Chroniques sur la formation professionnelle continue universitaire. Celle-ci peut-elle donner lieu à des conflits d’intérêts pour les enseignants-chercheurs ? Oui, car ceux-ci peuvent cumuler, tout à fait légalement, leur service d’enseignement dans l’université et une activité de formation continue dans un organisme privé. Le conflit d’intérêts se dessine quand les enseignants font les mêmes cours dans l’université et dans l’entreprise privée. Il se réalise quand ils cherchent, par divers moyens, à détourner, de l’université au profit de l’organisme privé, les publics intéressés par leur formation. S’ils y réussissent, le conflit d’intérêts s’objective par une rémunération privée additionnelle. Dur de ne pas être tenté !
La mise en Å“uvre de la convention entre Paris Ouest Nanterre La Défense et l’Institut Français de Gestion CNOF relève d’un conflit d’intérêts objectif. Le préjudice financier subi par Nanterre – peut-être quelques centaines de milliers d’euros - a été exposé dans une chronique précédente : « Dany et le financement de Nanterre« . Le lecteur y lira les questions posées à Jean-François Balaudé, président de l’université. Questions laissées sans réponse.
Plusieurs collègues ont porté récemment à mon attention une information surprenante. Le vice-président de l’université de Nanterre en charge de la communication, Christophe Boisseau, maître de conférences en gestion, est en même temps directeur du marketing et de la communication de l’IFG CNOF ; dans les deux organisations, il est responsable du même master. Les preuves : il est maître de conférences et VP communication ; il est directeur de programme et directeur marketing et communication : introduire son nom dans le moteur de recherche de l’IFG CNOF.
Quatre autres enseignants-chercheurs du département de gestion de Nanterre ont des fonctions de président ou de directeur de programme auprès de l’IFG CNOF. Quiz. Qui sont-ils ? Pour les trouver, il faut consulter le site du département Economie et gestion de l’université, puis le moteur de recherche de l’IFG CNOF. Bien sûr, je tiens les noms à disposition du président Balaudé. Osera-t-il ne rien faire, laissera-t-il passer l’orage !
Rappel de deux suggestions faites au Président Balaudé dans ma dernière chronique. « Pour préparer l’éventuel renouvellement de la convention, ne vous paraît-il pas utile, dès maintenant, de publier certaines données de bilan. 1. celle du nombre de diplômes délivrés par votre université à des étudiants ayant acquitté de lourds droits d’inscription à l’IFG. 2. celle du manque à gagner de Nanterre (nombre de diplômes délivrés x manque à gagner par diplôme délivré – de l’ordre de 3.500 euros par diplôme -) ».

Derechef, de la nécessité de contrôler ses sources d’information: Christophe Boisseau a démissionné de sa mission de conseil auprès d’IFG-CNOF en tant que Directeur Marketing et Communication le 29 février 2012. Il a pris ses fonctions de Vice-Président Communication de l’Université Paris Ouest le 2 avril 2012. Il n’a donc à aucun moment assuré concomitamment les deux fonctions.
Mon cher Président. Les commentaires du blog laissent place à la contradiction et à la production d’informations actualisées. Dont Acte : Christophe Boisseau n’est plus directeur Marketing. Je vous crois. N’était-ce pas d’ailleurs pour votre VP le minimum ? A-t-il également renoncé à sa fonction de directeur de programme ?
Vous l’avez choisi comme VP communication. Ce sera intéressant de suivre la communication qu’il vous suggèrera quand la convention POND – IFG CNOF sera dénoncée ou renouvelée.
J’observe que vous ne répondez jamais aux questions de fond posées par cette convention. Pour éclairer le lecteur, qu’est-ce qui vous empêche de répondre aux deux questions de bilan réitérées à la fin de cette chronique ? Dans l’attente de vous lire !
Quelle tristesse ! Comment est-il possible de voir une université comme Nanterre se prêter à ce genre d’arrangement médiocre ?
Beaucoup de ses membres ont fait un travail extraordinaire pour sortir leur université de l’image qu’elle avait acquise en 1968. Je pense en particulier aux enseignants de lettres et de droit, avec le développement de bi-licences et de masters de qualité.
Cette convention scandaleuse, comme l’alliance avec Paris VIII, sont dramatiques pour une université qui mérite mieux. Le manque de vision stratégique de ses dirigeants est le pire handicap que peut subir un établissement.