Quand la CPU va-t-elle faire sa rentrée ? Après les Assises territoriales de l’enseignement supérieur et de la recherche ? La conférence des présidents est désespérément muette. Photo du siège de la CPU à Paris. Page d’accueil du site de la CPU, une information datée : « à 15 jours du premier tour des présidentielles, et alors que les universités sont en pleine période de renouvellement de leurs instances, consultez le mag’ du colloque de la CPU ». Actualisation 10 septembre 2012 : la page d’accueil a été actualisée aujourd’hui. Effet de cette chronique ?
Le Mag’, daté d’avril 2012, a pour titre « L’université pour l’avenir. Avenir des universités« . Page 16 du document : 20 propositions aux candidats à l’élection présidentielle. Ne serait-il pas urgent de communiquer de nouveau sur ces propositions ?
La dernière Lettre de la CPU (n°89, 5 juillet 2012) porte sur le sommet de Rio, le 2ème Forum franco-chinois de l’enseignement supérieur, le point du recensement des actions des collectivités territoriales en faveur de l’enseignement supérieur, le bilan et les perspectives des Universités numériques thématiques, Erasmus… Rien sur les Assises pourtant confirmées après la victoire de la gauche aux élections présidentielle et législatives. Pourquoi ce silence assourdissant ?
Fin juillet, la CPU organisait une rencontre amicale entre les présidents qui ont terminé leur mandat en 2012 et les présidents nouvellement élus : comment les anciens peuvent-ils faire bénéficier les nouveaux de leurs compétences ? Y discute-t-on des Assises ? Sans aucun doute ! On peut imaginer plusieurs positions en présence. « On ne peut y échapper, il faut donc y aller, s’impliquer dans les Assises territoriales, organiser localement des débats, contrôler les synthèses des rapporteurs territoriaux ». « Soyons prudents. Il ne faut pas se faire instrumentaliser par le ministère. La CPU doit absolument garder son indépendance d’analyse et de jugement ». « Les universités sont un acteur important dans l’enseignement supérieur, mais un acteur parmi d’autres. Puisqu’il y a Assises territoriales, ce sont les régions qui doivent monter au créneau et organiser les synthèses, les propositions. Il faut s’appuyer sur les CESER » . »Nous avons autre chose à penser qu’aux Assises. Nous allons dans le mur pour le budget 2013. La Ministre n’a-t-elle pas dit le 24 juillet 2012 que « les projections montrent qu’au début de 2013, la moitié des universités françaises seront en deçà du montant de fonds de roulement jugé raisonnable, soit environ un mois de réserves ».
Aucun communiqué de presse ne vient donner la teneur des débats de la rencontre de fin juillet. Il paraîtrait pourtant que l’AEF a publié une chronique sur cet évènement : les présidents aiment qu’on parle d’eux, de leur université dans l’AEF. Actualisation 10 septembre 2012 : communiqué de la CPU sur la mise en place d’un comité de pilotage des Assises, présidé par Gérard Blanchard, président de la Rochelle, et dont les propositions seront rendues publiques… le 16 novembre 2012. Un communiqué de la CPU, effet de cette chronique ?
Quand la CPU comprendra-t-elle que l’agence de presse AEF est privée à but lucratif, qu’elle réserve ses abonnements fort coûteux à une petite élite ? La CPU doit communiquer vers toutes et tous, être d’une totale transparence !
Certes, la CPU peut se laisser aller à faire profil bas car d’anciens présidents se retrouvent aux manettes dans le cabinet du ministre, à la DGESIP. Six anciens présidents ont été désignés « rapporteurs territoriaux« . Les intérêts stratégiques des universités seront-ils bien défendus par des « ex » ? Je n’en suis pas sûr du tout car ils ont accepté de « servir le prince », d’appuyer la politique qu’il compte mettre en Å“uvre. Eux aussi sont muets mais c’est logique : ils ont un devoir de réserve. Faut-il faire confiance aux « ex » ? Par principe, non !
La CPU a été auditionnée, entre le 28 et le 31 août, par le Comité de pilotage des Assises. Vincent Berger, président de Paris Denis Diderot, en est le rapporteur général. Un président en exercice, cette fois ! Qui a représenté la CPU ? Le bureau, présidé par Louis Vogel ? La CPU, une organisation auditionnée parmi 88 autres ! Parmi elles : AllEnvi, Allistene, Ancre, Athena, Aviesan. J’avoue ne pas connaître ces 5 organisations ! Florian me précise, dans un mail, qu’il s’agit des 5 Alliances thématiques de recherche ; Athena est l’Alliance pour les Sciences humaines et sociales. Elles font donc partie du millefeuille institutionnel.
La CPU se réunira en Assemblée plénière le 20 septembre 2012. Un relevé de discussions, un communiqué de presse, une prise de position sur les Assises seraient les bienvenus. Aucune prise de position de la Conférence depuis le 5 avril 2012.
Le 20 septembre, les présidents participant à l’assemblée plénière vont certainement discuter dans les couloirs de la composition du futur bureau de la CPU, de son élection en décembre prochain. Alain Beretz est candidat à sa propre succession à la tête de l’université de Strasbourg. Après son échec en décembre 2010 pour la conquête de la présidence de la CPU, sera-t-il de nouveau candidat ? Probablement, oui ! Ce qui est sûr, c’est qu’il est un fort bon communicant, parle sans langue de bois : « L’université de Strasbourg ignore le classement de Shanghaï » (Rue 89, 23 août).
Il devrait, entre autres, s’engager à refonder le site de la CPU qui est dans un état d’obsolescence avancé.
