Quatre ex-présidents aux manettes

Pour la première fois dans l’histoire des universités françaises, les trois présidents, composant le bureau de la CPU entre décembre 2008 et décembre 2010, se retrouvent ensemble aux manettes de l’enseignement supérieur et de la recherche (composition du cabinet de Geneviève Fioraso). Un quatrième président, président de commission de la CPU, vient compléter le trio. Ces présidents d’université étaient au pouvoir lors du passage des premières universités aux responsabilités et compétences élargies (RCE), lors du mouvement des enseignants du printemps 2009, lors de la 1ère enquête nationale sur les diplômés de master. Actualisation 23 juillet 2013 suite au signalement d’un lecteur du blog : lettre ouverte du bureau de la CPU au président de la République (début 2009) : « Chronique d’une crise annoncée dans les universités« .

La Ministre a fixé la thématique des Assises de l’automne prochain. Corriger la LRU sans remettre en cause les RCE, assurer la réussite de tous les étudiants et leur insertion professionnelle, réviser la gouvernance des universités et les politiques de sites et de réseaux. Sur ces questions et au travers des chroniques de ce blog, qu’ont dit et qu’ont fait ces cadors quand ils étaient présidents d’université et chefs de la CPU ? Les 4, par ordre alphabétique.

Simone Bonnafous, ex-présidente de l’université de Paris 12 Val-de-Marne, est directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (organigramme de la DGESIP) ; Patrick Hetzel a occupé cette fonction sous Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ; il est devenu député UMP de Saverne. Lionel Collet, ex-président de Lyon 1 Claude Bernard et de la CPU, est directeur du cabinet. Daniel Filâtre, ex-président de l’université de Toulouse 2 Le Mirail, est conseiller pour le 1er cycle, la formation des enseignants, l’orientation et l’insertion. Jacques Fontanille, ex-président de l’université de Limoges, est conseiller pour les sciences humaines et sociales.

Simone Bonnafous, directrice de la DGESIP. Pas de chronique du blog qui lui ait été directement consacrée. Mais quelques échanges avec elle sur les observatoires, l’insertion professionnelle des diplômés du supérieur, le financement des universités selon leur performance d’insertion. Première moitié des années 2000, elle vient à Marne-la-Vallée consulter l’observatoire OFIPE dont je suis le directeur ; l’observatoire de Créteil est créé sous sa présidence : pas d’indicateur sur le taux de réussite en licence en 3 ou 4 ans. Juin 2010 à Strasbourg, elle représente la CPU aux Journées nationales des observatoires ; les échanges sont vifs sur la première enquête « Master » (7 chroniques du blog). Simone Bonnafous est sensible à la question de l’insertion professionnelle. Dommage qu’elle n’ait pas impulsé, en tant que président de l’UPEC Paris 12, la création d’un observatoire commun avec Marne-la-Vallée au sein du PRES Paris-Est.

Lionel Collet, directeur du Cabinet. Après son mandat de président de la CPU, il demeure président de commission. Janvier 2010 : le président de la CPU critique les incertitudes du budget 2010 : « 0 création d’emplois« . Juin 2010 : polémique sur la question de la prime variable des présidents (décret de juin 2010, qui devrait être abrogé) : « Lionel : 210.000 euros par an« , « Un salaire pour le président PDG« . Octobre 2010 : le président de la CPU s’insurge contre la circulaire Hetzel sur le budget des IUT, « Rififi pour l’argent des IUT« . Observatoire : statistiques d’insertion pour les licences et masters ; les résultats de l’enquête sur les diplômés de Master 2009 est déjà en ligne ; pas de suivi de cohortes d’entrants en premier cycle. Pas d’observatoire au niveau du PRES Université de Lyon.

Daniel Filâtre, conseiller pour le 1er cycle, la formation des enseignants, l’orientation et l’insertion… Il a présidé une des commissions de la CPU de 2008 à 2012. Plusieurs chroniques du blog. 2009 : « Portrait du président Filâtre« . Le président du Mirail co-préside la commission nationale de concertation sur la réforme de la formation des enseignants : « Marois et Filâtre » ; il en démissionne ; mais il publie un rapport en juillet 2009.

Novembre 2011 : trois chroniques à propos du reportage de France 2 au Mirail et polémiques sur le taux de réussite en licence de LEA et sur l’insertion professionnelle des masters LEA. « La jeunesse française désabusée« , « Communiquer les taux de réussite« , « Filâtre. Communiqué de crise raté« . L’observatoire fournit des données sur la réussite aux examens (mais pas de suivi de cohorte permettant de mesurer le taux d’obtention de la licence en 3 ou 4 ans) et l’insertion des diplômés (résultats de l’enquête sur les diplômés de Masters 2009 déjà en ligne, mais résultats limités à la sous-population prescrite par le ministère).

Mars 2012. Deux vice-présidents de Daniel Filâtre sont candidats à sa succession. Ils sont battus par un troisième, Jean-Michel Minovez. Deux chroniques sur les élections au Mirail : « Ils débattent en direct« , « Minovez, président« . Au vu de ce résultat, le conseiller de Geneviève Fioraso doit certainement avoir des idées sur la réforme de la gouvernance des universités. Il a également des idées sur la réforme du 1er cycle : juin 2012, « Le 1er cycle et le professeur« . Le Campus photographié en mars 2012 : « Une histoire et 90 photos« .

Jacques Fontanille, conseiller pour les Sciences humaines et sociales. Octobre 2010, le président de l’université de Limoges, alors vice-président de la CPU, commente les résultats de la 1ère enquête DGESIP sur les diplômés de master. Favorable à ce type d’enquête, il estime cependant que la première réalisée ne fournit pas aux universités un véritable outil de stratégie : « Mobilité à l’étranger et insertion« . Il commente les résultats avec beaucoup de légèreté confondant enquête sur échantillon et enquête sur l’ensemble de la population des diplômés : « Des présidents et des chiffres« .

Novembre 2010. Passée aux responsabilités et compétences élargies début 2009, l’université connaît de sérieuses difficultés financières : « RCE et GVT : Limoges dans le mur ». Le président Fontanille quémande une rallonge. Décembre 2010. Moins d’un mois avant l’élection d’un nouveau bureau de la CPU, les 3 cadors lancent une rubrique « success stories« . Jacques Fontanille se dévoue et vante les mérites du département de génie civil d’Egletons : « La CPU et l’IUT d’Egletons« . Juillet 2012. Observatoire de Limoges : l’enquête d’insertion sur les diplômés de master 2009 est déjà en ligne. Document de synthèses sur l’insertion des diplômés de master des années 2006 à 2009.

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Article du on Vendredi, juillet 20th, 2012 at 10:53 dans la rubrique 3. Aquitaine, 3. Ile-de-France, 3. Poitou-Charentes, Limousin, 3. Rhône-Alpes, Auvergne. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

4 commentaires “Quatre ex-présidents aux manettes”

  1. Trois ex-présidents de la CPU aux manettes | Revue de presse de PDE | Scoop.it dit:

    [...] blog.educpros.fr – Today, 10:49 PM Rescoop [...]

  2. Fournel dit:

    Je trouve personnellement extrêmement surprenant, voire inquiétant, que se retrouvent à des postes de responsabilité pour piloter un éventuel changement de politique ces mêmes personnes qui ont, avec une obstination et un manque de nuance tout à fait manifestes, accompagné la mise en place des pires volets de la politique du quinquennat précédent.
    De deux choses l’une, soit on entend poursuivre cette politique et dans ce cas-là le choix est compréhensible, soit on entend la corriger (voire – soyons fou ! – la combattre…) et la cohérence du cabinet est pour le moins surprenante et laisse présager bien peu de « changement ». On a là un signe tout à fait négatif envoyé aux acteurs de l’ESR, un signe qui laisse présager par ailleurs que les assises à venir sont déjà pliées avant d’avoir commencé… Le projet de nouvelle loi est prêt et les assises semblent devoir être un grand simulacre de concertation (la composition du comité chargé de la préparation est à cet égard tout à fait parlante : aucun opposant déclaré à la politique précédente n’y figure).
    On pourrait ajouter à cela les nouvelles nominations de recteurs qui commencent à arriver et dont on ne peut pas dire qu’elles récompensent des oppposants farouches à Madame Pécresse.
    Une dernière anecdote pour donner le la dans cette affaire de nomination : Madame Bonnafous le jour où une délégation de l’appel du 8 novembre apporta en décembre 2008 à la CPU les 15000 signatures recueillies contre la réforme de la formation des enseignants (une réforme que tout le monde s’accorde aujourd’hui à condamner mais que nous étions bien peu à combattre en 2008…) eut le front (ou la naïveté) de me faire remarquer, devant la présentation de nos inquiétudes quant à la concurrence entre un diplôme et un concours avec les conséquences néfastes que cela pouvait avoir sur la qualité de la formation et le statut des jeunes collègues, que « pour ce qui était de l’enseignement secondaire on pouvait quand même penser à d’autres solutions que le statut de fonctionnaire » (il y avait une dizaine de témoins présents qui pourraient confirmer la chose).
    Voilà qui ne promet rien de bon et laisse songeur sur les critères de choix des personnes retenues pour le nouveau cabinet et l’organigramme du MESR.
    Jean-Louis Fournel (SLU)

  3. locher dit:

    « les nouvelles nominations de recteurs qui commencent à arriver »
    je ne dois pas suivre correctement l’actualité universitaire mais pour ma part j’en ai vu passer qu’une à ce jour. Je manque sans doute d’information à moins que d’autres en créent pour justifier leur propos même si la vérité est travestie. J’avas cru comprendre que ce qui caractérise la démarche universitaire c’est la rigueur ! visiblement le militantisme parfois fait perdre cette valeur. Dommage

  4. Elu au CNESER dit:

    Elu au CNESER (reçu par courriel et mis en ligne avec l’accord de l’auteur)

    En juin 2007, Valérie Pécresse présenta au CNESER la première version de ce qui allait être la LRU, et qui fut votée sans modifications majeures quelques semaines après. Les représentants syndicaux furent quasi unanimes à mettre en garde sur des points maintenant reconnus comme devant être modifiés : collégialité, gouvernance, incitation à la précarisation, à l’externalisation de nombreuses fonctions, et donc à une privatisation plus ou moins affichée.

    Quatre ans de séances conflictuelles au CNESER, où s’affrontaient deux blocs. D’un côté, les soutiens de la politique gouvernementale (MEDEF et CPU en étaient les moteurs). De l’autre, des opposants systématiques (représentants FSU, FO, CGT). Au milieu, les voix plus mesurées de l’UNSA et de la CFDT avaient parfois du mal à se faire entendre, et bien souvent n’étaient retenues que des propositions d’amendements à la marge.

    Dans ce contexte d’opposition avec des jeux de rôles fort stéréotypés, la première intervention de Simone Bonnafous en tant que représentante de la CPU au CNESER créa une surprise. La CPU qui se désolidarise enfin du Ministère, en dénonçant de manière fort pertinente et argumentée les carences du logiciel de répartition des moyens mis en place par la DGESIP, le logiciel SYMPA, si mal nommé. Les représentants des personnels en avaient déjà dénoncé les effets délétères, mais c’était la première fois que la CPU, sur laquelle la ministre s’était tant appuyée pour la LRU, n’approuvait pas des mesures présentées par la DGESIP ».

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