cela ne semble pas vous troubler outre mesure), il faudra un jour reposer la question qui s’est posée au XIXe siècle concernant la gratuité de la scolarité primaire et secondaire (y compris, quel scandale !, ceux qui sortent du système scolaire sans formation : pour ceux-là, faut-il faire le même décompte que celui que vous suggérez ?).
Mais bon, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes puisque, à ma connaissance pour la première fois dans l’histoire des universités, le nombre des étudiants va régresser…
UNEF immuable et énervante : c’est bien trouvé.
UNEF qui s’accroche à la session de rattrapage, empêchant tant qu’elle le peut le contrôle continu, et envoyant par le fond des générations d’étudiants.
UNEF qui vérifie scrupuleusement l’anonymat des copies, mais oublie de vérifier qu’il y a quelqu’un pour les décacheter; donc les copies sont anonymisées, puis décachetées par leurs correcteurs. Ca ne fait rien, les apparences sont sauves.
UNEF qui se bat pour que le master 1 reste non sélectif, rendant ce diplôme illisible pour tous les étrangers (quel est le sens d’une sélection au milieu du diplôme?), et envoyant au casse-pipe les étudiants qui se retrouvent éjectés en fin de première année.
UNEF qui marchande avec le ministère des règles de compensation chaque fois plus absurdes pour la licence, sans jamais se demander s’il ne faudrait pas s’interroger plutôt sur l’invraisemblable taux d’échec de la première année : ne jamais laisser passer une occasion d’être démagogue! Malheureusement, ces règles de compensation qui dévalorisent la licence jouent aussi un grand rôle dans l’échec des étudiants.
Un DU de lecture ne serait sans doute pas de trop.
Reprocher à un communiqué de presse d’être incomplet lorsqu’il renvoi à un dossier de 43 pages précisant toutes ces informations, jurisprudence à l’appui, c’est fort.
http://unef.fr/wp-content/uploads/2012/07/UNEF-DP-2012-FII-1.pdf
L’UNEF se trompe en défendant des droits d’inscription plancher pour toutes les formations d’un même niveau : c’est contribuer de façon scandaleuse aux inégalités sociales en France ! J’ai dirigé pendant plusieurs années un excellent DESS puis Master, de gestion des industries du luxe à l’université de Marne-la-Vallée. A la grande époque, nous avions plus de 600 candidats par an pour environ 25 places. Qui candidatait le plus pour cette formation et qui présentait les meilleurs dossiers ? Les enfants de chefs d’entreprises et de professions libérales prestigieuses !!! Ce sont ces mêmes étudiants qui réussissaient le mieux le test d’anglais, ayant fréquemment eu la chance d’aller souvent en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. En conséquence, je comptais parmi mes étudiants une proportion très élevée d’enfants des classes extrêmement supérieures (j’ai même compté une princesse et une comtesse) qui n’hésitaient pas à prendre le RER pour gagner la banlieue Est afin de décrocher un diplôme très recherché. Plusieurs étudiants m’ont confié que, s’ils n’avaient pas été admis, ils auraient effectué un diplôme… aux Etats-Unis, dans une université privée prestigieuse donc hors de prix. Avec le DESS luxe, ils payaient… 350 euros ! Evidemment, la formation revenait infiniment plus cher, mais la formation de ces jeunes « nantis’ était payée par la solidarité nationale, donc notamment les titulaires du salaire minimum qui, en France, paient souvent des impôts ! Personnellement, je trouvais cela très immoral. Cela ne m’aurait pas du tout choqué que l’on demande 1000 ou 2000 euros pour décrocher un diplôme prestigieux et très rentable sur le marché du travail (salaire modal de sortie : 2500 euros ! Avec 350 euros de frais d’inscription, on rembourse son année d’études en … quelques jours de travail !!!) à des jeunes dont les parents avaient des moyens considérables et que l’on dispense complètement de frais d’inscription les boursiers mais aussi les jeunes de milieu modeste.
Le principe de la quasi-gratuité pour tous et le refus des frais complémentaires constituent des positions idéologiques maladroites qui reviennent de façon très injuste à faire payer les pauvres pour les riches et même pour les très riches. Défendue par un syndicat de gauche, je la trouve très mal venue car indéfendable dans certains cas.
[...] blog.educpros.fr – Today, 1:20 PM Rescoop [...]
Et sinon, maintenant que vous avez fini de traquer les fautes d’orthographe, que pensez-vous sur le fond, M. Dubois? Vous approuvez les frais illegaux ? Savez-vous que le Conseil d’Etat a annule certains diplomes d’universites (DU) parce qu’ils ne faisaient que reprendre les maquettes des diplomes traditionnels afin de contourner la Loi et fixer librement les frais d’inscription?
Sur le Bac pro, l’UNEF s’est prononcee depuis longtemps pour une priorite d’acces pour les bacs pros et technos aux dut et sts. Par ailleurs, la 1ere cause de l’echec en fac, c’est le salariat etudiant qui force ces derniers a manquer bon nombre de cours. La solution n’est donc pas d’exclure les bacs pros de la fac(dont certains reussissent d’ailleurs) mais de donner aux etudiants les moyens de vivre correctement (d’ou la necessaire allocation d’autonomie).
(PS : pour eviter certaines remarques deplacees, je precise que mon clavier n’a pas de ponctuation).
Ayant lu dossier de l’UNEF, on constate quand même qu’une très grande partie des frais illégaux font référence à des DU dont les frais d’inscription sont à la bonne volonté de l’université et qui sont des diplômes très souvent destinés soit à des professionnels, soit à des étrangers. Le combat de l’UNEF est, à mon avis, déplacé et fatiguant.Ce qui est dérangeant, c’est le titre racoleur alors que, dans le détail, beaucoup de choses ne sont pas aussi scandaleuses. En parlant de frais d’inscription, je me suis toujours demandé pourquoi un étudiant boursier était exonéré de frais d’inscription. On lui donne 3000 euros et en plus, il ne paye pas l’université. C’est la même chose que 50% des français ne payent pas d’impôts. Tout le monde devrait participer à l’effort. De plus, ce dossier de l’UNEF fait croire que toute les universités sont dans l’illégalité et que cela est généralisé. Or cela concerne que très peu de formation et il confond université, IUT et école publique ou universitaire, qui sont, à mon avis, deux problématiques différentes. De plus souvent, ces frais concernent des masters. Donc, pour moi, ce dossier fait beaucoup de bruit pour rien. Je suis en accord avec Pierre Dubois.
Quant au salariat étudiant, il est effectivement un problème, nous le voyons tous dans nos salles de TD. Après, je vois aussi que des étudiants souhaitent aussi travailler pour pouvoir vivre tout seul et non pas spécialement par obligation. Ils pourraient vivre tout seul. Un peu naïvement, le maillage des universités est, à mon avis, suffisamment fort pourque la plupart des étudiants puissent continuer à vivre chez leurs parents au moins jusqu’au master. Mais l’air du temps veut qu’on soit rapidement indépendant. Pour ma part, je suis parti de chez mes parents en 2ème année de thèse et cela m’a évité de devoir travailler.
@ Cedric : l’UNEF ne laisse pas de cote la classe moyenne : elle s’est ainsi battue pour obtenir les bourses echelon 0 qui permettent a certains etudiants non boursiers d’etre exoneres des frais d’inscription.
Apres, il s’agit effectivement d’un choix de societe : veut-on des Tanguy qui restent chez leurs parents ou des etudiants qui prennent progressivement leur independance ? Pour ma part, je pense qu’il est legitime, a partir d’un certain age, de vouloir prendre son autonomie.
De toute facon, il ne faut pas se leurrer : les meilleures formations sont concentrees en region parisienne et dans les grandes villes et pas seulement au niveau master(c’est la nefaste consequence de la fin du cadrage national des diplomes), ce qui incite les etudiants a quitter leur habitation d’origine. Il faut choisir : on ne peut pas a la fois vouloir des universites autonomes et en meme temps empecher les etudiants d’acceder aux formations de leur choix!
@ Pierre 2, Alain Quemin, Cédric : vos commentaires vont dans le même sens que ma chronique. Merci à vous trois d’avoir développé des exemples, des arguments complémentaires.
@ Mathias et Vincent 92. Laisser tomber la maîtrise de la langue française : non et non ! Mathias, vous démontrez dans votre première phrase que vous n’avez pas compris que « publique » ne s’accordait pas avec « l’UNEF » ! D’accord sur le contenu des paragraphes suivants.
Vincent, je suis évidemment contre les frais d’inscription illégaux. Je conteste cependant cette appellation pour bien des exemples cités dans le document de l’UNEF. Si l’UNEF avait raison, pourquoi ne déposerait-elle pas 30 recours cette année ?
@Dvdv : un DU de lecture ! Bien envoyé. Dont acte pour moi : je n’avais pas vu qu’il y avait un dossier complet en ligne : http://unef.fr/wp-content/uploads/2012/07/UNEF-DP-2012-FII-1.pdf. Je l’ai lu et ai constaté de fortes différences entre ce texte et la teneur du communiqué (exemple ci-dessous).
Même analyse que celle de Cédric. Le communiqué de l’UNEF force le trait et est manipulateur de l’opinion : le décalage est fort entre la teneur du communiqué et le document d’une quarantaine de pages.
Un exemple de soit-disant frais d’inscription illégaux. Il concerne, dans l’université de Strasbourg, le master de Droit des affaires. Spécialité : Juriste Conseil d’Entreprise (DJCE)
http://www.djce.fr/djce-strasbourg/s88-les-intervenants
Dans le communiqué, l’UNEF classe Strasbourg dans le peloton de tête des universités qui pratiquent des frais d’inscription illégaux (600 euros). Dans le document complet (page 39), changement de taille : frais illégaux de 0 à 600 euros !
L’UNEF : « Diplôme universitaire couplé avec un diplôme national. L’inscription au Master 2 est couplée à l’inscription à un diplôme d’université pour lequel l’étudiant doit obligatoirement payer 600€ de frais d’inscription ». Il s’agit effectivement d’un DU couplé à un master. Mais le couplage n’est pas obligatoire ; il ne concerne qu’une dizaine d’étudiants du master, sélectionnés selon la procédure définie par le réseau.
600 euros pour ce DU ? Le dossier d’inscription : « Un chèque de 40 euros (libellé à l’ordre de la FNDE), pour frais, étude de dossier et participation à la sélection ». Nulle part, il n’est question de 600 euros. L’UNEF ment !
Réaction d’Alain Beretz, président de l’université de Strasbourg dans Rue89. http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2012/07/17/societe/luniversite-de-strasbourg-accusee-de-pratiquer-des-frais-dinscriptions-illegaux-par-lunef/
« Le président de l’Université ne décolère pas contre cette présentation des faits. Chaque année, l’Unef publie ce rapport. Le Master 2 de droit juriste et conseil d’entreprise ne concerne qu’une dizaine d’étudiants sur un total de 42 000. Et ce diplôme n’influe en rien sur le Master mention Droit des Affaires. Je n’ai pas non plus compris leur système de classement, pourquoi sommes-nous quatrième ? C’est vraiment des procédés publicitaires de base. Nous sommes irréprochables : l’inscription dans ces deux masters est distincte, on n’oblige personne à s’inscrire aux deux formations. Qu’ils viennent nous prouver le contraire. Tout au long de l’année, ils ont le privilège d’avoir des élus locaux pour interpeller le président, ce qu’ils n’ont pas fait ».
Je reviendrai, dans un autre commentaire, sur les autres remarques de Vincent : les bacheliers professionnels dans l’enseignement supérieur, le salariat étudiant, l’enseignement supérieur de proximité.
Suite des réponses aux différents commentaire de Vincent92 : les bacheliers professionnels dans l’enseignement supérieur, le salariat étudiant, l’enseignement supérieur de proximité.
Vincent. « Sur le Bac pro, l’UNEF s’est prononcee depuis longtemps pour une priorite d’acces pour les bacs pros et technos aux dut et sts ». Définir ce que veut dire « priorité d’accès » ? Cela passe-t-il par des quotas ? par une interdiction pour les bacheliers généraux d’entrer en BTS et en DUT ? Ni la droite, ni la gauche n’oseraient proposer ue telle mesure. Lire avec profit la chronique : « Il manque 250.000 places en BTS » http://blog.educpros.fr/pierredubois/2011/04/18/il-manque-250000-places-en-bts/
« Le salariat comme 1ère cause d’échec à la FAC » et donc revendication de l’UNEF : allocation d’autonomie. Hollande n’a pas dit non, la liant toutefois aux ressources des parents. Il y a salariat et salariat. Les apprentis dans les filières professionnelles réussissent aussi bien que les étudiants en formation initiale ; il faut encourager le développement de l’apprentissage dans le Sup et faire contribuer les recruteurs d’apprentis au financement des filières professionnelles.
Les étudiants qui sont salariés en licence générale : des nouveaux étudiants, constatant qu’en 1ère année de licence générale, le nombre d’heures de cours est réduit, décident de se salarier, oublaint ainsi la nécessité d’un travail personnel ; au final, ils se plantent. Je rétorquerai à Vincent que la 1ère cause de l’échec à la fac est l’insuffisance du nombre d’heures de formation en licence.
Vincent et Cédric : le salariat pour devenir autonome, « quitter ses parents ». Les enquêtes de l’OVE confirment que la décohabitation de l’étudiant d’avec ses parents croît avec l’âge. Il faut donc distinguer étudiants en premier cycle et étudiants en master. A ce niveau, oui, l’étudiant doit faire preuve d’autonomie et être mobile.
Pour la licence, je défends un enseignement supérieur de proximité (les Instituts d’enseignement supérieur). L’IES est un facteur de démocratisation de l’accès et du succès dans l’enseignement supérieur. Il évite en particulier les frais de transport et de logement et donc le nécessaire recours au salariat. Un étudiant âgé de 17 à 20 ans qui vit chez ses parents ne peut évidemment être comparé à Tanguy !
Les bourses à taux zéro, synonymes de dispensation de paiement des droits d’inscription : bravo l’UNEF ! Le taux zéro ressemble à du « grand foutage de gueule ». Il a permis une communication politique scandaleuse de Valérie Pécresse en particulier : elle a ainsi cherché à faire croire qu’il y avait 30% de boursiers dans les CPGE.
UNEF et Pécresse : même combat pour les bourses, même combat pour la LRU ! UNEF et Wauquiez : même combat pour la réforme de la nouvelle licence ! Il est temps pour l’UNEF de reprendre un vrai combat et une vraie réflexion pour la démocratisation de l’accès et du succès dans l’enseignement supérieur.
« De toute facon, il ne faut pas se leurrer : les meilleures formations sont concentrees en region parisienne et dans les grandes villes et pas seulement au niveau master(c’est la nefaste consequence de la fin du cadrage national des diplomes), »
Mettre ça sur le dos de la fin du cadrage national des diplômes, ça me semble pour le moins naïf. Parce que les prépas ont un programme national, elles sont toutes équivalentes ? Parce que dans les « petites » fac, on « cadre » les licences à un niveau « moins bon » (on pourrait d’ailleurs se demander exactement ce que ça veut dire : moins d’heures ? programmes plus légers ? évaluations plus faciles ? ou profs incompétents ?).
@Vincent92:
“De toute facon, il ne faut pas se leurrer : les meilleures formations sont concentrees en region parisienne et dans les grandes villes et pas seulement au niveau master(c’est la nefaste consequence de la fin du cadrage national des diplômes),”
C’est une vision très parisienne de la chose !!!! Les petites universités ont de très bonnes formations, peut-être moins connues mais grandes universités ne riment pas toujours avec qualité.
Pour le cadrage national des diplômes, je n’ai jamais compris le problème. Une licence de physique, de maths ou de couture comprendra les mêmes enseignements (ou presque) quelle que soit l’université. C’était le cas avant la réforme LMD et c’est encore le cas. Je n’ai jamais connu d’examens communs à toute les universités donc déjà, les diplômes n’avaient rien de national, étant donné que dans une même académie, le niveau pouvait être totalement différent. Le contenu des cours sont restés un peu près les mêmes.
Je ne me suis jamais considéré comme un Tanguy, même si j’ai quitté mes parents à 26 ans (avec une année de DEA en province entre temps). Cela m’a juste permis de faire un doctorat et de bonnes études. Je n’ai peut-être pas eu une vraie vie d’étudiant mais au moins, aujourd’hui, je suis maître de conf. Après, c’est juste un choix de vie. J’ai trop l’impression que les étudiants, maintenant, souhaitent partir de chez leurs parents, juste après le bac. Sachant que l’université a majoritairement des classes moyennes ou moins, cela les force à devoir travailler à côté. Il est surement légitime d’avoir une indépendance à un moment ou à un autre mais cela doit être un choix privé et l’Etat ne doit pas donner une allocation autonomie. C’est trop facile.
Pour répondre à la proposition des bacheliers pros en dut, vu que j en dirige un, nous Avons fait l expérience d en recruter 5/6 sur une promo de 60 étudiants en dut tc. Nous avons mis en plAce un tutorat spécifique et ces étudiants avaient 16 de moyenne générale en terminale. Le résultat est catastrophique. Tout simplement car il s agit d une formation universitaire et le niveau en français et maths est en décalage total. Il faut rehausser le niveau en bac pro si l on veut qu’ils aient une chance en dut.
C est bien de leur donner un accès prioritaire, mais si c est pour les réorienter au bout d un an..
Par rapport à mon expérience propre, j ai un peu du mal avec les problèmes financiers de certains étudiants. Sans vouloir généraliser, j ai beaucoup d étudiants qui me disent ne pas pouvoir acheter un livre à 50 euros alors qu ils ont le dernier i phone sur la table. Et quand on leur propose la même formation en alternance, j ai droit à : je n aurai pas de vacances et c est fatiguant. Donc sans remettre en cause les vraies difficultés de certains étudiants, il faudrait parfois revoir l ordre des priorités.
@Lionel
« Pour répondre à la proposition des bacheliers pros en dut »
A titre de remarque, il était question de « bacs pros et technos aux dut et sts », et il est un peu extrême (voire de mauvaise foi) de ramener ça à « bac pro en IUT ». Du point de vue des effectifs, les IUT sont nettement plus petits que les STS, et plutôt d’un meilleur niveau. Si il y a un reproche à leur faire, ce serait de ne pas accueillir suffisamment de bacheliers technologiques (ils en accueillent déjà, bien sur, mais c’est une question de proportion et non de quelques alibis), tandis que les STS devraient accueillir plus de bacheliers professionnels. Après, je suis d’accord avec Irnerius sur le fait que les quotas ne sont pas une solution.
@ Cédric : « Pour le cadrage national des diplômes, je n’ai jamais compris le problème. Une licence de physique, de maths ou de couture comprendra les mêmes enseignements (ou presque) quelle que soit l’université. C’était le cas avant la réforme LMD et c’est encore le cas ».
C’est hélas une croyance très répandue et qui est pourtant largement inexacte. Il suffit d’aller sur le site des Universités parisiennes pour se rendre compte des différences importantes entre les diplômes d’une même discipline entre Universités. Et pas seulement au niveau des options ou au niveau du volume d’enseignement de chaque matière. Le LMD a supprimé purement et simplement les maquettes et cassé le cadrage national des diplômes même si, aujourd’hui, on est en partie revenu sur cette logique avec les référentiels. Mais en partie seulement.
@ Pierre Dubois : la priorité d’accès, ce n’est évidemment pas interdire aux Bacs généraux d’aller en STS et IUT. Il s’agit effectivement de réserver un quota de places (je crois de mémoire que l’UNEF propose 50%, mais je ne suis plus sûr du chiffre) aux étudiants de bacs technos et pros dans ces filières, filières qui ont d’ailleurs été conçues pour ce public, et non pour permettre aux étudiants du Bac général de contourner le DEUG.
« Les bourses à taux zéro, synonymes de dispensation de paiement des droits d’inscription : bravo l’UNEF ! Le taux zéro ressemble à du “grand foutage de gueule”.
M. Dubois, je doute fort que les étudiants qui se sont retrouvés exonérés des frais d’inscriptions soient de cet avis. Il ne vous a sûrement pas échappé que les bourses échelons 0 étaient une revendication intermédiaire de l’UNEF et que ce syndicat réclame une allocation d’autonomie.
Je conçois parfaitement que vous soyez opposé à cette solution. Mais ne faisons pas comme si cette proposition n’existait pas!
Merci à tous pour ces nouveaux commentaires. @ Damien. Commentaire 11. D’accord avec vous. Un programme national – j’en souhaite pour les Instituts d’enseignement supérieur – est toujours pris en main, adapté, contextualisé…
@ Cédric. Commentaire 12. Effectivement il ne faut pas confondre cadrage national (ex : une licence doit comporter 1500 heures de formation en 3 ans), programme défini nationalement (comme en BTS et en DUT), et référentiels nationaux de compétences introduits par la réforme de la nouvelle licence (ceux-ci ne sont en aucun cas des programmes nationaux ; pire, ils détruisent l’idée même de programme national).
@ Lionel. Commentaire 13. Merci pour vos deux témoignages fort pertinents et vécus au quotidien. Votre bilan de l’intégration de quelques bacheliers professionnels en DUT est sans appel ! J’ai comme vous constaté ces « pas drôles » priorités de dépenses pour les étudiants : 12 euros par mois pour s’inscrire en premier cycle, c’est trop ! 70 euros par mois pour les dépense de téléphonie et d’Internet (enquête de l’OVE), c’est normal !
@ Damien. Commentaire 14. Accueillir plus de bacs pros en STS. Oui ! Mais problème “Il manque 250.000 places en BTS” http://blog.educpros.fr/pierredubois/2011/04/18/il-manque-250000-places-en-bts/
@ Vincent 92. Commentaire 15. D’accord avec vous sur l’absence de programme national en licence, dès avant le LMD. Ne pas confondre « programme national » et « référentiel national de compétences ». cf la réponse à Cédric. Il vous faut absolument ne pas mettre ensemble dans vos réflexions « bacheliers techonologiques » et « bacheliers professionnels ». Sinon, c’est impossible de débattre, de faire avancer la discussion !
@ Vincent92. Commentaire 16. Ce n’est pas intellectuellement correct de ne citer que la 1ère phrase du paragraphe. Le voici en entier « Les bourses à taux zéro, synonymes de dispensation de paiement des droits d’inscription : bravo l’UNEF ! Le taux zéro ressemble à du “grand foutage de gueule”. Il a permis une communication politique scandaleuse de Valérie Pécresse en particulier : elle a ainsi cherché à faire croire qu’il y avait 30% de boursiers dans les CPGE ». Q
ui a gagné la communication politique de la mesure « bourses à taux « zéro » ? L’UNEF ou Valérie Pécresse ? J’estime qu’il n’y a pas photo : c’est bien sûr Valérie Pécresse ! Un lien vers un communiqué de victoire de l’UNEF ? Je suis preneur !
A part cela et évidemment, si j’étais étudiant, j’accepterais avec un grand sourire une exonération des droits d’inscription et des cotisations de sécurité sociale. Je pourrais ainsi financer mes dépenses de téléphonie et d’Internet (cf la réponse à Lionel, commentaire 13).
Voyons, M. Dubois, vous savez bien qu’aujourd’hui ne pas avoir Internet est très pénalisant dans les études supérieures! Vous perdez énormément de temps, ne serait-ce que pour faire des exposés!
De même, vous savez pertinemment qu’il est aujourd’hui très difficile de trouver un emploi sans téléphone (et même, ajouterai-je, sans téléphone portable). Après, qu’il y ait des dépassements sur les factures, ça peut arriver. Mais ne faisons pas comme si Internet et le téléphone ne servaient qu’aux loisirs.
Par ailleurs, contrairement à vous, je ne considère pas que l’objectif d’amélioration du système de bourses soit de gagner sur le terrain de la communication politique mais bien d’améliorer le statut des étudiants. Après, oui, la com’ de Pécresse sur les boursiers était fallacieuse. Etait-ce vraiment la faute de l’UNEF ? Soyons un peu sérieux deux minutes!
Pour les bacs techno, nous avons environ 1/3 de Stg, ils réussissent généralement leur dut. Par contre, il existe un effet de seuil, si nous dépassons ce tiers, nous avons du mal à gérer les groupes et s occuper proprement d eux.
@vincent92 :
Il est serait grand temps que l’UNEF (mais aussi les autres organisations étudiantes) arrête ce jeu du X a permis telle ou telle avancée… Ce n’est jamais une seule organisation qui permet ces avancées. L’UNEF détient la palme du « tirage de couette », même lorsqu’elle n’a rien fait (la récupération de l’UNEF sur des sujets aussi variés que les modalités d’examens, le locapass, les allocations d’études ou les quelques améliorations apportées à la reforme LMD sont écœurantes). A lire les CdP, on a l’impression que l’UNEF a tout fait, a toujours tout fait… seule. Heureusement qu’elle est là ! Nous sommes sauvés.
L’UNEF « actuelle » (post années 2000) n’a jamais été un « syndicat » de classe. Et le plus drôle c’est l’indépendance politique de l’UNEF qu’elle défend mordicus (un peu comme Bruno Julliard qui déclarait en 2006 n’avoir été proche d’aucun parti, sauf qu’à peine 3 mois avant l’interview il était encore le représentant fédéral des MJS !) http://www.lefigaro.fr/france/20060307.FIG000000022_entre_le_ps_et_l_unef_la_filiation_ideologique_garantit_l_harmonie_politique.html
Ni aux syndicats (alors qu’il existe une convention officielle entre l’Unef et la CGT).
Elle ne cesse de vanter ses « victoires » des années passées (avant 2000)… sous prétexte que ça s’appelle encore UNEF. Or ce n’est plus du tout le même courant. Cela s’analyse assez simplement sur les compromissions qu’ils font sur leur ligne « syndicale » quand ils sont dans les institutions et les échanges avec les gouvernements. Elle a la main facile pour s’opposer car l’opposition contre un ennemi commun est bien la meilleure des stratégies, mais il est très difficile pour l’UNEF de réellement proposer et d’avancer (je ne parle pas des CdP bateau « il faut plus de moyens aux étudiants » « il faut lutter contre la précarité » etc… mais de réponses à « Comment ? Par quels processus ? »).
Sur les cas des frais d’inscriptions, je suis surpris par le nombre de D.U. qui sont comptés (sachant que l’UNEF sait très bien que les frais d’inscriptions des D.U. sont libres), ainsi que par le chiffre d’universités « épinglées »… qui serait en constante baisse depuis que l’UNEF publie chaque année ce classement, or ce n’est pas le cas cf la rentrée 2010 ! 26 universités épinglés : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/07/21/01016-20100721ARTFIG00414-frais-d-inscription-l-unef-epingle-26-universites.php contre 29 ou 30 actuellement. Je suis également surpris par les propos/menaces de recours au TA, justement ils sont où ?
Bref, autant l’idée de lutter contre les irrégularités liées aux frais d’inscription fut une bonne chose au départ, force est de constater que cela a fortement dévié, et est devenu un coup de pub pour attirer le regard des futurs premières années (= la base de l’empire pyramidal UNEF). Le plus drôle c’est qu’une de leurs (mauvaises) pratiques est justement d’embobiner les jeunes de première (voir seconde année) lors de leur inscription à l’université en leur disant soit qu’il est « obligatoire » d’adhérer à l’UNEF pour être correctement défendu, soit pour les nombreux services proposés (service dont on trouve l’équivalence gratuitement ailleurs, comme les réductions sur l’abonnement de magasines).
Tout cela pour 20€, sachant que 10€ par au National. Et ça dit défendre la précarité ? L’UNEF crie au loup quand une université propose des « frais illégaux » (sans jugement d’un TA je mets des guillemets) même pour 5 ou 10€… en prétextant que cela accroit la précarité alors qu’elle demande 20€ ? Pour un « syndicat » qui critique la baisse du pouvoir d’achat des étudiants et leurs problèmes financiers grandissants, c’est ubuesque.
L’UNEF énervante ? Oui, assurément. Mais tant qu’il n’y aura pas de grand déballage médiatique sur ses pratiques et que cette organisation jouira des services des médias, on entendra encore parler de ces manipulations.
[...] anciens présidents ont des idées bien arrêtées sur la réussite de tous les étudiants : faibles droits inscription nationaux, allocation d’autonomie pour tous, progression du nombre et du montant des bourses, pas de [...]
Un peu dans la même lignée que le coût des études… L’UNEF décidément très en vogue à chaque rentrée étudiante (c’est qu’il faut recruter/endoctriner massivement des L1 ?) a remis le couvert sur la question du salariat étudiant.
Son président, M. Zemmour, a annoncé royalement sur tout un tas de plateaux TV (ou radio) que « 73 % des étudiants exercent une activité salariée. Ce pourcentage n’était que de 48 % en 2006 ! ». Et bien sûr, une fois de plus, les médias ont suivis… sans vérifier.
Mais l’unef s’est encore bien planté !
Plutôt que de paraphraser l’article sur médiapart, je vous donne le lien de l’article de M. Hajdenberg : http://www.mediapart.fr/article/offert/63074945894afb360ff66931b201bab9
Si ce lien venait à disparaître, en gros l’article démontre par 1+1=2 que tous ces chiffres se révèlent faux et/ou tronquées. Pourquoi vouloir accentuer les maux des étudiants ?
En fait l’UNEF ne réalise pas ces enquêtes, l’organisation étudiante se base sur l’OVE (Observatoire de la vie étudiante) qui réalise tous les trois ou quatre ans une enquête d’ampleur, basée sur les déclarations des étudiants. L’UNEF se sert beaucoup de ce travail pour communiquer ! Mais elle fait dire à cette étude des choses inexactes. Manque de bol, c’est donc « facile » à vérifier (pour peu qu’on s’y intéresse).
(extrait de l’article)
« Dans son communiqué, envoyé à tous les médias, l’UNEF explique que « 73 % des étudiants déclarent exercer une activité salariée (toutes activités confondues) pour financer leurs études. En 2006, ils étaient 48 % ». L’expression « toutes activités confondues » n’est pas des plus claires. Plusieurs médias l’ont donc écartée. La précision a pourtant son importance: elle signifie que l’UNEF intègre dans cette statistique les activités liées aux études (stages, contrat d’alternance), notamment celles des apprentis » -source : Jean-François Giret, maître de conférences en sciences économiques à l’université de Bourgogne
Les 73 % incluent aussi les jobs d’été !!!
(extrait de l’article)
« Quand l’UNEF parle d’un passage en 6 ans de 48 % à 73 % d’étudiants, il compare deux données différentes. Le chiffre de 48 % (46 % en réalité) provient de la précédente enquête de l’OVE 2006. Il n’incluait pas les jobs d’été. »
Bref, l’UNEF mélange des serviettes et des torchons, brassent bien le tout et ressort des chiffres alarmistes et tend année après année vers la démesure. Quand cette course aux chiffres s’arrêtera ?
L’étudiant de 2012 est-il vraiment moins aidé qu’un étudiant de 1990 (par exemple), est-il réellement plus précaire ?
Oui il y a de plus en plus d’étudiants qui travaillent, mais la majorité travaille occasionnellement.
(extrait de l’article)
« L’UNEF demande de mettre en place une allocation d’autonomie d’ici la fin du quinquennat. Elle prend appuie sur l’INSEE sur les effets du travail salarié chez les étudiants. Mais là aussi, le syndicat opère un raccourci. L’enquête en question se base sur des données récoltées entre 1992 et 2002. L’échantillon des étudiants salariés est petit (202 personnes) mais il est suffisant selon Denis Fougère, l’un de ses auteurs. L’étude montre qu’en effet, le travail mené parallèlement aux études pénalise lourdement les jeunes. Mais seulement quand il s’agit d’un mi-temps ou plus. Dans ce cas, cela multiplie par deux la probabilité d’échouer en fin d’année aux examens.
En revanche, pour ceux qui travaillent moins de 16 heures par semaine, explique Denis Fougère, « on ne trouve pas d’effets ». Or en 2010, selon les données de l’Observatoire de la vie étudiante, 24,5 % des étudiants travaillent au moins à mi-temps. Ce ne sont donc pas près de 3/4 des étudiants qui voient leurs études fortement impactées par le travail, comme pourrait le laisser croire la présentation de l’UNEF, mais environ un quart. »
L’UNEF a bien sûr réagit (via son président), et s’excuse à demi-mot sur ces énormes boulettes mais reste droit dans ses baskets (de toute manière les médias ne vont pas diffuser l’info que l’UNEF s’est planté). Elle s’en sort par une pirouette en expliquant que les données manquent sur les étudiants, par exemple sur le budget annuel, et que le syndicat fait avec ce qui est disponible. Bah voyons !!
Avec tout l’argent que brasse l’UNEF (et la LMDE…), ils pourraient au moins faire leur propre enquête (ou plutôt en commander)…
Bref ceci n’étant encore qu’un exemple de ce qu’est l’UNEF, et la puissance médiatique qu’à cette organisation étudiante. Même en cas d’erreur manifeste, rien n’est dit. Et bien sûr, rien ne transparait sur leur site internet.
Ceci illustre la façon de travailler des journalistes, qui bien souvent se contentent de diffuser sans la moindre modification ce que leur transmettent les responsables « médias » de différentes entités.
Il est clair que l’UNEF est bien organisée sur ce plan : elle a réussi à faire diffuser par l’ensemble unanime des médias l’idée d’une hausse importante du coût de la rentrée universitaire (en fait elle annonce 3,7% et la FAGE 2,6%).
Simultanément la hausse du coût de la rentrée scolaire (primaire / secondaire) est qualifié de « modérée » (2,9% suivant Familles de France).
L’idée qu’il est un peu contradictoire de qualifier le même jour d’importante une hausse de 3,7% et de modérée une autre de 2,9% n’effleure même pas l’esprit de nos journalistes …
Les journalistes continuent à reproduire sans le moindre recul ce que leur transmettent divers organismes.
La semaine dernière la hausse de la rentrée scolaire était qualifiée de « modérée »; cette semaine, suite à un communiqué de la Confédération syndicale des familles le titre du Monde éducation (Internet) est : « Le coût de la scolarité bondit de plus de 6 % »
http://www.lemonde.fr/education/article/2012/08/28/le-cout-de-la-scolarite-bondit-de-plus-de-6_1752260_1473685.html
Y aurait-il parmi les lecteurs de ce blog un professeur de journalisme qui pourrait nous expliquer la formation qu’il dispense à ses étudiants ?
@ François :
encore faudrait-il que les journalistes connaissent les sujets dont ils parlent et fassent preuve d’analyse critique. Je crains que le temps dont ils disposent et leur éparpillement dans la superficialité des thèmatiques suivies ne les conduisent à zapper et à répéter de la manière que vous décrivez. Sans compter qu’il faut vendre…ce qui n’est pas automatiquement compatible avec le sérieux d’un article.
Sur la rentrée, tout le monde en dénonce la cherté sans jamais s’interroger sur cette vaste opération marketing qui conduit ( comme à Noel) à acheter tout et n’importe quoi au motif que c’est la rentrée: au bout de quelques années quand vous avez plusieurs enfants, vous vous retrouvez avec un stock de sacs ou de cartables à moitié usagés( alors que vos ados sont tout à fait capables de trainer avec leur vieux sacs plusieurs années comme un doudou ), quantité de tubes de peinture secs, de pinceaux, de feutres, de rapporteurs, de feuilles comme ci ou comme ça, jamais au format standard bien sûr, de ballerines jamais mises, de tenues de sport non plus d’ailleurs, reléguées pour d’autres fringues adorées des jeunes, etc….
Et si c’était une question d’éducation et de résistance aux messages de consommation no limit qui contribuait à faire faire de substantielles économies ?