Apprendre : les « serious games »

Je ne suis pas familier des jeux vidéo, fussent-ils en ligne ! Les jeunes, les très jeunes le sont. Et si on utilisait des jeux sérieux, des serious games, pour faire apprendre mieux à l’université. Deux articles récents ont attiré mon attention sur cette question.

Celui tout d’abord de Christine Vaufrey, blogueur EducPros : « L’humiliation de l’inattention« . « Beaucoup d’enseignants sont confrontés à la plus banale des humiliations rencontrées dans leur métier, celle de ne pas pas être écoutés par leur auditoire. Pour certains, cette situation se reproduit jour après jour. Des classes bruyantes ou trop silencieuses manifestent clairement le désintérêt de leurs membres pour la parole professorale. C’est la manifestation de l’inattention, bien plus que l’inattention elle-même, qui est humiliante : vous ne m’intéressez pas et je vous le fait savoir. Ce faisant, je vous touche, je vous juge, je vous humilie ». La chronique de Christine Vaufrey ouvre des perspectives techniques nouvelles, interactives au sein même du cours, y compris du cours d’amphi. Cela me tenterait d’essayer !

Le second article est paru le 10 septembre 2012, dans les Dernières Nouvelles d’Alsace. Il est signé d’Arnaud Bouju. « L’Alsace, une région « serious« . « Le serious game voit le jour. Il s’agit d’une évolution liée aux jeux vidéo dans le domaine du sérieux. Autrement dit, on applique tous les ressorts du jeu mais dans les domaines de la communication, de l’éducation et de l’information. L’interactivité atteint son paroxysme« , définit Yves Dambach, Alsacien et fondateur de la société KTM Advance

Les contenus de formation ? Gilles Noeppel, gérant de Almedia basée à Strasbourg, explique : « les projets européens dans le domaine du serious game sont impressionnants. Depuis 2009, notre entreprise planche sur un laboratoire de langues en ligne en collaboration avec l’Université de Strasbourg. Les Allemands sont particulièrement friands de cette méthode d’apprentissage ».

Les partenariats privé-public pour la conception des contenus. Un exemple : le projet Eveil 3D. « Iconoval, le Pôle Image Alsace, ainsi que ses adhérents Holo3, l’Université de Strasbourg et Almédia, lancent le projet Eveil 3D en partenariat avec le KIT (Karlsruher Institut für Technologie) et l’Ecole Supérieure de Pédagogie de Karlsruhe ».

Le financements des projets. « Intéressés, les grands du tourisme commencent à se pencher sur la question. Tout semble aller très vite. Un appel d’offres de la part d’ADT 67 a récemment été lancé ». Questions. Les entreprises de jeux verrouillent-elles leurs logiciels ou les laissent-ils libres ? Les informaticiens des universités pourraient-ils se lancer dans des développements avec des enseignants soucieux de mettre en Å“uvre de nouvelles pratiques pédagogiques ? Chronique « Conflit dans la direction informatique de l’UdS« . Une proposition pour les Assises !

Les formations aux serious games. Yves Dambach de KTM Advance : « avec les nombreuses écoles spécialisées dans l’informatique et l’infographie (Exia, Lisaa, Supinfo, Epitech…) et l’ouverture prochaine d’établissements entièrement tournés vers la formation aux métiers du serious gaming (Ludus Institut et le nouveau cursus dispensé par l’Université de Strasbourg), il y a de quoi alimenter ce marché, gourmand en ressources humaines ». Ludus Institut, de statut associatif, se présente comme l’École de la création et du développement du jeu vidéo et du serious game. Formations du bac+2 au bac+5. Les droits d’inscription ne sont pas indiqués en ligne. L’enseignement supérieur privé taille-t-il des croupières à l’enseignement universitaire. Le nouveau cursus dispensé par l’UdS ? Help au lecteur pour plus d’informations sur cette formation ! Merci à Pierre Tellier, directeur de l’ENSIIE, d’avoir indiqué en commentaire le lien vers ce diplôme.

Des débouchés pour les diplômés ? Des études attractives« , suite de l’article d’Arnaud Bouju dans les DNA. Les candidats ? Jérôme Hatton, directeur de Ludus Institut :« beaucoup de jeunes diplômés, en ingénierie informatique par exemple, désirant se spécialiser dans le serious game. Mais également des infographistes et des designers. Avoir certaines affinités avec l’art est très appréciable. Un architecte, un archéologue, un photographe, des scientifiques se sont même présentés !… Avant même leur entrée dans l’institut, plus de 30 % des étudiants sont déjà sous contrat… En dehors de la formation, j’encourage les élèves à s’investir dans leur propre entreprise ». Il faudra vérifier les débouchés réels en sortie de formation !

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Article du on Mardi, septembre 11th, 2012 at 17:48 dans la rubrique 3. Alsace. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

6 commentaires “Apprendre : les « serious games »”

  1. Pierre Tellier dit:

    J’apporte la précision demandée au sujet de la formation dispensée par l’UdS. Il s’agit en fait d’une formation mise en place par Ensiie Strasbourg et UdS.
    http://dpt-info.u-strasbg.fr/~tellier/dld/2012-Ensiie-ue-serious-games.pdf
    90h de formation dispensée par des enseignants, des chercheurs et professionnels, couvrant tous les aspects des serious games (conception, game design, mécanismes de l’apprentissage, multimedia, programmation, …) et complétée par la réalisation d’un projet transversal en équipe pluridisciplinaire donnant lieu à la réalisation d’un serious game. Cette année la formation est accessible en intégralité comme UE optionnelle aux élèves de Ensiie Strasbourg et proposée sous la forme de 3 UE libres (1UE apprentissage et narration, 1 UE multimedia, 1 UE programmation) aux étudiants en 2ème année de Master ou doctorants de l’UdS, sans condition de spécialité. A partir de 2013, la validation de la formation sera sanctionnée par un DU.
    Pierre Tellier
    Directeur de Ensiie Strasbourg

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