Bulletin de la Faculté des Lettres de Strasbourg, novembre 1950, 40 pages (photos ci-dessous). Quatre articles dont celui de Claude Cahen, Notes sur l’histoire des croisades et de l’Orient latin.
Prix du numéro : 100 francs. Le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) a été créé en février 1950. Quiz. Une heure de travail, payée au SMIG horaire, permettait-elle d’acheter un numéro du Bulletin ? Abonnement annuel au Bulletin : 650 francs. Combien d’heures de travail, payées au SMIG, fallait-il pour s’abonner ?




1 à 2 h (SMIG horaire 1950 : 64 F en province, 78 F en région parisienne)
(anciens F = 1/100 de F d’avant l’Euro)
http://www.senat.fr/evenement/archives/smig4.html
Quelques calculs à partir de ces chiffres permettent de mesurer la très forte réduction de l’éventail des salaires depuis cette époque, en particulier entre travail qualifié et travail non-qualifié.
Le phénomène est souvent occulté par la mise en évidence par les médias de certains salaires très élevés (patrons du CAC 40, traders, …) qui peut donner l’impression d’une évolution inverse, qui ne concerne en fait qu’une infime minorité.
Exact, François. Le « Smigard » de 1950, habitant Strasbourg, devait donc consacrer 1 heure 34 minutes de travail pour s’acheter le Bulletin de la Faculté des Lettres, bulletin de 40 pages.
Le « Smicard » de 2012 touche 9,40 euros par heure de travail, soit 14,66 euros pour 1 heure 34 de travail. Ces 14,66 euros lui permettent d’acheter 14 numéros quotidiens des Dernières Nouvelles d’Alsace. Par contre, il lui manque 6,84 euros pour acheter un numéro de la Revue des Sciences Sociales de l’université de Strasbourg (21,5 euros) http://www.revue-des-sciences-sociales.com/
… Mais un numéro de cette revue comporte bien davantage de pages que le bulletin de 1950 !