Participer aux Assises territoriales de l’enseignement supérieur et de la recherche (le site). Sous forme de contribution écrite certes (« Comment contribuer aux Assises« ). Y aura-t-il également des débats ouverts à toutes et à tous ? Je n’en ai pas encore trouvé trace en Alsace (rapporteur Michel Granet).
Démocratie participative ? Le texte en ligne est ambigu. Les Assises territoriales doivent permettre de « donner la parole à ceux qui en ont été souvent privés pour favoriser les initiatives et échanges locaux ». Elles « sont l’occasion d’une participation du plus grand nombre, acteurs, bénéficiaires ou acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les contributions collectives, regroupements locaux ou thématiques sont toutefois à privilégier« … « Elles peuvent se tenir avec un nombre limité de participants« .
Rapporteur des Assises pour la Champagne-Ardenne : Danielle Potocki-Malicet, professeur de sociologie émérite, ancienne directrice de l’école doctorale SHS. A gauche, Gérard Mary, ancien président de l’université. A droite, Lissan Afilal, 1er vice-président en charge du conseil d’administration
« Chaque rapporteur territorial doit transmettre un rapport de 25 pages au Comité de pilotage des Assises avant le 1er novembre ». Esquisse de sociographie des 24 rapporteurs territoriaux (liste). Qui sont-ils ? Ils sont « reconnus pour leur expérience du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche du fait des fonctions qu’il ont exercées ». Effectivement, toutes et tous satisfont à ce premier critère : il en résulte qu’elles et ils ont un âge certain (des retraités en nombre significatif). Six rapporteurs sont d’anciens présidents d’université : André Lespagnol (Rennes), Francine Demichel (Corse), Alain Dubrulle (Lille), Josette Travers (Caen), Eric Espéret (Poitiers), Patrick Hervé (La Réunion). Parmi eux, certains ont été recteurs d’académie.
Tous les rapporteurs sont issus du territoire sur lequel ils vont rapporter : normal ! La représentation des disciplines et des institutions (universités, grands organismes) est plutôt mal assurée : Sciences et Santé sont surreprésentées. Une habitude !
Choquant : 4 femmes sur 24 rapporteurs. « Les Assises peuvent se tenir avec un nombre limité de participants. Alors, l’équilibre entre les femmes et les hommes… sera un principe auquel le rapporteur territorial devra veiller ». La parité, ce n’est pas maintenant !


Les assises me font penser à Pascal et son blabla inutile (on se fera plaisir et rien ne changera) : « Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. »
Au-delà des personnalités des rapporteurs dont le profil est effectivement sans surprise et légitime, je note l’intéressant débat qui émerge sur le « Qui doit être consulté ? » et « Qui veut être entendu ? ». On aurait en effet pu naïvement penser que le périmètre de l’ESR était connu et parfaitement circonscrit. Sans parler de la position de la CPU qui veut être entendue mais ne veut pas apparaître comme organisatrice, il aura fallu, dans certains cas, un courrier de président de CESER à la ministre pour que la société civile soit entendue. Les comités de pilotage sont en construction et, là aussi, le périmètre (20 personnes maximum) ne va pas de soi : « on tranchera dans le vif » assure-t-on ici ou là . Loin d’y voir une faiblesse de la consultation, l’on peut considérer que ces assises, quelque soit la portée de leurs conclusions, auront au moins permis de répondre à cette ingénue question : Qui s’intéresse en ce début de III° millénaire à l’enseignement supérieur et à la recherche ? Un pas en avant pour la dynamique des territoires.